‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 272 sur 321 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

notre âme de telle sorte que nous ne nous lassions pas de travailler jusqu'à ce qu'enfin nous ayons trouvé ce trésor caché... Pour vous enrichir des biens de cette demeure, il veut que, sans vous réserrer la moindre chose, vous lui fassiez un don absolu de vous-mêmes et de toutes qui vous concerne. Selon que ce don sera plus ou moins parfait, vous recevrez de plus grandes ou de moindres grâces. Ce don total de soi à Dieu est la meilleure de toutes les marques pour reconnaître si nous arrivons jusqu'à l'oraison d'union »... Hâtons-nous de nous y disposer «en ôtant de nous l'amour-propre, notre volonté, tout attachement aux choses de la terre, en faisant des œuvres de mortification et de pénitence, en nous occupant à l'oraison, en pratiquant l'obéissance et toutes les vertus, en un mot en nous acquittant de tous les devoirs de notre état. Qu'au plus tôt notre travail s'achève, et puis mourons, mourons (à nous-mêmes et à toutes choses)... cette mort nous fera voir Dieu en la manière qu'il se donne à connaître dans cette sorte d'union » ■*. — Ajoutons qu'il faut généralement avoir passé par la nuit des sens. On voit donc combien offre peu de garanties la prétendue union d'u*: £âme moins purifiée, moins avancée dans les vertus, surtout si le tempérament est impressionnable et exalté. D'après sainte Thérèse, « cette union, quand elle est véritable, est la plus grande grâce que Notre-Seigneur accorde dans ce chemin spirituel,

\. Château, 5» dpin., c. i et il.

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ou du moins l'ane des plus grandes » ^. C'est & le chemin abrégé » 2 de la perfection. L'habitude de cette union transforme une âme d'une façon si étonnauLe qu'elle ne se connaît plus elle-mcnie. Elle y opère « une soif ardente d'endurer de grandes croix pour le Bien-Aimé,... un amour incroyable pour la retraite et la solitude »,... un merveilleux détachement de toutes choses; «tout ce que l'âme voit sur la terre lui déplaît », elle « s'y trouve dépaysée » ; « elle regarde maintenant comme méprisable son travail d'autrefois, et tout ce qu'elle fait pour Dieu dans ce nouvel état ne lui semble rien, en comparaison de ce qu'elle voudrait faire » ; elle commence à éprouver une telle violence d'amour pour Dieu, une si grande peine de le voir offensé, qu'elle « compte les autres maux pour rien » ^. — Elle n'oubliera pas surtout que, si cette oraison suppose une réelle conformité de notre volonté à celle de Dieu, à tel point qu'il est impossible de parvenir à cette oraison sans cette soumission déjà bien avancée, les faveurs divines doivent avoir pour résultat de rendre plus parfaite l'union de la volonté avec Dieu par l'obéissance active à tout ce que commandent Dieu, l'Église, les Règles et les Supérieurs, et par une amoureuse et filiale conformité aux dispositions de la Providence. La perfection réside bien dans la transformation de l'âme par l'amour; mais l'amour

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