S. Lig., Praxis
% Abbé Saudreau, t\lat mystique, n. 111.
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et de la joie qui absorbe l'âme au dedans et l'entrave momentanément dans ses fonctions extérieures et sensibles ? Nous ne le savons i; mais que l'aliénation des sens provienne de l'union mystique comme de sa cause, ou qu'elle soit produite par Dieu en vue de cette union, toujours est-il que celle-ci est l'élément tout à fait principal dans l'extase considérée comme grâce d'oraison. L'aliénation des sens suppose que ceux-ci ne sont ni assez purs ni assez forts pour supporter l'action divine sans défaillir ; c'est au fond une glorieuse faiblesse, qui tendra à devenir plus rare et à disparaître, à mesure que les opérations de la grâce seront plus purement spirituelles ou les sens mieux préparés à les recevoir ^. Voilà pourquoi les extases sont moins fréquentes dans le mariage spirituel, et « les bienheureux dans le ciel auront l'usage de leurs sens parfaitement libre. La sainte Vierge était plus élevée dans la contemplation que tous les anges et tous les saints ensemble, et cependant elle n'avait pas de ravissements. Notre- Seigneur jouissait de la vision béaîifique sans extase » ^. A mesure que l'âme avancera, son union avec Dieu deviendra toujours plus spirituelle et plus parfaite.
Toutes les puissances sont absorbées en Dieu, comme au degré précédent. Mais ici, la vivacité de
i. Abbé Saudreau. Êlal myi- tique, n. iîl. — P. Poulain, Ch'âces d'or.. XXXI, § 5.