‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 292 sur 321 · s. Jean de la Croix, Cant., str. I, 15, 16, il · texte numérisé non relu

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laisse l'âme mieux armée que dans la méditation pour les combats et le progrès spirituel : sous son influence, les ombres de la foi séclairent, l'amour grandit ; l'esprit adhère plus fortement à Dieu, le cœur s'éprend d'une sainte passion pour lui ; dès lors, l'âme se détache sans peine et les obstacles diminuent ; en même temps, pressée par son amour, elle s'efforce d'éviter tout ce qui peut déplaire, de ne rien omettre de ce qui peut plaire à son Bien-Aim.é. Elle devient plus délicate et généreuse dans l'obéissance à toutes les prescriptions, et dans une amoureuse conformité aux dispositions de la Providence. Elle conçoit une souveraine horreur du moindre péché, et ne peut se pardonner d'avoir tant offensé le « Dieu de son cœur ». Elle accepte avec paix, elle cherche avec amour le sacrifice, elle en devient insatiable, pour payer quelque peu de retour Celui qui Ta aimée avec excès. Ce serait son bonheur d'être toujours, comme Marie, aux pieds du divin Maître, pour le contempler, l'aimer et chanter ses louanges ; elle se prête aux occupations de Marthe, autant que le devoir l'exige ; mais elle a hâte de revenir, aussitôt qu'il lui est permis, auprès de Celui qui est le repos de son esprit et la béatitude de son cœur. La solitude l'attire et la captive ; c'est un impérieux besoin pour elle d'être seuleavec Dieu seul, afin que rien ne trouble la sérénité de son esprit et les pieuses effusions de son cœur. Un temps viendra même, où il ne lui suffira plus de sentir la présence de son Bien-Aimé ; ses désirs impatients soupireront après la mort, trop lente avenir, tant elle aura hâte de

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voir enfin Celui qu'elle aime et de le posséder tout â son aise. A moins que l'amour divin, en grandissant encore, ne la porte à souhaiter de vivre toujours, pour travailler sans fin à communiquer aux autres le feu qui la consume ; car elle voudrait montrer au monde entier le trésor qu'elle admire et qui la ravit; et ne pouvant le louer ni l'aimer au gré de ses désiis, elle serait heureuse de mettre toute la terre à genoux devant lui.

Celte âme est possédée de l'amour divin toujours grandissant ; Dieu, de son côté, travaille avec d'autant plus de force qu'il rencontre moins d'obstacles dans un cœur si bien disposé. Aussi sainte Thérèse ne craint-elle pas de dire : « Faibles et courbés vers la terre, nous aurions bien de la peine à parvenirà un détachement pariait, à ce souverain dégoût des choses d'ici-bas, si notre âme ne possédait déjà quelque gage des biens d'en-haut ^... Pour moi, étant si misérable, j'avais besoin de louscessecours... Auparavant, c'était ma vie ; celle qui commence avec ces états d'oraison... est, je puis le dire, la vie de Dieu en moi ; car autrement, je le reconnais, il m'auraitété impossible de m'aflranchir en si peu de temps des habitudes d'une vie si imparfaite»*. — La môme sainte dit ailleurs que « la quiétude est incomparablement plus eflicace que la méditation pour faire croître les vertus... C'est une étincelle que Dieu jette dans l'âme, un véritable incendie, qui commence à embra-

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