Cantique et Vive ftani., etc
3. Vie, passim et spéc. c. xi, xxx, xxxi. — CUejnin, xix. — Château, 6' dem., c. i et suiv.
OOO DE L ORAISO^J
venu, mais elle se trouve si heureuse qu'il lui semble que rien ne lui manque». Voilà ce que sainte Thérèse affirme en maints endroits, dès la quiétude *■; elle en fait ressortir le caractère nettement surnaturel et infus, et marque les différences qui séparent les suavités de la contemplation et les contentements qui naissent de la méditation. L'âme a rencontré Celui qu'elle cherchait, et, se trouvant en possession de Dieu, elle sent qu'elle aime et qu'elle est aimée profondément. Quel bonheur d'être uni à Dieu dans une étreinte amoureuse, dans un embrassement spirituel, ne fût-ce que quelques instants ! Mais si cette délectation se prolonge, elle produit une sorte d'ivresse spirituelle, qui tantôt ressemble à un demi sommeil, tantôt est plein d'ardeur. Et ces joies vont en grandissant à mesure que l'oraison s'élève : l'union de toutes les puissances est plus savoureuse que la simple quiétude, et l'extase bien davantage encore. A certains moments, l'âme se croit aux portes du paradis; un quart d'heure ou une demi-heure de ces délicieuses entrevues avec le Bien-Aimé lui fait oublier toutes les peines passées et la réconforte merveilleusement pour les épreuves qui se préparent 2, Car tel est le rôle de ces suavités: elles détachent de la terre et attachent à Dieu; mais surtout elles présagent de nouvelles souffrances et disposent Ihjî contemplatifs à les embrasser
i. Vie, passim, spécial, c. xiv et xv. — Chemin, xxi et XXXII. — CKàteau, 4* dem., c. I et suiv. 2. Montée, liv. II, c. xxvi.