‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 298 sur 321 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

généreusement. « Je sais, dit sainte Thérèse, que les tribulations par lesquelles Dieu les fait passer sont intolérables ; elles sont de telle nature que, si Dieu ne fortifiait leur âme par l'aliment des délices intérieures, ils n'auraient pas la force de les supporter... Aussi faut-il que Notre-Seigneur leur donne non l'eau qui rafraîchit, mais le vin gui enivre, afin qu'en proie à une sainte ivresse, ils ne sentent plus en quelque sorte leurs souffrances... Ceux qui sont dans la voie active s'imaginent sans doute, dès qu'ils sont témoins de quelque faveur accordée aux âmes élevées à la contemplation, qu'il n'y a dans cet état que douceurs et délices ; et moi je dis que peutêtre ils ne pourraient supporter pendant un seul jour les souffrances qui sont ordinaires chez les contemplatifs 1 ».

La contemplation n'est donc pas la voie des âmes délicates et doucereuses ; c'est la voie des âmes vaillantes qui aiment le divin Crucifié tt n'ont pas peur de sa croix ; le pain de la tribulation et l'eau d'angoisse sont leur nourriture habituelle ; de temps en temps, quelque douceur vient les réconforter en montrant que Dieu les aime toujours à l'excès.

Notons avec le P. Poulain que « le plaisir que donne l'oraison de quiétude est influencé par les dispositions que l'âme y apporte. 11 se fait mieux sentir, si on traverse une période de paix et de joie. Il en est de même quand ces grâces ont une cer-

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