‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 300 sur 321 · Voir, 8« pai-tie, c. m, art. I, § III. p · texte numérisé non relu

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La contemplation mystique, prise en général, introduit manifestement en plein surnaturel ; elle a quelqu*^ chose de mystérieux qui frappe surtout au début et qui inquiète une âme encore inexpérimentée. L'on devient plus anxieux, si l'on ne trouve personne qui puisse nous faire comprendre ce que cela veut dire Que sera-ce donc, si l'on coupe les ailes à cette pauvre âme, si on l'empêche, sous prétexte de simplicité et pour ne pas se singulariser, de s'envoler où Dieu l'appelle ? Au fond, c'est au Saint- Esprit que la leçon s'adresse et que défense est faite de conduire une âme autrement que selon nos petites conceptions.

L'on souffre dans la quiétude quand elle est faible. Sainte Thérèse avoue que, « pendant que sa volonté était unie à Dieu, la mémoire et l'imagination lui livraient une guerre si acharnée, qu'elle les prenait en horreur et en était excédée » *, Il faut donc lutter contre les distractions, l'ennui et le dégoût, et faire effort pour surajouter à cette action divine, que nous ne pouvons renforcer, les fruits de notre propre activité ; or, nous ne trouvons alors que de petits actes secs, courts, monotones et sans saveur. La compagnie de Dieu devient une fatigue, sa conversation est sans charmes ; si on le fuit, c'est bien pis encore ; car, malgré tout, l'âme a besoin de Dieu et ne veut pas s'en passer.

On avait l'espoir de monter, de monter toujours dans ces voies mystiques ; il faut rester des mois,

i. Vie, xvu.

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des années peut-être, à peu près au même degré ; Ton est porté à se décourager et à regarder en arrière.

On souffre même quand l'oraison s'est élevée, etque l'âme traverse une de ces périodes de ferveur où un rien Tenflamme ; car si bien qu'elle possède Dieu, elle voudrait lai être plus unie encore; les visites du Bien-Aimé paraissent si courtes et si rares ;... on croit le saisir, il s'échappe ; il semble qu'enfin l'âme s'envole à une plus haute union, et elle retombe ;... c'est un désir impatient, un besoin impérieux, mais non satisfait. L'on en vient à une vraie faim de Dieu, à une soif douloureuse, sans jamais pouvoir pleinement se rassasier ; c'est parfois une blessure d'amour, que seule une entière possession de Dieu guérirait ; au contraire, il se dérobe ; et, par ses absences, il élargit la plaie et la rend plus ciiisanle. Vient-il à se donner autant qu'on le désire, l'àme est trop faible pour soutenir une joie si excessive. Elle finit par prendre tellement goût à Dieu, «qu'elle voudrait déjà être libre ; le manger la tue, le dormir la tourmente; elle voit que le temps delà vie se passe à prendre mille soulagements, et que rien cependant ne peut la satisfaire hors de Dieu » "i.

On souffre des fluctuations où l'âme contemplative est constamment ballottée, tantôt élevée sur les hauteurs de l'union mystique, tantôt ramenée à une petite union presque imperceptible, tantôt replon-

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