‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 301 sur 321 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

gée dans les horreurs des purifications passives. Qu'elle est désolée, cette âme si aimante, cette âme qui a faim de Dieu, cette âme qui ne veut que lui, le cherche partout et ne le trouve nulle part ! Surtout si ces épreuves se prolongent, et si Celui qu'elle aime uniquement s'obstine à la délaisser et paraît la mépriser ! Parfois, c'est un châtiment miséricordieux ; parfois, c'est un divin artifice de l'Époux qui veut se faire chercher, afin d'accroître par le désir l'ardeur de l'amour.

Ces douloureuses épreuves, saint Bernard les connaissait bien, et il s'en plaint amèrement. « Lorsqu'on l'a cherché dans les veilles et la prière, au prix de beaucoup d'efforts et d'une pluie de larmes, (le Christ-Époux) se présente ; mais soudain, quand on croit le tenir, il échappe. Se rendant de nouveau aux larmes et aux poursuites de l'âme, il se laisse saisir, mais nullement retenir ; et soudain, il s'envole une seconde fois de nos mains. Si l'âme dévote persiste dans la prière et les larmes, il reviendra et ne trompera pas le désir de nos lèvres ; bientôt encore il disparaîtra et on ne le verra plus, à moins qu'on ne le rappelle par tout son désir. Ainsi donc, même en ce corps, l'âme peut goûter dans la présence de l'Époux des joies fréquentes, mais non pleines ; car ces visites la réjouissent, et ces vicissitudes la font souffrir » ^.

Se voyant impuissante à retenir son Bien-Aimé,

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