Sennons sur le Cantique, xxxii
394 r)E l'oraison
impuissante à le rappeler, impuissante à rallumer le feu de son amour, elle pleure ses négligences et s'accuse amèrement avec saint Bernard : « Je courais bien, mais voilà une pierre d'achoppement dans ma route, j'ai heurté et je suis tombé. L'orgueil s'est trouvé en moi, et le Seigneur en colère s'est détourné de son serviteur. De là, cette stérilité de mon âme et cette disette de dévotion que j'éprouve. Gomment mon cœur est-il ainsi devenu aride, coagulé comme du lait, pareil à une terre sans eau ?... Je ne puis trouver la componction des larmes, tant est grande la dureté de mon cœur ! Les psaumes n'ont pas de saveur, la lecture ne me plaît point, la prière est sans charmes, je ne trouve plus mes méditations accoutumées. Où est donc cet enivrement de l'âme? Oîi la sérénité du cœur, et la paix et la joie dans le Saint-Esprit? C'est pourquoi, je suis paresseux au travail manuel, endormi aux veilles, prompt à la colère, opiniâtre dans la haine, plus faible pour la prédication. Hélas ! le Seigneur visite autour de moi toutes les montagnes, et ne s'approche pas de moi*! »
On souffre encore, quand Dieu nous montre dans la contemplation sa redoutable justice, la multitude de nos fa\ites personnelles, notre longue vie si peu remplie de vertus, les offenses sans nombre qui outragent sa sainteté, la rage de ceux qui le haïs-