CHAPITRE XI
sent, la perte de tant d'âmes, les maux de l'Église, les douleurs de la Passion, le peu de retour dont nous payons l'amour de notre divin Maître, et plusieurs autres sujets semblables. « Six ans à peu près s'étaient écoulés depuis que sainte Thérèse avait eu sa vision de l'enfer ; elle était saisie d'un tel effroi en l'écrivant que son sang se glaçait dans ses veines »^. — i.orsque la même sainte considérait ce qu'elle était, les caresses de son Dieu la jetaient dans une indicible confusion ; le souvenir de ses bonnes œuvres était comme effacé, seules ses imperfections se dressaient devant elle , il lui fallait plus de force pour recevoir de telles grâces que pour porter les plus grandes croix 2. — Elle souffrait une peine presque continuelle et se regardait comme la plus grande pécheresse du monde, en pensant à son peu de reconnaissance envers Celui qui l'avait comblée de tant de faveurs '. — Elle était confuse de ne pouvoir rendre que si peu de chose à ce Dieu qui lui avait tant donné, et cette impuissance était la plus grande pénitence pour elle *. — Elle souffrit longtemps d'être exposée aux murmures, aux critiques, aux suspicions des uns, aux louanges et à l'admiration des autres, parce que les faveurs qu'elle recevait de Dieu furent divulguées^. — Ajoutez à
i. Vn\ XXXII.