‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 306 sur 321 · CHAPITRE xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE xn

la Croix, SMI sapait des âmes imparfaitement purifi^'^s^ • et saint Gréçroire le Grand n'est pas moins formel sur ce point : « Il arrive souvent, dit ce dernier, qne l'âme est élevée par l'Esprit divin jusque dans les hauteurs, et que cependant lachair lui livre de pénibles assauts. Au moment même où elle est amenée à la contemplation des choses célestes, des représentations d'actions illicites s'offrent à elle, et l'aiguillon de la chair se fait douloureusement sentir à celui qui était élevé au dessus de la chair par la contemplation. Il semble que le ciel et l'enfer sont là resserrés ensemble, puisque la même âme se trouve à la fois éclairée des lumières de la contemplation, et enténébrée par d'importunes tentations » 2.

Que l'âme s'efforce alors d'éloigner tout danger de consentir; qu'elle modère, si elle le peut, l'excès de sa dévotion sensible ; qu'elle s'humilie de sa misère et ne se décourage pas. Ce désordre purement matériel n'est voulu ni comme fin, ni comme moyen ; il est surabondamment compensé par les fruits de la contemplation ; il ne doit donc pas nous faire abandonner une oraison si désirable.

A plus forte raison, les contemplatifs ne sont pas exempts de ces sortes d'humiliations en dehors de l'union mystique : « La contemplation les emporte au dessus d'eux-mêmes, dit ailleurs saint Grégoire 2.

i. /'• iVi/if, IV

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