‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 307 sur 321 · Saudreau, Vie d'union, n. i · texte numérisé non relu

Saudreau, Vie d'union, n. i

S. Ibid.

400 t)E L*ORAIS0N

et voilà qu'aussitôt après survient la tentation qui les empêche de tirer vanité de ces dons. La componction, en effet, ou la contemplation les élève vers Dieu, mais le poids de la tentation les fait retomber sur e.ix-mêmes. La tentation les rabaisse pour que la contemplation ne les enfle pas ; et la contemplation les relève, pour que la tentation ne les abatte pas ».

Une âme humble et détachée n'a rien à craindre dans les voies mystiques. « A Dieu ne plaise, déclare sainte Thérèse, que l'on puisse jamais dire qu'il y a du péril dans le chemin de l'oraison ; c'est le démon, nen doutons pas, qui a inventé toutes ces frayeurs... Le danger qui est véritablement à redouter, c'est de manquer d'humilité et autres vertus » ^. L'âme doit donc s'humilier, se détacher, et s'efTorcer de devenir meilleure ; sinon, Dieu sera forcé ou de nous retirer des faveurs dont nous ferions abus, ou de broyer notre orgueil sous les plus dures humiliations, peutêtre au moyen d'une lourde chute.

IL — Lorsque ces grâces d'oraison se retirent, surtout avecpersistance, la sécheresse expose au découragement. On peutse lasserdepoursuivre Dieuquand on ne parvient pas à le saisir ; les biens de la contemplation, si précieux qu'ils soient, dégoûtent une âme peu généreuse, et lui paraissent trop chèrement achetés au prix de tant d'épreuves. Oh 1 jamais de découragement! C'est le pire des fléaux. Les grandes grâces et les hautes vertus ne vont pas aux pusilla-

Page 1