‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 308 sur 321 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

nimes; Notre-Seigneur aime les vaillants qui n'ont point peur de sa croix; nous sommes les frères du divin Crucifié, il faut que nous acceptions d'être crucifiés avec lui, si nous voulons lui ressembler et lui plaire. D'ailleurs, si l'on profite dans les élans de l'amour divin, peut-être trouvons-nous autant d'avantages dans les épreuves et les délaissements bien acceptés. Laissons Dieu nous conduire par les voies qui lui paraissent mieux nous convenir ; mettons notre perfection à le suivre avec amour et docilité, surtout quand il nous mène par les chemins où l'amour-propre dépérit et tombe épuisé, faute d'aliments.

Art. II. — Illusions.

Une première illusion consiste à se croire plus avancé qu'on ne l'est. On possède la théorie des voies mystiques, et l'on pense en reconnaître les symptômes, parce qu'on éprouve dans l'oraison une lumière plus vive, une dévotion plus sentie. La sainte montagne de la contemplation se perd encore dans le lointain, on croit déjà la saisir ; on en gravit à peine les premières pentes, on s'imagine avoir atteint le sommet. Et cette illusion est fille de l'orgueil. — Saint IJernard nous répond ^ que, «s'il y a parmi les moines des contemplatifs qui imitent Marie, ce ne sont pas les novices -, qui, récemment

.1 Sermons surle Cant., LVII, n. 11.

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