‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 314 sur 321 · P. Poulain, Grâces d'or., xxv · texte numérisé non relu

P. Poulain, Grâces d'or., xxv

CtiAPlTRE Xlli 409

n'est point permis de désirer l'extase ; nous ne voyons pas pourquoi une âme, déjà parvenue à la quiétude ou à l'union pleine, ne pourrait souhaiter un continuel accroissement de lumière et d'amour infus, quand bien même l'aliénation des sens devrait en être la conséquence : ses intentions sont pures, cette espérance l'anime à la vertu et n'a rien de téméraire après les faveurs déjà reçues, l'âme désire que rien ne se passe en public, en quoi est-elle répréhensible ?

Si l'on n'a pas encore la contemplation mystique, peut-on la désirer et la demander ?

Quelques auteurs célèbres * prétendent que non seulement on le peut, mais qu'on le doit. Scaramelli reconnaît que ce désir est permis, et il ajoute aussitôt mille restrictions. Saint Liguori enseigne 2 qu'il est plus sûr pour les âmes qui n'ont pas encore reçu l'union mystique de désirer seulement l'union active. — Mais l'opinion commune et presque universelle est qu'elles peuvent désirer et demander la contemplation surnaturelle, pourvu que ce désir ne procède ni de l'orgueil ni de la sensualité, et qu'il soit accompagné d'une humble soumission à la volonté divine.

Ces grâces d'oraison naissent, en effet, de l'amour ; elles ont pour principe le Saint-Esprit et ses meilleurs dons ; pour objet, Dieu ; pour fin, l'union

1. Vallgornera, Afystira tttcol. divi Tlionta;. — Philippe de la Sainte-Trinilé, i>um)iia theol. myst. — Antoine du Saint- Esprit, Direct, myst.

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