Praxis
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divine, Dieu goûté et possédé ; elles enrichissent l'âme de nombreux mérites, la poussent aux vertus héroïques, la disposent à faire de grandes choses au service de Dieu et du prochain, sont un levier puissant pour la soulever de terre et l'unir au souverain Bien ; c'est même un essai des occupations et de la félicité que nous promet le ciel. Gomment ne pas les désirer ?
On objecte que ces faveurs nous font sortir des voies communes, et sont d'étranges privautés divines ; l'humilité ne doit-elle pas s'en éloigner ? — Pas plus qu'elle n'est fondée à nous écarter de la sainte Communion et de tout commerce avec Dieu dans la prière ; car qui oserait se croire digne de converser avec l'infinie Majesté, de ne faire qu'un avec le Dieu de l'Eucharistie ? Le besoin parle plus haut que le respect. Adorons et désirons.
La contemplation nous introduit dans un monde tellement surnaturel ! — Le surnaturel y est plus manifeste assurément. Mais, la vie simplement chrétienne, la grâce, les sacrements, les vertus infuses, les dons du Saint-Esprit, ne sont-ils pas un monde surnaturel aussi réel, quoique caché ?
Dans la contemplation, Dieu nous témoigne tant d'amour ! Oserions-nous recevoir ses caresses ? — Nous osons bien recevoir la sainte Communion. Durant l'oraison de même qu'à la sainte Table, adorons, humilions-nous, faisons-nous tout petits ; cependant, aimons et mangeons, car nous avons besoin
On peut abuser de la contemplation 1 — On abuse
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aussi bien des suavités de la simple méditation ; pauvreté et fortune, charges et emploi, repos et travail, consolations ou sécheresse, santé ou maladie, vie ou mort, sacrements, sainte Écriture, tous les dons de Dieu sans exception peuvent être mal employés et détournés de leur fin. Il est souverainement injuste de condamner le bien à cause des abus possibles. Mettons-nous en garde contre les dangers et les illusions par l'humilité, l'abnégation, l'obéissance à un sage directeur. Conservons une intention droite, un cœur détaché, une volonté soumise à la divine Providence ; puis désironsvivement et demandons avec confiance.
Mais c'est un danger pour l'humilité. — «Aucune oraison, au contraire, n'est mieux faite pour crucifier l'amour-propre et pour pénétrer l'homme de son néant, aucune n'est plus exclusive de tout mouvement d'orgueil » ^.
a Maintenant, dit le P. Louis Lallemant, si quelqu'un aspire à quelque don d'oraison un peu au dessus du commun, on lui dit nettement que ce sont là des dons extraordinaires que Dieu ne donne que quand et à qui il lui plait, et qu'il ne faut ni les désirer ni les demander ; ainsi on lui ferme pour jamais la porte de ces dons. C'est un grand abus » ^.
C'est ropinion de saint Thomas. — Sainte Thérèse la soutient en plus de vingt endroits de ses écrits *.