P. Poulain, Grâces d'or , xxv, n
Saint Jean de la Croix n'a composé ses ouvrages que pour mener les âmes au sommet de l'union mystique. Il faudrait mentionner saint Pierre Damien, Richard de Saint-Victor, Louis de Blois, le bienheureux Albert le Grand, Ruysbroeck, Lansperge, saint Ignace, Alvarez de Paz, le vénérable Louis Dupont, etc., etc. ^
Contentons-nous de citer notre grand saint Bernard. Partout il admet la légitimité de ce désir, il le préconise, il l'excite, et le donne comme une des dispositions qui attirent les visites de l'Époux ; il admet même que celui qui a été infidèle à son Dieu peut espérer l'union mystique. Pour abréger, nous renvoyons spécialement aux sermons sur le Cantique des cantiques 2.
Cependant il faut noter que plus une âme avance, mieux elle connaît la grandeur et la sainteté de DieUj son propre néant et ses misères ; les grâces d'oraison lui paraissent souverainement précieuses, et elle en a un vif désir ; en même temps, elle sent qu'elle ne les mérite pas. Tantôt le désir domine et elle s'écrie : « Qu'il me donne un baiser de sa bouche ï ; tantôt Vhumiliié remporte et elle dit : « Seigneur, je ne suis pas digne ». C'est ce rythme alterné du désir et de l'humilité qui ravit le cœur de Dieu ^,
La vue des responsabilités qu'entraîne un état
i. P. Poulain, Grâces d'or., xxv, 20 et suiv.
2. S. Bero., Serm. 9, n. 1, 2, 3. - Serm. Zi, n. 2. - Serm, 49, n. 3.