CHAPITRE III
paraît malaisée dans le principe, l'expérience la rendra facile.
Nous supplions donc nos frères en religion de faire l'oraison de règle et de ne pas s'en contenter. Gomme les membres d'une communauté n'ont pas tous les mêmes attraits ni les mêmes aptitudes, nos constitutions n'imposent qu'un minimumaccessibleà chacun et c'est la mesure indiquée par saint Liguori : « Le confesseur n'assignera pas en commençant plus d'une demi-heure, ensuite il augmeniera plus ou moins à mesure que l'âme deviendra plus s'ïirituelle * ». Nos constitutions veulent que « lorsqi 'on a fini l'Œuvre de Dieu qui doit passer avant tout, aux heures où les moines ne travaillent pas, ils vaquent à la prière ou à la lecture spirituelle ». Elles nous avertissent, avec notre bienheureux père saint Benoit, « de nous appliquer fréquemment à la prière », et elles permettent à chacun « en dehors des exercices communs, de faire oraison, si l'inspiration de la grâce di\ine l'y attire par bonne volonté - ».
Voulons-nous savoir pourquoi nos maisons ne Bont plus peuplées de saints comme aux âges héroP ques? Nous veillons, nous chantons, nous jeûnons, nous travaillons à peu près comme nos Pères ; mais nous ne sommes pas, au même degré qu'eux, hommes d'oraison ; ils foulaient le monde aux pieds, parce que « leur conversation était dans les cieux ^ ».