‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 42 sur 321 · CHAPITRE IV 5î · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV 5î

de prier. Le jeûne fortifie la prière, la prière sancti^ fie le jeûne et l'offre au Seignew ».

Deux de nos observances : le silence et le bon emploi des intervalles, ont un rapport plus intime avec l'oraison.

Comment un religieux serait-il homme d'oraison et grand parleur ? Outre qu'il multiplie les désobéissanceSjles petits scandales et les péchés de la langue, il montre par son bavardage que Dieu ne lui suffît pas, qu'il ne sait plus habiter avec soi-même et veiller sur son intérieur ; en parlant, il travaille constamment à se vider de Dieu, à perdre le parfum d< la piété, à éteindre sa dévotion ; en écoutant, à remplir son âme de dissipation et à la livrer au démon de la curiosité et de la légèreté. Aussi saint Jean Climaque dit-il que « la loquacité tarit les larmes de la componction, qu'elle détruit la garde du cœur, rend la méditation distraite, refroidit et glace la divine ferveur, qu'elle fait languir ou plutôt qu'elle éteint l'oraison ». Mais au contraire, le silence est le père de l'oraison, le maître de la contemplatioo,... la garde des divines ardeurs,... le chemin secret par où l'on s'élève en Dieu, l'amant des larmes, etc. 1.

Il ne suffît point que la langue et les doigts se taisent, si la mémoire et l'imagination babillent et nous dissipent. Il convient aussi que notre silence soit occupé de Dieu et que nos conversations avec lui soient d'autant plus soutenues que noas soin»

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