CHAPITRE V
résolution qui porte la cognée à la racine du mal. C'est pourquoi l'on voudrait et l'on De veut pas. La négligence de la vie a produit la dissipation de l'esprit, l'énervement de la volonté, l'attiédissement du cœur. Après avoir formé quelques rares affections sans âme, sans conviction, des résolutions vagues qui ne visent aucun mal à guérir, aucune vertu à pratiquer, on a vite fait de sortir de la prière, de s'étourdir dans l'action, d'oublier la résolution à peine arrêtée. Et on appelle cela une oraison ! Hélas ! qu'il en faudrait comme celle-là pour convertir une âme ! Ou pour mieux dire, plus on en fait de semblables, plus on devient tiède ; la paresse stérilise la piété, et convertit le meilleur remède en un poison dangereux.
Ces personnes ont grand besoin de secouer leur torpeur, et de reprendre, dans la prière et la conduite, plus de courage, plus d'activité, plus d'âme et de vie. Avant tout, qu'elles prient, qu'elles prient encore, qu'elles implorent à grands cris cette dévotion que nul ne saurait trouver en soi-même ; Dieu rend « religieux ceux qu'il veut, et, si tel avait été son bon plaisir, il eût rendu les Samaritains d'indévots dévots ^ ». Il écoutera volontiers une demande si bien faite pour lui plaire. Ces âmes doivent en outre coopérer à l'action divine, ne rien négliger, avec sa grâce, de ce qui est requis pour se préparer et pour bien prier ; elles ont particulièrement besoin de bien comprendre le prix de la dévotion, de me-