S. Amb., in Luc., ix
68 DE l'oraison
surer le malheur de leur négligence, et de réveiller leur ferveur par la crainte, l'espérance ou l'amour.
§ III. — Illusions dans l'oraison.
Nous ne ferons que signaler brièvement quelquesunes de ces illusions pour ne pas nous répéter.
Illusion de prétendre devenir un homme d'oraison avec une conscience sans délicatesse, un esprit sans recueillement, un cœur attaché, et le désordre de la volonté propre.
Illusion pour ceux qui sont dans des emplois absorbants, de vouloir passer sans transition du tumulte des affaires au repos de l'oraison ; il est généralement nécessaire de prendre un peu de temps, pour congédier les préoccupations, laisser tomber l'agitation et retrouver Dieu. Oh I que nos intervalles, entre le travail et les offices, doivent nous être précieux 1
Illusion, du moins pour un commençant, de ne point choisir son sujet, de ne point le lire attentivement, sous prétexte qu'on aura de la lumière et un livre ; on a besoin de ces précautions dans l'enfance de la vie spirituelle, on se hâte trop de se croire assez grand pour s'en libérer.
Illusion de vouloir entrer de plain pied dans le corps de l'oraison, sans se mettre fortement en la présence de Dieu, à moins que nous ne sortions d'un exercice qui nous avait déjà recueillis, ou que nous ne soyons de ceux qui ne perdent plus guère cette divine présence.
Illusion d'abandonner trop facilement le su'ifet