CHAPITRE V
tion & Dieu ; obstacle, parce qu'il resserre le cœur dans la tristesse, étouffe la confiance et l'amour, paralyse la volonté, porte à fuir Dieu. D'ailleurs, quelle prière y a-t-il dans un cœur ballotté par le scrupule? Au lieu d'adorer, il s'examine ; au lieu de remercier, il se sonde ; il ne demande pas pardon, il se scrute ; il ne sollicite aucune grâce, il se discute. Il n'a donc pas prié ; il a été trop occupé de soi pour avoir le temps de parler à Dieu ; ou s'il l'a fait, c'est sans confiance, sans dilatation de cœur ; la peur a banni l'intimité de la prière, les anxiétés ont tué le calme et la paix. Le scrupule n'est pas le repentir, c'est seulement le trouble ; ce n'est pas' la délicatesse de conscience, c'en est une contrefaçon maladive. Il faut donc l'expulser, en évitant de méditer sur les sujets propres à augmenter une crainte déjà trop développée, en choisissant les vérités les plus aptes à réconforter par la confiance, en laissant de côté les examens anxieux, minutieux et troublants, et surtout en obéissant aveuglément à notre supérieur ou à notre directeur.
§ IV. — Indispositions.
Quelquefois, dit saint François de Sales ^, « les dégoûts, les stérilités et sécheresses proviennent de l'indisposition du corps, comme quand par l'excès des veilles, des travaux et des jeûnes, on se trouve accablé de lassitude, d'assoupissement, de pesanteurs, d'autres telles infirmités, lesquelles, bien