CHAPITRE n /D
Parfois, au contraire, quoique la volonté fasse son devoir généreusement, les sens ne sont pas émus, l'âme n'est pas envahie par cette suavité ; elle se sent comme abandonnée ; la tète est vide et n'a pas d'idées, le cœur froid ne trouve que des affections sans saveur et la volonté demeure sans élan. C'est l'aridité, la sécheresse, le délaissement, la désolation.
D'après saint Liguori, dit le P. Desurmont i , « il y a trois sortes d'oraison ordinaire. La première est l'oraison facile, dans laquelle l'âme, aidée de la grâce, produit fau moins avec facilité, parfois avec suavité) les différents actes propres à la conversation avec Dieu. La deuxième est Voraison aride, durant laquelle on ne peut que prier, s'humilier et se résigner. La troisième est Voraison désolée, pendant laquelle on ne peut guère que pousser le cri d'alarme ».
Ceci posé, les consolations ne sont pas la dévotion ; car cette volonté prompte qui constitue l'essence de la dévotion, peut très bien subsister sans les consolations, et faire défaut malgré elles.
Saint François de Sales ^ cite comme exemple un enfant qui pleure tendrement en voyant sa mère recevoir un coup de lancette, et n'en refuse pas moins de lui donner une pomme qu'il tient à la main ; — et les âmes qui éprouvent de grands attendrissements de cœur, des soupirs et des larmes, en méditant sur la Passion, mais qui ne veulent pas sacrifier à Notre-Seigneur « tant de menues affections,