‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 59 sur 321 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

lations intérieures avec une abondance de larmes. Cela ne prouve pas que l'âme soit forte et dévote, mais qu'elle est faible puisque Dieu la traite en enfant ; c'est Dieu qui est bon et non pas nous. Il nous prodigue les douceurs et les caresses, afin que les suavités supérieures' nous fassent oublier les joies grossières d'ici-bas, que sa bonté gagne notre cœur, et que nous embrassions tendrement ses volontés avec obéissance et fidélité. Mais hélas! les bontés de Dieu nous inspirent une secrète complaisance qui lui déplaît, et nous nous jetons sur les douceurs avec une avidité que saint Jean de la Croix appelle la gourmandise spirituelle, de sorte que nous recherchons « les consolations de Dieu autant et peut-être plus que le Dieu des consolations; et si la suavité était Réparable de l'amour, nous quitterions l'amour et tirerions la suavité ^ ». Aussi, dès que nous sommes capables de supporter la soustraction de ces douceurs sans quitter la vertu. Dieu nous les retire parce que nous en abusons.

Il nous les retire parce que nous avons omis de leur faire produire les fruits de vertus et de sacrifices qu'il en attendait.

Il nous les retire parce que nous avons été négligents à les recueillir, et quand nous nous levons enfin pour ramasser la manne, elle est fondue.

11 nous les retire parce qu'on ne peut goûter à la fois les joies de la terre et celles du ciel. La recheroiie de nos satisfactions, l'attachement désordonné aux

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