‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 61 sur 321 · P, Faber, Progrès de Vànw, xy · texte numérisé non relu

P, Faber, Progrès de Vànw, xy

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^ Le démoj) n'a aucune entrée directe dans notre esprit et notre volonté ; mais il a une grande action sur le sang, les humeurs, les nerfs, l'imagination, la sensibilité. Tantôt il excite des douceurs et des consolations ; il pousse ainsi l'âme h l'indiscrétion dans les austérités, pour la rendre inutile en ruinant sa santé, ou pour la décourager plus tard en la fatiguant sous un fardeau devenu excessif ; il la provoque à une secrète complaisance en ses vertus, ou à l'amour désordonné de ces douceurs ; pendant qu'il l'amuse à ce jeu perfide, il lui cache les défauts et les fautes qu'elle a tant besoin de corriger; il essaie de lui persuader qu'on a les yeux sur elle et qu'on l'admire il la pousse à désirer les faveurs surnaturelles qui la mettraient en relief; il veut la jeter en un mot dans l'orgueil et le sentimentalisme, au dépens du vrai progrès spirituel solidement basé sur l'humilité et l'abnégation.

Tantôt le démon suscite des sécheresses comme un ferment de discorde entre Dieu et l'âme, dans l'oraison même qui a pour but de les unir. Il fatigue l'esprit par la multitude des pensées étrangères ; il aggrave la stérilité apparente de la prière par des tentations de toutes sortes ; il accable le patient de sommeil, de tristesse, de .chagrin; il lui met dans l'esprit des pensées abominables ; il espère que Tâme se perdra en consentant au mal ou qu'elle se découragera. Dieu peut-il entendre une prière si mal faite? N'est-ce pas une dérision que de multiplier les actes de foi, d'amour et autres semblables, quand il semble plutôt que nous ce croyons à rien

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et que notre cœur est glacé ? Au lieu d'agréer notre prière, Dieu n'en sera-t-il pas oiï'ensé? Est-ce ia peine de tant se gêner pour aboutir à ne faire que des pèches même dans la prière '? Puis, si Dieu n'envoie ni lumières ni dévotion, n'est-ce point parce qu'il est indiffèrent, irrité, implacable ? Nous le servons si mal ! nous ne savons même pas prier ! etc.

Bref, le démon veut ou nous faire quitter l'oraison ou la rendre stérile; et dans ce but, attrait de la jouissance ou peur des difficultés, présomption ou désespoir, tout lui est bon, pourvu qu'il désunisse Dieu et l'âme, et nous fasse partager sa propre séparation de Dieu et ses tourments.

Souvent le démon se mêle aux consolations divines pour les détourner de leur fin, aux désolations divines pour nous pousser au découragement. Et alors il y a l'action de Dieu à laquelle il faut coopérer, et la tentation diabolique qu'il faut combattre.

3° Les consolations et les désolations peuvent aussi venir de la nature.

Quand la fatigue et les préoccupations ne nous accablent point, que notre corps est plein de vigueur et de santé, que nous avons la tête libre et le cœur content, l'oraison est plus facilement consolée. Il y a aussi des natures sensibles et impressionnables qui s'émotionnent pour un rien ; devant les bienfaits, les miséricordes et les perfections de Dieu, devant les mystères de Notre-Seigneur, spécialement les jours de fête, elles auront le cœur tendre et les larmes prom^ptes.

Au contraire, il y a des jours où la nature est

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