CHAPITRE VI
affaissée sous le poids de la fatigue, de la souffrance et des soucis; l'esprit est vide, le cœur insensible, les yeux secs et toute l'âme sans vie ; l'oraison devient dès lors un pénible labeur, si on veut s'occuper.
Etant donnée la corruption de la nature, notre \ârae est, dans ces deux alternatives, accessible tantôt au démon de la vaine complaisance et de la gourmandise, tantôt au démon du découragement ; mais Dieu est là et nous pouvons toujours résister et triompher.
On peut voir, à ces signes, d'où viennent nos consolations et nos désolations. Ajoutons cependant, pour plus de lumière, quelques mots de saint François de Sales i : « Puisqu'il y a des consolations sensibles qui sont bonnes et viennent de Dieu, et que néanmoins il y en a d'inutiles, dangereuses, voire pernicieuses, qui viennent de la nature ou même de l'ennemi, comment pourrai-je discerner les unes des autres, et connaître les mauvaises ou les inutiles entre les bonnes ? C'est une doctrine générale, très chère Philothée, pour les affections et passions de nos âmes, que nous devons les connaître par leurs fruits... Si les douceurs, tendretés et consolations nous rendent plus humbles, patients, traitables, charitables et compatissants à l'endroit du prochain, plus fervents à mortifier nos concupiscences et mauvaises inclinations, plus constants en nos exercices, plus maniables et souples à ceux à qui nous devons obéir, plus simples en notre vie; sans doute, Philo-