s. Fr. de Sales, Vie dévote, i' part., c. xrv
CfMAPITRE VI 83
nos idées sur les consolations et les désolations. Fussent-elles un fruit de la nature et même un artifice du démon, les unes et les autres peuvent nous être très utiles, si nous savons en user ; les consolations, pour nous attacher à Dieu ; les désolations, pour nous détacher de tout et de nous-mêmes. Fussentelles l'œuvre de Dieu, elles nous nuiront, si nous les détournons de leur but ; les unes, pour en repaître notre orgueil et notre avidité ; les autres, pour nous décourager, quitter Dieu et l'oraison. Les consolations ne sont pas la dévotion substantielle ; les désolations ne constituent pas l'indévotion ; elles sont, dans la volonté divine, un puissant moyen de sanctification ; seules, la dépravation de la nature et la malice de Satan en font un écueil où l'on peut sombrer.
Du côté de la volonté. — Il y a tfois choses à faire :| i" nous soumettre avec confiance, 2* éviter les écueils, 3° entrer dans les vues de Dieu.
1 " Consolés ou désolés, soumettons-nous avec confiance. Selon une expression de saint François de Sales, il faut tout accepter sans crainte de la main de Dieu, à droite et à gauche, à droite les consolations, à gauche les désolations; car Dieu, comme un père aussi aimant que sage, se propose toujours notre plus grand bien.
« Loin de repousser les consolations divines, dit saint Liguori *, comme le prétendaient quelques faux mystiques, recevons-les avec reconnaissance, sans