‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 71 sur 321 · CHAPITRE VI %i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI %i

l'humilité, au détachement et aux autres vertus solides.

A 1 humilité. Elles nous obligent à constater notre impuissance, et le fond de misères qui demeure en nous ; la preuve est évidente et palpable, l'expérience finira par nous convaincre. Avouons sans détour que nous avons mérité ces épreuves et de plus douloureuses encore, et que nous en avons besoin pour nous dépouiller de nous-mêmes. Ne sont-elles pas le remède curatif ou préventif de notre orgueil et de nos autres infirmités ? N'ayons honte et horreur que de nos maladies spirituelles, et ne repoussons pas ce qui doit les guérir.

Au détachement. Nous étions habitués à nous rechercher jusque dans la piété ; mais si nous sommes longtemps sevrés des douceurs, dès lors que nous avons assez de générosité pour persévérer dans la prière et dans les vertus, nous apprenons à nous passer de la jouissance, à servir Dieu pour luimême, avec désintéressement et à nos dépens.

A toutes les vertus solides, « Voilà ce que fait une âme qui demeure fidèle et tranquille dans ses états de peines et de privations : elle croit un Dieu présent qu'elle ne voit point; elle espère en lui contre toute espérance; elle s'abandonne à lui, lorsqu'il semble qu'elle en est abandonnée ; elle l'aime dans le dégoût, dans le chagrin, dans l'amertume ; elle se conforme à ses volontés sévères et crucifiantes ; elle soufi're un martyre d'amour ; elle s'humilie dans la connaissance de ses misères, elle se contente de sa pauvreté, et bénit Dieu, comme Job, sur un fumier...

92 DE l'oraison

Oh ! si une âme savait l'honneur qu'elle rend à Dieu dans une oraison de patience ! Si elle connaissait les trésors de mérites qu'elle amasse à tous moments, elle ne voudrait jamais changer d'état... Ce n'est pas dans les lumières qu'on pratique une foi surnaturelle, mais dans les ténèbres ; ce n'est pas lorsque Dieu nous flatte que l'espérance est divine, mais lorsqu'il nous afflige ; ce n'est pas dans la consolation qu'on aime Dieu purement, mais dans la désolation. Oui, croyez-moi, jamais vous ne faites plus que lorsque vous ne croyez rien faire ; jamais vous ne méritez plus que lorsque vous ne croyez rien mériter... C'est alors que l'homme honore Dieu de sa substance, et lui fait un sacrifice de ses passions. Eh! pourquoi donc se troubler? Pourquoi perdre courage? Pourquoi quitter l'oraison? "^ »

Hélas ! je ne sais penser à Dieu. — Contentez-vous de l'aimer. — Je n'ai pas de cœur. — Donnez à Dieu votre volonté. — Je n'ai aucune consolation. — Estce pour cela que l'on fait oraison ?... — Je ne sais si j'aime Dieu. — Peut-on ne pas l'aimer quand on souffre patiemment pour lui? Peut-on ne pas être aimé, si, au milieu de tant de peines, on s'abandonne à son bon plaisir, voulant tout ce qu'il veut?

Pour le P. Faber, nos « mauvaises » méditation \ quand nous n'avons pas de raison de les attribuer à notre faute, « sont généralement les plus fécondes en résultats... Dieu nous renvoie souvent, comme le maître renvoie un écolier à sa leçon, pour que nous

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