CHAPITRE VI
fassions un retour sur le passé, et que nous découvrions certaines légères infidélités dont nous n'avons jamais fait pénitence... C'est une grande cliose de pouvoir nous supporter nous-mêmes avec nos imperiections ; c'est un très bel acte d'humilité, qui nous rapproche de la perfection. A bien dire, il dépend de nous de tirer de nos mauvaises méditations un profit vraiment usuraire "^ . »
Il y a grande nécessité, dans les consolations comme dans les désolations, de nous ouvrir à un directeur expérimenté et de nous laisser conduire ; ces chemins sont si complexes qu'il est facile de s'égarer ; en outre, on a besoin tantôt d'être humilié, tantôt d'être encouragé ; ici, d'être retenu pour ne pas se laisser aller aux élans d'une ferveur indiscrète ; là, d'être poussé pour ne point tomber dans le découragement et la langueur.
En résumé, la conduite de l'âme est pareille dans les consolations et les désolations. Même soumission confiante à la divine Providence. Mêmes écueils à éviter: l'orgueil satisfait qui se complaît en soi, ou l'orgueil frustré qui se dépite, murmure, se décourage ; la sensualité qui veut jouir avec avidité, ou cette même sensualité qui se plaint de n'avoir où se satisfaire. Même zèle pour entrer dans les vues de Dieu par la pratique de l'humilité, du détachement et des autres vertus solides, tantôt dans l'abondance, tantôt dans la disette ; on cultive l'amour de Dieu, ici en aimant ardemment, là