‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 76 sur 321 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pratique spirituelle qui en sera le moyen. li convient de nous occuper surtout de notre péché ou vice dominant, d'une vertu fondamentale ou d'une pratique plus capitale. Notre sujet, nos considérations, nos affections et demandes, tout doit être choisi et ordonné en vue de cet unique objectif.

Chacun fera donc une oraison appropriée à son état d'âme, à ses attraits divins, à ses besoins présents. Le pécheur, le plus grand des pécheurs peut faire oraison; mais qu'il s'occupe avec Dieu de son triste état pour arriver à se convertir; l'homme de mauvaise volonté peut et doit faire oraison, mais qu'il traite avec Dieu précisément de cette volonté mauvaise pour en sortir. Le tiède doit faire l'oraison du tiède, pour quitter le péché véniel; le fervent celle du fervent, pour aimer davantage et pevi^évvrer; l'âme ballollée pai IVprpiive, celle de l'âme éprouvée qUi s'humilie et se soumet pour recouvrer la paix.

L'appropriation de l'oraison à notre état actuel la rend utile et efficace, douce et facile; quoi de plus agréable et de plus aisé que d entretenir le Seigneur de ce que l'on est et de ce qu'on éprouve actuellement ? Au contraire, si notre oraison n'est pas appropriée à notre état, ne.perdra-t-elle point, par le fait même, la meilleure partie de son charme et de son utilité?

Il sera bon, du moins pour les commençants, de préparer l'oraison du matin dès la veille, au dernier intervalle. On choisit le sujet, on peut le d'viser en plusieurs points dont chacun renferme assez de doc-

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trine pour qu'on en puisse tirer des affections et des conséquences pratiques; on prévoit,sur chaque point, les réflexions que l'on fera, les affections et la résolutionqu'on en tirera. Toutefois, la résolution peut être la même pendant un assez long temps. 11 est bon de s'endormir sur ces pensées et de les repasser doucement au réveil ; de cette façon, quand le moment de l'oraison viendra, l'esprit sera déjà pénétré, la volonté enflammée.

Notons encore que la disposition la plus efficace à la prière, c'est la faim et la soif de la sainteté, c'est un vif désir d'y profiter pour avancer dans la perfection. «Sans ce désir, la préparation du soir sera languissante, le réveil du matin sera sans ardeur, et l'oraison presque toujours sans fruit. ^ y> a Ce désir d'être tout à Dieu et d'avancer dans son amour est une oraison continuelle », dit saint Bernard ; nous devons toujours veiller à ne pas le laisser refroidir, mais à l'enflammer déplus en plus. Il est lame de l'oraison, comme de toute la vie spirituelle.

Ainsi disposée de loin par la quadruple pureté 2^ de près par le choix du sujet et la faim spirituelle, l'âme assure le succès de son oraison. Maiscomment s'y doit-elle occuper ?

Nous exposerons plus loin, avec abondance de détails, les actes essentiels de la méditation, et quelques autres qui sont plutôt facultatifs : ce sera une table copieusement servie, qui pourra suffire, nous

1. P. Chaignon, Médit, rel., t. i, p. 15. 8. Cf. 1" part., c. rv, p. 48.

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