CHAPITRE I
l'espérons, à la variété des goûts et des besoins, et où ciiacun pourra choisir, s'il ne veut prendre de tout. Mais, pour plus de clarté, nous commencerons par donner un abrégé de la méthode, où nous ne ferons entrer que les actes nécessaires : ce sera court, simple, facile, complet cependant. Nous ajouterons aussitôt deux explications sommaires, destinées à faire comprendre le mécanisme de la méthode ; les détails viendront plus tard.
§ II. — Abrégé de la méthode.
L'oraison comprend trois parties fort inégales pour l'importance et la durée : la préparation, le corpsde l'oraison, et la conclusion.
ï. — La préparation, ou entrée en conversation, demande au plus quelques minutes. Elle consiste essentiellement à se mettre en la présence de Dieu qui nous regarde et nous écoute. 11 convient de commencer l'entretien avec un Dieu si grand et si saint, par une profonde adoration de sa majesté, une vraie humilité à la vue de notre néant, une sincère contrition de nos péchés. On implore ensuite la grâce sans laquelle nous ne pourrions prier.
Si l'âme est déjà recueillie, comme lorsqu'on sort d'un autre exercice de piété, (c'est ce qui a lieu généralement pour nos oraisons de règle), la préparation est suffisante par le fait même, et l'on peut entrer de plain pied dans le corps de l'oraison, à moins que l'on ne préfère employer un instant à ra-
ninr^rsafoi àla présence de Dieu, et à solliciter la grâce de bien prier.
II . — Le corps de l'oraison est le point capital de l'exercice et il en occupe presque toute la durée. Quatre actes le composent, et forment l'essence de la méditation : cesont les considérations, les affections, les demandes et les résolutions.
1" On réfléchit sur un sujet déterminé, on le tourne et retourne en tous sens pour le bien saisir et s'en pénétrer, on en tire des conclusions, on s'en fait des applications pratiques. C'est la méditation proprementdite. Ce n'est pas une étude spéculative, s'arrêtant àla connaissance des principes ; elle apour but lointain de fortifier nos convictions à la longue, et pour fin immédiate de provoquer les affections, demandes et résolutions.
Nous faisons ensuite un retour sur nous-mêmes, par rapport au sujet que nous méditons, pour voir si notre conduite y est conforme, en quoi nous manquons, comment il faudrait y remédier.
Ce travail de l'esprit n'est pas encore l'oraison, c'en est seulement l'introducteur. Avec la préparation, il ne doit pas dépasser généralenrjent la moitié de l'exercice environ ; l'autre moitié est réservée aux actes de la volonté qui constituent la prière même ; ce sont les affections, demandes et résolutions.
2" C rtaines affections naissent spontanément des réflexions qu'on vient défaire ; ainsi l'enfer appelle le repentir et la fuite du péché ; le ciel provoque le mépris de la terre et la soif des biens éternels ; la passion du Sauveur excite Tamour, la reconnais-