‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 80 sur 321 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Les considérations ont pour rôle de montrer comment ce bien spirituel que nous avons en vue est désirable, et l'examen, combien il nous manque. On peut les faire comme un monologue intime, une méditation solitaire, où l'on travaille à se convaincre pour faire jaillir, avec le repentir et la confusion, un désir ardent, des prières enflammées, de fortes résolutions. II. est mieux séant, puisqu'on est devant Dieu, de ne point le négliger pour réfléchir, mais de faire les considérations comme en lui parlant, et de les entremêler de pieuses afl"ections ; ce sera de la sorte un dévot plaidoyer, où l'âme, tout en faisant valoir ses raisons auprès de Dieu, s'enflamme d'amour pour la vertu, d'horreur pour le vice, comprend le besoin de prier, et sollicite avec l'ardeur de la conviction, en même temps qu'elle travaille a persuader Dieu, à toucher son cœur, à lui ouvrir la main par les motifs qu'elle croit les plus puissants.

On est venu demander un bien spirituel déterminé, on insistera sur cette requête d'une façon pressante ; mais on n'oubliera pas que Dieu, libéral presque à l'excès, aime les vases vides où il peut verser ses dons, les mains qui s'ouvrent pour les recevoir ; plus on lui demande, plus il est heureux, tant il jouit de donner à ses enfants ! Nous profilerons donc de cette audience pour exposer nos autres besoins, pour solliciter toutes sortes de faveurs générales et particulières.

Dieu adonné sa grâce, il y faut coopérer. On prend donc une résolution qui lui fera porter ses fruits.

L'audience terminée, on remercie Dieu de sa bon-

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té, on s'excuse de ses propres maladresses, on demande une dernière bénédiction et l'on se retire.

II. — L'oraison, d'après la belle doctrine de M. Olier, est une communion aux dispositions intimes de Notre-Seigneur.

Le Maître bien-aimé est à la fois le Dieu qui a droit à nos hommages, et le modèle que nous devons imiter. Impossible de plaire au Père sans ressembler au Fils ; impossible de ressembler au Fils sans plaire au Père. Pour un religieux qui cherche Dieu et tend à la perfection, tout se ramène à prendre les sentiments intimes de N.-S., à suivre ses enseignements, à reproduire ses exemples. Une âme est parfaite quand elle est l'exacte copie du divin modèle. Rien donc n'importe comme de l 'avoir toujours devant les yeux pour le contempler, dans le cœur pour l'aimer, dans les mains pour l'imiter. Voilà toute l'économie de l'oraison d'après M. Olier.

Si je veux méditer sur l'humilité, mon but sera d'honorer l'humilité de N.-S. dans l'adoration, de l'attirer en moi dans la communion, de la faire passer dans ma conduite par la coopération.

Je me mets donc bien en face démon divin modèle, je contemple ses sentiments intérieurs devant l'infinie grandeur de son Père, sous la honte de nos péchés ; j'écoute les enseignements où il nous prêche l'humilité, je le suis un instant dans les mystères où il s'est le plus anéanti. Cela se fait rapidement. J'adore mon Dieu infiniment grand dans ses abaissements, j'admireetloue ses sublimes anéantissements, je le remercie de ses humiliations et de son exemple,

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