Exode, xxxiv, 2'J
au relâchement. Car toutes les autres vertus servant l'appui à l'oraison, si le fondement vient à manquer, rédifice s'écroule... Quand on touche un instrument, ce n'est pas une seule des cordes, c'est leur ensemble qui produit l'harmonie... Une horloge s'arrête tout entière pour une seule pièce qui se «.lérange^ ». Ainsi la vie spirituelle ne va pas s'il y manque un seul rouage, soit l'oraison, soit les œuvres.
Il faut donc que la prière nourrisse en nous la foi, l'espérance et la charité, qu'elle entretienne les autres vertus, et travaille à nous rendre saints. Voilà son but, et c'est aussi par là qu'on peut voir si elle est bien faite et suffisamment abondante. La santé du corps exige une heureuse proportion d'alimentation, de travail et de repos; ainsi li, sainteté demande que l'âme se sustente par la prière, travaille aux vertus, et se repose en Dieu trouvé dans l'oraison. On voit que le corps a le nécessaire, quand il peut vaquer sans peine à ses travaux; et l'homme intérieur est suffisamment nourri de la prière, quand il est vigoureux pour cultiver les vertus, supporter les épreuves, affronter le sacrifice ; au contraire, s'il est anémié et sans énergie, c'est la nourriture qui lui manque ; ii a besoin de prier davantage ou de prier mieux.
. s, l'ierre d Alcant.. Or. et Méd., 2* part., c. v., 7* avia.
Au commencement àê ce travail sur l'oraison, il nous a paru bon de rappeler la nécessité de la prière en général elle rôle souverainement important qu'elle joue dans noire sanctification. Si nous voulions décrire tous les exercices de la vie contemplative, il nous suffirait de commenter le court, mais subslaniiel traité que notre bienheureux père saint Bernard, ou tout autre, a composé sur un sujet si intéressant pour nous. (( Un jour, qu'occupé aux travaux manuels, il s'était mis à refléchir sur les exercices de l'homme spirituel, quatre degrés se présentèrent subitement à son esprit : la lecture, la méditation, l'oraison et la contemplation. Voilà l'échelle des habitants du cloître, par OTÎ ils montent de la terre au ciel *... La lecture cherche la douceur de la vie bienheureuse,
la méditation la trouve, l'oraison la demande, la contemplation la goûte... Cherchez en lisant et vous trouverez en méditant ; frappez en priant et l'on vous ouvrira par la contemplations »... Ce serait assurément une étude intéressante, mais bien longue et trop compliquée pour un seul traité. Nous renvoyons donc tous les autres exercices de piété au Directoire qui en parlera suffisamment, et pour ne pas allonger outre mesure un ouvrage qui sera très chargé, il