CHAPITRE II
§ III. Deuxième ■ni\anière d'entrer en Oraison. De la composition du lieu et autres préludes.
On peut, si Von préfère, entrer en oraison de la manière suivante. On se met brièvement en la présence de Dieu, on demande la grâce de bien prier; puis on fait la composition du lieu, selon la méthode de saint Ignace et de saint François de Sales.
Cela consiste « à proposer à notre imagination le corps du mystère que l'on veut méditer, comme s'il se passait réellement et de fait en notre présence i ». Si je veux méditer sur Notre-Seigneur en croix, je me transporte en esprit sur le calvaire et je fais revivre dans mon souvenir toutes les scènes de la Passion ; je vois le Sauveur couvert de plaies sanglantes ; j'assiste à la flagellation, au couronnement d'épines ;j'entendslessarcasmesetlesblasphèmes,etc. Je puis faire de même si je médite sur la mort, sur l'enfer, et dans tous les mystères où il s'agit de choses visibles et sensibles. — Il en est autrement « quant aux mystères de la grandeur de Dieu, de l'excellence des vertus, de la fin pour laquelle nous sommes créés, qui sont des choses invisibles ». Toutefois, si je médite sur la parole de Notre-Seigneur, je puis me figurer que je suis parmi ses disciples, que c'est à moi qu'il adresse ses oracles, ou bien qu'il me parle du saint autel. Mais il faut éviter la