‹ Les voisins de l'autre côtéChapitre 5 sur 31 · L.\ COMTESSE · texte numérisé non relu

L.\ COMTESSE

Ah î c'est sans doute un messager du baron Von Tiefenthal. Il serait certainement très-malhonnête a moi de le priver si long-temps de son nouvel hôte; mais aussi , de son côté , il n'est pas poli de me l'enlever de celte manière. Je dois céder aux

droits plus anciens et plus légitimes du baron; je vous laisserai donc aller , mais à une condition que vous promettrez solennellement de remplir :y consentez-vous?

Votre Excellence n'a qu'à ordonner.

Tout ce qui sera en mon pouvoir , tout ce dont je suis capable

LA COMTESSE

Oh! vous êtes trop complaisant. Je ne demande pas tant; je ne demande rien de si important : vous viendrez demain dîner avec moi; et je désire seulement, avant votre départ , que vous me promettiez de revenir.

WOLFGANG

Je viendrai certainement.

fi.S DK JEllNES AMOURS

LA COMTESSE

Donnez-moi votre main pour gage de votre promesse. {Elle lapresse doucement.) Je vous attends donc sans faute, et ce sera pour moi un affront et une négligence si vous ne venez pas.

i;homme en redingote.

Monsieur, chaque minute est comptée.

LA COMTESSE

Il est trcs-prcssé , en vérité ; mais c'est égal , nous nous re verrons demain. Bonsoir, monsieur. Nous renouvellerons notre conversation quand je vous verrai , car vous n'avez pas encore satisfait ma curiosité. Adieu. »

La comtesse partit en lançant à Wolfgang un regard très -amical; et après qu'elle eut fait quelques pas elle se re-

louiiia et lui fit encore plusieurs signes de tête, pendant que lui, tout-à-fait transporté , la suivait des yeux. Il l'aurait vraisemblablement contemplée jusqu'à ce qu'il l'eût perdue de vue , si son nouveau compagnon ne l'avait encore pressé de hâter son départ. « Monsieur, dit -il, il est bien temps, vous devez me suivre. — Je suis prêt , » dit Wolfgang un peu aigrement ; et il partit avec son conducteur sans proférer un autre mot.

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