SECTION IT
Les premières voitures de iouage.
Etude chronologique des privilèges.
Les débuts du xvr° siècle marquent une période toute différente. Les raisons principales du changement survenu sont tout d’abord l’augmentation de la sécurité diurne et nocturne (1), le développement considérable de Paris dont les limites reculées rendent les courses très longues et impossibles pour les personnes incapables d’aller à cheval, et enfin, il faut bien le dire, la faveur de la royauté qui allait trouver dans les nombreux privilèges accordés, des ressources inespérées en même temps qu'une plus grande facilité de faire respecter ses règlements.
(1) Nous avons exposé succinctement dans les notes ci-dessus (page 29 note 1 et page 31 note 2), l'état des rues de Paris au cours des premiers siècles. La question importante de l'éclairage public fut définitivement résolue encore qu’incomplètement, par Nicolas de la Reynie, nommé lieutenant général de police, le 15 mars 1667. Louis XIV lui avait donné pour programme ces trois mots : « netteté, clarté, sûreté ». Dès le mois de septembre 1667, un édit prescrivait l’établissement de lanternes. Malheureusement, cette tentative était incomplète : en effet, pour raison d'économie, on n’allumait ces lanternes que du 1° novembre au 1 mars! Cf. les développements, la description des médailles commémoratives. Maxime Du Camp, Paris, tome V, p. 275, et Lettres de M®° de Sévigné, édit. Hachette, tome III, p. 298.
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Nous laisserons désormais de côté l’histoire un peu incertaine des origines pour nous occuper des seuls véhicules répondant exactement au titre de notre sujet : Les Voitures de place.
Il y eut au xvrr siècle toute une série de voitures de place que l’on peut classer de la façon suivante :
1° Les chaises à porteur et les chaises roulantes ;
2° Les voitures de place proprement dites ;
3 Les voitures pour la suite de la Cour et les voitures du marquis de Crenan ;
4° Les voitures de remise.
1° Les chaises à porteurs et les chaises roulantes.
La chaise à porteurs était une sorte de boîte dont les portières de côté étaient € dormantes », c'est-à-dire ne pouvaient s'ouvrir ; deux brancards latéraux servaient aux @ porteurs (1) » à transporter ce véhicule. La vraie porte était soit à l'avant, soit à l'arrière.
La reine Marguerite de Valois se servit la première de ce mode de transport très commode.
Le succès des chaises à porteurs suggéra, à trois associés, l’idée d’en avoir le monopole et de l’'exploiter. Les sieurs Regnault-Descuville, Douet et Pierre Petit, capitaine aux gardes du roi, adressèrent à Louis XIII un placet le 4 août 1617. Le
(à) Molière, dans Les Précieuses Ridicules, nous met au courant des habitudes des porteurs.
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privilège de l'exploitation des chaises à porteurs leur fut accordé par les lettres patentes du 22 octobre 1617, dans les termes et aux conditions suivantes :
« Louis, etc., accordons et permettons le pou- « voir de mettre en usage et establir lesdites « chaises à bras pour porter des rues à autres les « personnes qui désireront le faire, et se servir « de cet usage tant en notre bonne ville de Paris « que fauxbourgs d’icelle et'autres lieux de ce dit « royaume, sans toutefois ôter la liberté à ceux «€ qui en voudront avoir en leur maison aussi « pour leur usage et de leur famille seulement, « laquelle grâce pouvoir et permission nous leur & avons accordée et octroyée pour le temps et « terme de dix ans, faisant très expresses inhibi- « tions et défenses à tous autres, durant ledit « temps, d'avoir et tenir semblables pour les « louer et en tirer profit, à peine de confiscation « desdites chaises et d'amende arbitraire, si ce « n'est par le congé et permission desdits Petit, « Regnault-Descuville et Douet ».
Ce privilège passa 22 ans plus tard au sieur de Cavoy, capitaine des mousquetaires du cardinal de Richelieu, et au marquis de Montbrun, pour une durée de 4o années. (Lettres patentes du 31 mars 1639).
Avant l'expiration du privilège, en 1675, l’un des associés, Louis Dauger, marquis de Cavoy, obtenait à son profit le renouvellement du privilège pour quarante années également. Enfin, en 1707, le marquis de Cavoy, toujours en faveur,