PRÉLIMINAIRES
L'idée lancée par Nicolas Sauvage de mettre à la disposition du public, moyennant une rétribution modique, des voitures à itinéraire facultatif, s’est développée d’une facon continue au cours des siècles.
Actuellement, la profession de loueur de voitures n’exige, à vrai dire, que des capitaux modestes, lorsque l’entreprise ne comprend (comme c'est le cas le plus général en province), qu'un très petit nombre de voitures.
Mais lorsqu'elle prend un certain développement, elle exige une puissante organisation financière (1) et nécessite la constitution de sociétés anonymes, de sociétés en commandite ou de sociélés par actions.
Ceci nous explique pourquoi nous trouvons à Paris des entreprises de voitures de place constituées sous toutes ces formes.
Il n’est pas dans notre dessein, quel que soit l'intérêt de cette étude, notamment en ce qui concerne les sociétés coopératives de cochers, de
(1) Pour une Compagnie de voitures automobiles, on estime à 6.500 francs environ le prix d'acquisition d’une voiture, el à 4.000 francs environ par voiture le coût des premiers frais d'établissement, c’est-à-dire que la création d’une exploitation de 10 voitures de place automobiles nécessiterait un capital d’environ 100.000 francs.
suivre dans le détail la formation de ces Compagnies. Nous nous contenterons de prendre le type le plus général d'organisation, la Société Anonyme, et, parmi les sociétés anonymes, nous étudierons plus spécialement l’organisation de la «Compagnie Générale des voitures à Paris » (1), société au capital de 20.175.520 francs, autorisée par décret du 13 avril 1894 (2).
Notre étude (3) comprendra trois grandes parties :
L'organisation générale intérieure, c’est-à-dire l'étude des différents services de la Compagnie ; l'exploitation et les diflérents rapports de la Compagnie avec son personnel, avec les administrations et avec le public ; enfin les bilans, ou plus exactement, l'examen des difficultés et des charges d’une exploitation de voitures de place, les résultats des dernières années d’exercice. Notre conclusion essaiera de prévoir l'avenir réservé à cette industrie.
(1) Nous entendons par là que nous étudierons plus spécialement l'organisation générale de cette Compagnie, tandis que nos descriptions spéciales relatives aux voitures à traction mécanique et à traction hippomobile seront établies d’après les renseignements que nous avons pu nous procurer auprès de différentes autres Compagnies (La Metropole- Voitures, l'Urbaine, etc.).
(2) Les statuts de la Compagnie Générale des voitures à Paris sont édités par l’imprimerie Maulde, 144, rue de Rivoli, Paris, 1go1.
6) Le lecteur que la question intéresserait plus particulièrement comparera à notre essai de description de cetle organisation en 1912, celle très intéressante et très minutieuse de la Compagnie Générale en 1866, dans l’ouvrage cité 4e M. Du Camp, t. I, p. 191 et suivantes,