‹ Les Voitures de Place: Étude de la Réglementation Parisienne de la CirculationChapitre 32 sur 70 · STI · texte numérisé non relu

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De plus, les conducteurs de ces voitures recoivent du client qui les emploie un salaire de 100 francs par mois.

La compagnie verse au conducteur des voitures automobiles de grande remise o fr. 10 par kilomètre pour frais d'huile et d'essence; le nombre des kilomètres effectués est constaté par un «compteur kilométrique » (1). La compagnie n’a pas d’autres rapports avec les conducteurs des voitures de grande remise : elle se contente d'exercer une active surveillance sur leur travail (2) et leur tenue.

2% Les cochers (3) et les chauffeurs des voitures de place.

Les cochers et les chauffeurs des voitures de place sont soumis à un régime beaucoup plus compliqué et à une surveillance beaucoup plus active.

Traction automobile : Voitures à 4 cylindres à l’année (par mois) : 1.300 fr. = — à la journée : 150 fr.

Chaque kilomètre au-dessus de 1.500 pour les voitures au mois : o fr. 40.

(1) Nous parlerons, dans les pages qui suivent, des compteurs.

(2) On conçoit aisément que le chauffeur de ces voitures pourrait faire des courses à son entier bénéfice, toutes les fois qu’il est renvoyé par son client principal avant l'heure fixée, sans avoir accompli les 50 kilomètres journaliers auquels celui-ci a droit. Cette pratique est fort ancienne. Comparez l’article 13 de l'arrêt du Parlement du 13 juillet 1783 ainsi conçu : « Défendons à tous cochers de remise renvoyés par les maîtres qu'ils « ont servi dans la journée, de faire des courses particulières à leur pro- « fit et de se placer, pour se procurer lesdites courses, aux portes des « spectacles et lieux d’assemblées publiques, sous peine de prison ».

(3) Sur l’origine du mot cocher. Cf. p. 40, note 2.

Les cochers des voitures de place de Paris sont principalement des Auvergnats, des Savoyards et des Limousins qui viennent à Paris pour exercer cette profession. La plupart changent fréquemment soit de compagnie, soit même de métier.

€ Sur 4.000 cochers dont se compose le per- « sonnel, 250 seulement sont depuis plus de € 20 ans au service de la Compagnie, 700 ont de « 6 à 10 ans de présence, 1.800 de 1 à 5 ans et € 1.250 moins d’un an... Les vieux cochers sont « rares, 200 seulement sur 4.000 ont dépassé la « soixantaine, 600 ont de 50 à 60 ans, 900 de 40 € à 50 ans, 1.300 de 30 à 40 ans, 1.000 moins de € 30 ans (1) ».

Mais à côté du recrutement régulier, pourraiton dire, de la Savoie, de l’Auvergne et du Limousin, la corporation des cochers comprend un nombre élevé de déclassés (2). Il en résulte que parmi les cochers en majorité très honnêtes, on trouve des sujets très douteux, en lutte continuelle avec la Compagnie qu'ils essaient de trom-

(1) Cf. Reoue des Deux-Mondes, année 1953, t, I, p. 594. G. d'AvexeL, Le mécanisme de la Vie moderne.

(2) En parlant de ce recrutement, M. Du Camp, our. cite, t. I, p. 186, dit un peu familièrement : « ... Les bacheliers ès lettres abondent, et du haut de leur siège, ils peuvent dire, en se rappelant un vieux souvenir de collège : Quadrupedante putrem sonitu quatit ungula campum.

— M. G. d'Avenez, dans l’article cité ci-dessus, note 1, parle de l’origine des cochers de la Compagnie Générale : « La presque Lotalité provient de « métiers manuels : 700 ouvriers de l’alimentation, 350 du bâtiment, 1.400 « domestiques... Les étrangers ne forment dans cette corporation qu'un « groupe infime... Les Parisiens y sont en très petite minorité, 300 à « peine, tandis que les Alsaciens-Lorrains sont 150. La Savoie, lAuver- « gne elle Limousin fournissent à eux seuls 1.900 sujets, contre 1.400 ori- « ginaires de tous les autres départements » (p. 595).

— À74 — per sans cesse, et contre la Préfecture de police dont ils redoutent la juste sévérité.

Les compagnies ont donc cherché de tous temps à contrôler le travail de ces employés et surtout leurs recettes. Remarquons, avant d'étudier les différents systèmes de contrôle imaginés, que cette profession est, par sa nature même, une des plus difficiles à surveiller. Obligés de marcher à toute réquisition (1) vers un but toujours différent, constamment occupés aujourd'hui et complètement désœuvrés demain, leur recette journalière varie dans de très fortes proportions, parce qu'elle dépend de facteurs nombreux et imprévus : les besoins du public, la température, les fêtes, etc., etc.

Pour assurer néanmoins ce contrôle, plusieurs systèmes ont été successivement préconisés et mis en vigueur avant d'arriver au système actuel encore imparfait; ce sont : Le travail à la feuille, — Le travail à la planche et le travail à la moyenne(2), — Le travail au compteur.

() Gette obligation fort ancienne (cf. chap. I) a toujours été maintenue.

(2) Le travail à la moyenne et le travail à la planche étant sensiblement les mêmes, nous les étudierons ensemble,

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