ACTE II , SCÈNE IX
même.... Allons , mademoiselle , votre ariette favorite.
ELI SE, i part.
Si elle pouvait trouver que je chante Lien , à cause de M. de Florville !
ARMAND , has i M m *. de Mehral.
Il va la faire briller aux yeux de mon rival , et vous le souffrez !
M"'. DE MEtVAIi, bai à Armand.
Mais, monsieur, laissez-moi donc /aire.
{ Elise chante un grand récita lif. )
M“*. DEMELVAL, l’arrêtant.
Mademoiselle , mille pardons ! ,
ELISE, à part.
O mon Dieu ! Elle m’interrompt dans mon plus beau passage, et devant M. de Florville encore !
M“*. DE MELVAL
Pourquoi chanter de ces grands airs français?
FLORVILLE
C’est juste ! Le bon genre , aujourd’hui , est de chanter des paroles que ne comprennent ni ceux qui les écouteut , ni quelquefois ceux qui les chantent.
Vous avez raison ! aussi nous permettons-nous, de temps en temps, la Capriciosa, les Cantatrice Villane , Mon cœur soupire, et Zon, zon, zon !... comme à Paris. Ce n’est pas que je ne sois un peu de l’avis de ceux qui trouvent que la musique française a bien aussi son mérite , et que les Grétry , les Méhul et lesDalayrac étaient, quoi-
que Français, d’assez jolis compositeurs ; mais, la mode ! la mode ! Il faut bien suivre la mode et les
usages du grand monde... Cependant , pour tout
concilier, j ai imagine , a notre dermere reunion
d’amateurs , de leur chanter quelques-uns de nos vieux airs , avec des paroles italiennes , et alors ils criaient : « Bravo ! bravo ! 11 n’y a que les Italiens pour faire de la musique pareille ! » Certainement ils la font excellente ; mais, quand on peut leur opposer des a iis comme Ma tendre musette , et Au clair de la lune, mon ami Pierrot....
f 1.0 n VILLE.
Ah! ah! ah ! Au clair de la lune! Mais , monsieur , vous plaisantez, avec vos airs gothiques !
Vous riez ! Eh bien ! madame , je vais vous faire entendre un de ces prétendus airs gothiques , avec des variations de ma composition, et des paroles italiennes , que j'ai prises tout uniment dans Métastase. .
FLOU VILLE, à pari.
Je suis persuadé que ce doit être le comble du ridicule.
( A Elise. ) Allons , rua nièce , à nous deux ! ( A Florville. ) Attendez, avant de prononcer, et vous , mesdemoiselles , le plus profond silence , contre votre ordinaire. •
fl U 0.
O licto moiuento t RM premio d'nmnr Di ifolce conteuto Mi palpita il cor ;
Gj* splcndon se* rue Le .slrlle ncl ciel ,
('onsoU . o n.in bruc l Qu'est’ aima lïddL
Dflizir m ni cuti Au clair de le lune,
Promcfe i’amor Mon aini Pierrot ,
Kd asprt forment! Prêté-moi ta plume
Pni défia ncl cor Pour cerise un mot ;
IMiiie content» Ma chandelle est morte ,
Promet* Lnior Je n'u plus de feu ,
Ed jtvper forment» Ouvre-moi U porte
Por dot* nel cor. Pou» l’amour de Dieu.