‹ Les voix champêtres [microforme]Chapitre 9 sur 15 · ER · texte numérisé non relu

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Des fleurs dont la chanson par lui Fut exhalée, La voix du géranium et de la giroflée,

Voix de l'héliotrope et voix du réséda.

Où souvent l'abeille à l’abeille succéda,

De lhélianthe d'or au coin de la clôture.

De l'œillet, ce souris froncé par la nature,

De la riche pensée en robe de velours,

De ces êtres très doux qui se taisent toujours.

Montréal, 25 janvier 1910.

L'ÉMERILLON

L'EMERILLON

Je viens parmi le jour splendide:

Parfois je vogue dans l'azur, Avec la brise qui le ride

Parfois je frôle le blé mûr.

L'ÉMERILLON

Tout au fond du ciel je nr'élève, Et je plane longtemps en rond, N'allez pas croire que je rêve:

Nul rêve ne vit sous ion front,

Le rêve meurt, car je le tue:

Je hais son attendrissement ;

‘avoir dans ma serre pointue, Je l'étouiferais lentement !

Des profondeurs de J'air limpide,

Sur le soi je fixe les veux:

Je suis la mort au vol rapide

Qui se promène dans les cieux.

ÉMERILLON

Mais oui, je rêve quelquefois,

Au rouge-vorge, à la mésange,

Aux beaux petits chanteurs des bois,

Mais je rêve que je les mange!

Montréal, 2% octobre 1910

LES OTES

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