LA HIRE, JEANNE
LA HIRE
Vous comprendre ?... peut-être, en tout cas sans effort Jeannette, je suis vôtre, à la vie, à la mort.
JEANNE
La Hire, compagnon de toutes mes batailles.
Plus simple que Dunois et plus franc que Xaintrailles, Je sais que vous m’aimez... un peu trop.
LA HIRE
Pourquoi pas ?
Cornes du Diable, j'aime ainsi que je me bats.
JEANNE
Ce sont mes voix qu’il faut aimer et non ma gloire.
LA HIRE (troublé)
Mais vous alors, mais vous ?
JEANNE
Moi je suis le ciboire
Qui contint leur miracle, et puis rien au-delà ;
Pour me comprendre, il faut avoir compris cela.
LA HIRE
C’était donc merveilleux ces voix ?
JEANNE (comme absorbée)
Ah ! certe
C’est quelque chose qui ravit et déconcerte,
Quelque chose... Ah !
{elle est sur le point de défaillir)
LA HIRE (la retenant et tendrement) Jeannette !
JEANNE (revenant peu à peu à elle)
Eh bien ! c’était plus fort Que la voix de l’amour, ce vainqueur de la mort. Comment dire?... C’était foudroyant et suprême.
Au point de ne plus rien me laisser de moi-même. Si terrible et si doux que, sans aucun émoi.
Je ne croyais plus vivre. Elles vivaient en moi.
Et quand leur résonnance était moins entendue. Alors ! je me sentais triste et comme perdue...
... Je ne durerai pas, vous en serez témoins
LA HIRE (inquiet)
Taisez-vous !
JEANNE
J’en suis sûre, elles me parlent moins. Ce jour fut radieux, car ces heures de fêtes Sont celles que pour moi, le Seigneur avait faites. Elles devaient briller au bout de mon chemin,
A Rheims... Et maintenant, j’ai peur...
LA HIRE
Peur ?