SCÈNE II
LES MÊMES ; DES EXILÉS : UN VIEILLARD, UN HOMME, UNE FEMME, UN ENFANT. -
(Pendant les dernières notes du chant de la Prairie, ces exilés sont arrivés lentement. Ils paraissent épuisés et tout pénétrés encore des horreurs de la guerre. Le vieillard cependant, quoique très las, garde une fierté quelque peu farouche.)
LE VIEILLARD {regardant Mengeite avec reproche)
Vous chantiez, jeune fille ?
LA FEMME {amèrement)
Il faut bien que Ton rie, Quand de muguets de Mai l’on est toute fleurie,
LE VIEILLARD
Et qu’on ne pense à rien... comme un ruisseau qui court.
MENGETTE {gênée)
Mais qui donc êtes-vous ?
LE VIEILLARD
Un vaincu d’Azincourt,
l’homme
Des fuyards,