LA FEMME
Sans abri, sans toit et sans famille.
Ils ont tué mon fils,
l’homme {sourdement)
Ils ont souillé ma fille.
l’enfant
J’ai peur encor... J’aurai toujours le même effroi Qui me prit en voyant Papa dormir si froid,
Si pale dans du sang... et maman emmenée Malgré mes cris... Et puis ils font assassinée !
{éclatant en sanglots)
LE VIEILLARD
Nos villes sont des tas de cendres où les corbeaux Mangent le cœur des morts.
TOUS (avec horreur)
De nos morts sans tombeaux.
LE VIEILLARD (d'une voix éclatante)
Assez ! Que le Devoir parle'et non la Nature ;
Ces vivants sans maisons, ces morts sans sépulture,
Il faut que tout cela se paye — et cher !... 11 faut Que l’exil soit l’espoir... La vengeance est là-haut !
{lentement)
Pour moi qui touche presque à mes heures dernières. J’espère que bientôt les âmes prisonnières Echappant à la tombe, à la peur, aux remords, Entendront une voix crier : « Debout les Morts ! »
MENGETTE (s'agenouillant)
Vieillard, pardonnez-nous.
LE VIEILLARD (avec Une indulgence froide)
C’est fait !... L’enfant légère N’est pas une ennemie... Elle est... une étrangère.
MENGETTE (distribuant le pain qu'elle avait dans son panier)
Je voudrais vous aider... Mangez... Mangez...
LES RÉFUGIÉS (avcc un soupir)
Enfin !
HAUViETTE (qui a trouvé du lait dans le sien)
Voici du lait,