‹ Les voix de Jeanne d'ArcChapitre 55 sur 57 · LES MÊMES, CAUCHON, MASSIEU LOYSELEUR · texte numérisé non relu

LES MÊMES, CAUCHON, MASSIEU LOYSELEUR

' C’est fait.

CAUCHON (incrédule)

Non?

LOYSELEUR

Si.

(Caiichoii s'avance vers Jeanne suivi du greffier Massieu) JEANNE

Eux encore ? Pourquoi ?

CAUCHON (à Logseleur avec une feinte sévérité)

Que faites-vous ici ?

LOYSELEUR

Près d’elle j’exerçais mon divin ministère,

Et le Ciel a permis qu’il lui fût salutaire;

Dussé-je m’exposer à votre inimitié,

J’ose vous demander de la prendre en pitié.

JEANNE

Merci, mon Père.

CAUCHON (avec une gravité compatissante)

Enfin, vous avez compris, Jeanne, Que le repentir sauve

MASSIEU (à part en regardant Cauchon et Loyseleurj

Et le mensonge damne.

CAUCHON

Je pourrai vous soustraire au moins au feu. Greffier, (il lui remet la pièce que Loyseleiir a fait signer à Jeanne) Ayez soin d’ajouter cette pièce au dossier.

MASSIEU

Suivant la loi, je dois relire à la coupable Ses déclarations.

LOYSELEUR (has à Massieu)

Silence ! misérable !

JEANNE (qui a deviné le piège)

Liscz-moi ce que j’ai signé.

LOYSELEUR (affolé)

Non !

JEANNE (froidement)

Non î Pourquoi ?

LOYSELEUR

Jeanne, n’avez-vous plus de confiance en moi ?

JEANNE

Je comprends,

(à Cauchon montrant Loyseleur)

L’espion était votre complice.

LOYSELEUR

Moi, qui pour vous défendre ai risqué le supplice.

JEANNE {lentement avec mépris)

C’est peut-être une loi de la haine ici-bas Qu’à côté de Gaïphe il faille voir Judas.

Jusqu’à la mort, je la crierai votre imposture.

Hérétique !

CAUCHON (avec fureur) LOYSELEUR

Relapse !

CAUCHON

Apostate !

LOYSELEUR

Parjure î

CAUCHON

La torture bientôt te fera repentir.

JEANNE

La torture jamais ne me fera mentir.

Vous ne me pouvez rien si mes Voix sont divines.

CAUCHON

On t’a prouvé que non, mais puisque tu t’obstines, Nous, nous t’abandonnons. Demain au Vieux Marché, On verra si les saints éteindront ton bûcher.

Je ne sais pas.

CAUCHON

Devant le feu, que tu redoutes.

Tu n’es déjà plus tant arrogante. Tu doutes.

Tu doutes, n’est-ce pas ?

JEANNE (les yeux au ciel)

Dieu ! j’en appelle à vous !

CAUCHON (lui serrant les poignets)

Un doute ! un simple doute, et c’est assez pour nous.

JEANNE

Mais c’est bien trop pour moi.

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