‹ Les voix de l'avenir dans le présent et dans le passé, ou, les Oracles et les somnambules comparésChapitre 8 sur 11 · SG · texte numérisé non relu

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Ses paroles sont simples, justes et souvent éloquentes. Les idées sont nettement exprimées et ne gardent jamais de sens obscur. Par le tact exquis que possède le sujet magnétique lucide, il sait mettre à l’aise ceux qui le consultent; son langage est toujours en harmonie avec la nature de leur esprit : il est simple et touchant ou précis et technique, et il persuade toujours parce qu’il est l’expression d’un dévouement réel.

Les prescriptions des somnambules sont extrêmement variées, prises dans tous les systèmes thérapeutiques et empruntées aux trois règnes de la nature; mais jamais les somnambules n’indiquent de remèdes simples ou composés sans préciser à l’avance la manière dont ils doivent opérer, et l’effet qu’ils doivent produire sur l’organisme.

Nous avons vu au chapitre qui précède que les oracles et les somnambules voyaient des évènements qui avaient eu lieu à une grande distance; de môme, à distance, ils peuvent juger de l’état de santé des personnes avec lesquelles ils sont en rapport.

Pline rapporte qu’un jour la mère d’un homme qui servait dans la garde prétorienne, en Espagne, reçut un oracle qui lui prescrivit d’envoyer à son fils la racine de la rose sauvage appelée Cynnorhodon, avec injonction d’en boire.

Cette femme envoya immédiatement la racine. Il était temps, le fils avait été mordu par un chien enragé, et il commençait déjà à craindre l’eau. La plante arrive ; le malade la prend, comme l’y exhortait sa mère, et se trouve parfaitement guéri, ainsi que ceux qui, dans la suite, furent dans le cas d’en faire usage . ( i )

Les deux faits suivants de somnambulisme présentent le même phénomène de vision :

«Je suis allé consulter madame Mongruel sur la santé d’un enfant malade demeurant à Liège.

«Madame Mongruel me décrivit parfaitement l’état du ma-

(1) PliiiiusHisloria iialiiralis lib. xxv, cap ii.

lade. Les médecins du pays s’étaient trompés ; ils prétendaient qu’il avait une hernie étranglée; madame Mongruel me dit que c’était un gonflement interne des intestins ; et Vautopsie a prouvé quelle avait raison. Sur ma demande du traitement à suivre, elle me dit qu’il était trop tard ; et après que j’eus insisté, elle ajouta que l’enfant n’avait plus que trois jours à vivre, et en efï'et, il est mort trois jours après. » '

Victor Plumier, artiste photographe. CO

Extrait d’une lettre particulière.

« Je vous avouerai. Madame, que j’ai été on ne peut plus » surpris de la manière exacte avec laquelle vous m’avez dé- » taillé toute ma maladie. Toutes les souffrances que je res- » sens sont, j’ose le dire, admirablement dépeintes, et ce que » j’ai lu a dépassé de beaucoup les réponses que j’attendais » de vous.

» Je vous affirme que j’ai consulté plusieurs médecins re- » nommés de notre ville, et qu’aucun d’eux n’a saisi si par- » faitement ma maladie, malgré les détails que je leur faisais »• de mes souffrances.

» Plein d’espoir dans le traitement qui m’est prescrit, etc.

» Signé Richard,

» Quai Richebourg, 5, à Nantes. »

Les récits des guérisons des oracles que nous ont laissé les auteurs anciens sont, pour la plupart, dépourvus de toutes notions scientifiques propres à faire connaître la nature exacte

(1) Extrait du Magnétisme militant, par M. L.-P. Mongruel.

(les maladies guéries. On n’y trouve aucun détail précis sur le traitement indiqué et suivi ; nous ne pourrons, par consé- (juentjles rapporter ici que comme des faits curieux, présentant des exemples frappants de lucidité, et nous ne leur comparerons d’observations magnétiques qu’autant qu’il existera une analogie parfaite.

On a retrouvé à Rome, près du Tibre, une table de marbre contenant en langue grecque cinq inscriptions, dont nous citerons la suivante :

« Lucius, ayant mal au côté, et tout le monde désespérant » de son salut, le dieu (Esculape) lui a rendu cet oracle ; » qu’il vînt prendre de la cendre sur son autel, et que l’ayant » mêlée avec du vin, il l’appliquât sur son côté. Ce qu’ayant » fait, il a été guéri, a rendu grâce à Esculape, et le peuple )) l’a félicité de sa convalescence (i). »

Voici un lait qui paraît être complètement analogue à celui-là :

En 1854, à Turin, M. Danéri, atteint d’une tumeur au côté gauche, dont il souffrait depuis très longtemps, et que les médecins n’avaient pu guérir, vint nous consulter, et fut guéri; il nous laissa, par l’econnaissanee, l’attestation suivante :

« Je souhaite à M™« Mongruel tout le bonheur que méritent » les bienfaiteurs de l’humanité, et je la prie d’agréer l’ex- » pression de ma sincère reconnaissance pour m’avoir rendu » une santé que je croyais avoir perdue pour toujours.

» Maxime Danéri,

» Secrétaire au ministère des affaires étrangères à Turin. •

Les oracles conseillaient fréquemment l’usage de la magnétisation dans le traitement des maladies; eu voici un exemple curieux :

(1) Grulervs. Inscrip. antiq. — Leclerc. Histoire de la médecine part, i, page 61. — Sprengel. Hist. de la Méd., p. 138.

« Pendant que Vespasien était à Alexandrie, attendant les vents favorables pour s’embarquer, un homme connu dans la ville vint, obéissant à un oracle d’Esculape, le prier de vouloir bien toucher avec son pied une main dont il était perclus.

» Vespasien, d’abord, se mit à rire et à se moquer, mais cet homme redoublant ses instances, et les flatteurs faisant leur possible pour le convaincre de sa toute-puissance, Vespasien, ébranlé, mais craignant qu’on ne 1 accusât de présomption, ordonna aux médecins d’examiner si la guérison d’une telle paralysie n’était pas au-dessus de la puissance humaine. Les médecins ne le jugèrent pas ainsi ; alors, Vespasien, persuadé que la fortune lui avait donné une puissance sans bornes, en présence d’une multitude attentive qui l entourait, fitjce qu'on lui demandait, et aussitôt la main recouvra son usage (i). »

Nous avons dit, plus haut, que magnétiser c’est rayonner de sa vitalité au profit d’un individu qui l’absorbe; le seul mobile de ce rayonnement, c’est la volonté ; le seul conducteur de cette électricité vitale, c’est la pensée; le geste, 1^ regard et la voix sont des moyens propres à disposer l’esprit du magnétiseur, mais ils ne sont pas indispensables. Dans cette cure, on doit donc remarquer la cause qui est évidemment le magnétisme ; l’effet, qui est la guérison, et non la tormeou la manière de magnétiser qui est inusitée chez nous. Quoique certains magnétiseurs doués d’une grande puissance, mais surtout d’un enthousiasme sans bornes, aient prétendu amener l’habitude de magnétiser avec la canne, avec la botte, etc. ; le bon goût a fait justice de ces innovations.

S’il restait quelques doutes concernant l’intervention du magnétisme dans cette guérison, le fait suivant les détruirait complètement, car il présente une analogie complète.

Une dame âgée de 28 ans, avait depuis onze mois le bras gauche paralysé et le droit commençait à ressentir les atteintes

(1) Tacite. Histoires, liv. iv.

du même mal; elle vint consulter ; il lui fut prescrit le magnétisme et l’électricité qui furent appliqués immédiatement. Vingt minutes après elle était guérie !

Elle-même atteste ce résultat merveilleux et inespéré dans la lettre suivante ;

A Monsieur et Madame Mongruel.

Laissez-moi vous dire, monsieur et madame, combien je suis reconnaissante des bons soins que vous avez eus pour moi, et combien J admire la manière presque merveilleuse dont vous avez guéri mes pauvres bras, car ce que la médecine ordinaire n’avait pu faire en dix mois de traitements, vous l’avez produit en dix minutes. Merci, mille fois merci, car sans vous que serais-je devenue ?...

Paris, le 14 septembre 1850.

femme P

Rue de la Douane, 3. (1 )

Passons maintenant à un autre ordre de faits.

« J’envoyai quelqu’un, dit Crésus, pour demander à l’oracle de Delphes si j’aurais des enfants. Je ne pus d’abord obtenir de réponses, mais enfin il dit que j’en aurais deux. Ce qui n’a pas manqué de se réaliser (2). »

Nous serions fort embarrassé de qualifier cette faculté de l’oracle qui lui permet de voir et de dire longtemps à l’avance à une personne si elle doit rester stérile ou non, et dans ce cas, le nombre et le sexe des enfants qu’elle doit avoir. Estce seulement une prévision de l’avenir? Est- ce le résultat d’un examen médical ? Peut-être tous les deux. Quoi qu’il en soit, les somnambules ont prouvé maintes fois qu’elles possédaient cette faculté.

Extrait d’une lettre particulière.

» Dans une des soirées intimes que vous avez données aux » bains de Valdieri, à la fin de l’été dernier, vous avez dit.

H) Le Magnétisme militant L. P. Moiifcniel.

(2) Xénophon. Cyropédio, liv. xxii.

» endocmie, à !M'“« Rocca (qui, quoique mariée depuis » douze ans, n’avait pas encore d’enfants), (|ue l’année ne » s’écoulerait pas sans qu’elle en eût un et même un garçon ; » elle se trouve actuellement dans le dernier mois de sa gros- » sesse, et le chevalier Rocca espère que votre prédiction » s’accomplira entièrement.

D Arena Rartholomeo,

I) Propriétaire, rue Saiul-Tlioraus, 3, à Turin. »

Dans une lettre datée des Termes de Valdieri, la saison sui vante, M. le chevalier Rocca confirme ainsi la réalisation de cette prédiction ;

«r Madame,

» Vos prédictions de l’année passée sont déjà accomplies » au moins en partie. Ma femme est dans les derniers mois » de sa grossesse. Nous attendons à présent avec impatience » pour savoir si nous aurons un garçon. Dans ce cas, je serai » très heureux de vous remercier encore davantage.

» Veuillez agréer. Madame, etc.

» Chevalier Louis Rocca (i). »

Nous n’avons trouvé dans l’antiquité aucun exemple analogue à celui qui va suivre; cependant il présente un fait si curieux et si rare en médecine, il montre d’une façon si évidente l’utilité du concours du somnambulisme avec la médecine, dans les cas rares ou désespérés, que nous n’avons pu résister au désir de consigner ici l’attestation d’un témoin oculaire :

« Je suis heureux que la reconnaissance que je dois à » M“« Mongruel pour les consultations magnétiques et les

(1) M“' Piücca était atteinte depuis de longues années d’une clilo- I ose qui a tout d’abord été traitée et guérie pari es soins de Mongruel.

») soins, grâce auxquels elle a rendu la santé et la vie à une r pauvre enfant malade que je lui avais recommandée, me » fournisse l’occasion de lui témoigner solennellement la haute » estime et l’admiration qu’elle m’a inspirées.

» En observant les surprenants phénomènes que nous pré- » sente le magnétisme animal, j’ai la conviction profonde qu’il » peut et doit être employé par la médecine comme un puis- » sant auxiliaire. Si les personnes qui nient la puissance ma- » gnétique avaient pu assister à la cure merveilleuse que je vais » rapporter ici et dontj’ai été témoin, je crois qu’elles auraient » changé d’opinion, et que le magnétisme aurait acquis des dé- » tenseurs là où il ne trouve que des incrédules et des dé- » tracteurs.

» Giovannina Blandini, de Turin (enfant de 12 ans), portait » un jour à sa mère des tiges de jonc. Pendant le chemin, elle » s’amusait à casser, avec ses dents, des petits morceaux de ce » jonc qu’elle expulsait ensuite de sa bouche, par un souffle » violent et spontané. Par malheur, dans une des aspirations » violentes que ce jeu l’obligeait à faire, un des morceaux de » jonc lut entraîné par la colonne d’air et pénétra jusqilc » dans le poumon.

» Après les premières convulsions que l’enfant éprouva en » rentrant chezsamère, et sur sa déclaration qu’il luisemblait » a\o'\r avalé un morceau de jonc, on lui administra des vomi- » tils puissants, et bientôt elle parut soulagée.

» Cependant la respiration restait toujours pénible, et cette » difficulté s’augmenta de plus en plus ; on vit chez l’enfant » tous les symptômes d’une forte inflammation des voies respi- )) ratoires. Cela devint surtout effrayant à entendre la nuit; » l’enfant dormait d’un sommeil léthargique ; un râle strident » déchirait sa poitrine, et son corps à chaque aspiration .sc » soulevait par brusques saccades. La pauvre mère était au » désespoir, elle consulta plusieurs docteurs célèbres à Turin; » et comme cette femme éplorée leur manifesta sa crainte que » le morceau de jonc ne fût entré dans les poumons, on pro- » céda au sondage, et Ton n’en constata aucune trace ; les » médecins déclarèrent et soutinrent, qu’un corps étranger

» n’aurait pu séjoiivner aussi longtemps dans les voies res- » piratoires sans amener la mort par sulfoeation.

» On assLijétit la petite malade à des eures rafraîchissantes;

» on en vint aux sangsues, puis aux saignées, et toujours inu- » tilement.

» Cet état durait depuis vingt-cinq jours, la pauvre enfant » dépérissait sensiblement, elle était devenue d’une maigreur » extrême, et l’on pouvait déjà prévoir l’époque où la mort » apporterait un terme à ses souffrances.

» Enfin, le 1 4 juillet, je parvins à décider la femme Blandini » à conduire sa fille chez M”® Mongruel dont je connaissais » raimable obligeance et la lucidité surprenante.

» Mongruel, après avoir été endormie par le doc- » tour Borgna, médecin éclairé, déclara immédiatement que » l’état de l’enfant provenait de l’introduction et du séjour » d’un corps étranger dans les organes respiratoires.

» Le docteur lui fit la remarque qu’en faisant cette décla- » ration elle se trouvait en opposition complète avec les prin- » cipaux médecins qui avaient examiné l’enfant, qu’en outre » les sondages qu’on avait faits n’avaient amené aucun résul- » tat, qu’enfin il était évident qu’elle faisait erreur. Mais la B somnambule, persévérant dans sa première opinion, ajouta » que le corps étranger qui existait, était un morceau dé joue » d’toi cenlimèlre de longueur sur deux millimètres de lar~ » geur, à peu près, qu’il était établi dans le poumon gauche, » au-dessous de la jonction des bronches, où il restait accro- » clié aux tissus, par de petites griffes, qui étaient le résultat » de la cassure du bois, puis, la somnambule prescrivit un » traitement (i) que le docteur déclara parfaitement ra- » tionnel, et qu’il approuva en tous points; M™' Mongruel » assura que si l’on suivait ponctuellement ses indications, » l’enfant rejetterait bientôt le morceau de bois, sinon, ajouta

Cl) Aspiration de caniplire et baume de tolu dans l’éther cl le chlorofonne, application simultanée de fortes décharges électriques à la hase du pounion gauche, etc.

» la somnambule, si l’on persiste à traiter cette entant pour » une maladie inflammatoire, il lui reste peu de temps à » vivre, et dans ce cas j’exige que l’on fasse l’autopsie, atin » d’établir quides médecins ou de moi avait raison.

Il La pauvre mère, instruite par un secret pressentiment » de l’etticacite réelle des prescriptions faites par M™® Mongruel, » lit suivre rigoureusement ce traitement à sa petite fille, et, » effectivement, quelques jours après, l’enfant dans un accès )»de toux convulsive, provoqué par les remèdes appliqués, » rejeta le morceau de jonc qui se trouva parfaitement iden- » tique à la description qu’en avait fait Mongruel, en- » dormie.

» L’enfant est parfaitement rétablie aujourd’hui, et le mor- » ceaude jonc est encore en la possession du docteur Borgna. (i)

« Madame Mongruel ! puisse la reconnaissance d’une pauvre » mère à qui vous avez rendu une enfant chérie que la science )) était impuissante à sauver, compenseren partie, pour vous, » les chagrins et les persécutions que vous avez eu à souffrir » pour le magnétisme. Je voudrais aussi que l’estime et l’ad- » miration des personnes qui vous connaissent et ne peuvent » que vous estimer, puissent vous dédommager des peines que )) vous devez avoir pour combattre et vaincre les obstacles » que les malveillants, les ignorants et les incrédules se plai- » sent à jeter sur votre route. Sans lutte il n’y a pas de vertu, » sans combat il n’y a pas de victoires, et la science magné-

» tique pour qui vous luttez vous devra de nouveaux triom- » plies.

» Daignez, madame, agréer cette déclaration, faite en mon » àme et conscience, comme un hommage que je me plais à » vous offrir publiquement de mon estime et de ma recon- » naissance.»

Turin, le août 1856.

Alphonse Fadssonede Clayesana,

Gentilhomme chambellan de S. M. la feue Reine de Sardaigne.

(1) Led. cleur Dorgna demeure 28, via liurgo Nuovo, à Turin.

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