ASIE MINEURE
Les anciens donnaient spécialement le nom d'Asie à l'étroite vallée du Caïstre, fleuve d'Ephèse. L'appellation s'étendit rapidement vers Test avec les découvertes des voyageurs : de proche en proche elle a fini par s'appliquer au plus vaste des continents. Toutefois la presqu'île qui s'avance entre Méditerranée et Pont-Euxin garda aussi ce nom et, dès le commencement de l'ère vulgaire, pour la distinguer de l'Asie 0 profonde» ou Asie Majeure, on la qualifiait de « Mineure ». Le nom d'Anadoli ou Anadolu que lui donnent les Turcs n'est autre que l'Anatolie des Grecs, synonyme de l'expression vague des Occidentaux : « Orient » ou « Levant » .
La péninsule anatolienne constitue le massif le plus avancé que l'Asie prolonge vers l'Europe. Mais on pourrait dire également de son relief qu'il commence à l'orient les montagnes européennes. En effet, les deux systèmes se rencontrent, se mêlent en ce point. Le plateau central est terre d'Asie par son aspect et s'appuie à Test aux hauts massifs arméniens dont il est le prolongement occidental. Puis il s'emboîte dans le «fer à cheval» des vallées côtières, européen par la variété de ses apparences et réuni par des plateaux sous-marins, à l'ouest et au nord-ouest, aux archipels et aux presqu'îles de Grèce et de Turquie orientale. D'ailleurs l'Anatolie participe à la vie des deux continents, non seulement par sa géographie, mais encore par sa population et son histoire. Elle fut de tout temps le lieu de passage forcé entre l'Europe et l'Asie.
ASIE ANTERIEURK
Limitée au nord par le Pont-Euxin et la Propontide, aujourd'hui mer de Marmara, à Touest par la cassure du golfe de Saros et les dépressions qui s'ouvrent à l'occident de Lemnos,de Psara, de Patmos et de Rhodes, au sud par la Méditerranée et à l'est par l'Euphrate, l'Asie Mineure, quoique participant de deux systèmes, forme pourtant un massif bien entier. C'est un plateau de i ,000 mètres d'élévation moyenne, ayant la forme d'un rectangle, large de 5oo à 700 kilomètres et dont le grand axe, d'environ i,!Oo kilomètres, suit la direction des parallèles : ce plateau s'incline d'une pente régulière vers le nord-ouest. Les massifs puissants de l'Anti-Taurus^du Taurus Gilicien et des monts de Lycie, qui s'avancent en forme de nœud semi-circulaire dans les eaux de la Méditerranée, le bordent au sud. Sur son versant septentrional les chaînes s'alignent parallèlement au rivage de Pont-Euxin : quelques-unes atteignent une grande hauteur, mais le socle qui les porte ne forme d'ourlet bien saillant que dans la région comprise entre les basses vallées du Kizil Irmak et du Sakaria.
La partie de l'Anatolie qui s'étend entre les monts du Taurus Gilicien et les chaînes septentrionales formait autrefois un lac immense qui s'écoulait par le courant du Sakaria. Des lacs saumàtres et salins, couvrant en certains endroits des espaces considérables — le Tùz T cholû par exemple — sont les restes de cette vaste mer intérieure. Le sol des steppes qui remplacent aujourd'hui la nappe liquide, est encore composé d'argiles bleuâtres imprégnées de sels amers magnésiens. Les dépôts de sel sont aussi très considérables.
C'est dans le voisinage de cette dépression que se sont fait principalement jour les roches éruptives. Une chaîne volcanique s'aligne parallèlement à la branche orientale du Taurus Cilicien dont elle est séparée par des cavités lacustres et marécageuses. Ses manifestations les plus imposantes ont eu lieu précisément dans l'angle que forment les montagnes bordières lorsqu'elles se séparent pour entourer le plateau central. D'après Hamilton, ce serait surtout aux époques secondaire et tertiaire que les volcans de cette rangée auraient été en pleine activité.
De l'autre côté du plateau, vers la région du Murad dagh et de l'Ak dagh, centre de rayonnement des chaînes et des vallées, et dans le fouillis des montagnes qui descendent vers l'occident, les roches volcaniques se sont également fait jour. Les cartes les indiquent comme