‹ Les volcans de la terreChapitre 11 sur 28 · ASIE MINEURE · texte numérisé non relu

ASIE MINEURE

étant généralement de nature trachytique, doléritique et serpentineuse, mais les volcans qui s'élèvent dans le voisinage de Kula, où ils forment la région remarquable que les anciens appelaient Katakekaumenè, le ft Pays brûlé», ont rejeté surtout du basalte; ils ont, d'après Philippson, l'apparence la plus moderne.

Gypre. Bien qu'isolée à plus de loo kilomètres des rivages anatoliens, l'île de Gypre appartient au massif de l'Asie- Mineure. Un plateau sous-marin la rattache au nord-est à l'Anatolie : de tous les autres côtés, la mer s'abaisse rapidement jusqu'à i,ooo mètres et davantage. Massif de 9,180 kilomètres carrés de superficie, Gypre est par la grandeur la troisième île de la Méditerranée; on doit la considérer comme une dépendance géographique de la Gilicie, et néanmoins la traiter à part, vu sa nature insulaire et le voisinage de la Syrie. Si la double chaîne qui constitue le relief de Gypre était prolongée dans la direction de Test-nord- est, elle rejoindrait les arêtes de TAmanus et des montagnes voisines, qui ont une même orientation. La flore et la faune sont identiques dans les deux régions et les naturalistes en infèrent que vers la fin de l'époque tertiaire il y eut jonction entre la pointe nord-orientale de l'île et la partie septentrionale de la Syrie.

L'arête étroite qui forme l'ourlet septentrional de Gypre et qui s'avance comme une longue « corne » vers le golfe d'Alexandrette est composée de roches sédimentaires. L'autre chaîne, plus massive et plus élevée, occupe toute la partie méridionale de l'île. On lui donne le nom général de Troodos mais elle est plus connue sous l 'appellation d'

Olympe, c'est-à-dire « Brillant » comme tant d'autres monts vénérés des Grecs. Elle s'élève jusqu'à 2,000 mètres par ses pics les plus hauts. L'Olympe est un massif de roches ignées (serpentines, euphotides, ophitones, aphanites) qui a percé et redressé les couches de marnes blanches, de gypses, de calcaires grossiers et de sables, formations crétacées, éocènes et myocènes, qui s'étendent à sa base. [ALBERT Gaudry.] Les strates inférieures se sont modifiées aux lignes de contact. Les gisements de métaux divers sont nombreux, notamment le cuivre dont le nom dérive de celui de l'île. En maints endroits le sol est couvert de scories provenant des exploitations antiques.

— lO! —

ASIE ANTERIEURE

Le vaste plateau qui forme la racine de TAnatolie s'élève à 1,400 mètres d'altitude moyenne. Quelques chaînes importantes se dressent à plusieurs centaines de mètres sur le socle : ce sont les crêtes qui prolongent les monts d'Arménie vers le sud-ouest et les rattachent à ceux de la Cappadoce et de la Cilicie. En quelques endroits les roches volcaniques ont percé ces massifs composés en grande partie de calcaires, de schistes, de grès et de marnes.

Les montagnes d'entre Djihun et Euphrate, qui s'élèvent au sud de ce plateau, dont elles forment un puissant contrefort, alignent leurs arêtes crétacées du nord-est au sud-ouest, unissant les chaînes du Taurus arménien à celles de la Syrie septentrionale. Plusieurs monts y dépassent 3, 000 mètres, au sud de Malatia et d'Albistan, mais le niveau général du sol s'abaisse rapidement vers le sud jusqu'au seuil d'entre Antioche et Alep. Les noyaux de dolérites sont nombreux et assez considérables. La charpente du Ghiaour-dagh, prolongement septentrional de rAmanus,est composée en grande partie de granit.

A l'ouest entre Hadjin et Zeitun, le Kermes-dagh et le Baradundagh,qui forment le rebord du plateau au-dessus des plaines du Djihun inférieur, sont presque entièrement formés de serpentine.

L' Anti-Taurus limite au sud-ouest le plateau cappadocien . Ses massifs primaires, plus spécialement dévoniens, hauts de 2, 5oo mètres, de 3, 000 et même davantage, forment l'origine orientale de la chaîne remarquable, qui se recourbe en croissant gigantesque au sud du plateau central. La simplicité et la régularité de la formidable muraille avait déjà été bien comprise des Anciens et, de tous temps, on la désigna sous le nom de « Taurus » : quelques autres chaînes, il est vrai, du diaphragme montagneux qui s'étend de la Carie à l'Arménie orientale portent également ce nom, mais leur importance est secondaire et pour les distinguer du Taurus proprement dit, on leur donne généralement le nom des régions où elles se trouvent, Lycie, Arménie, etc. Partout de belles forêts recouvrent les versants et les contreforts du Taurus, et sur les hauts plateaux les nomades -conduisent leurs troupeaux vers les pâturages d'été.

L'Ala-dagh (3, 000 mètres) et le Bulghar-dagh (3,5oo mètres) qui lui fait suite, sont les deux massifs principaux du Taurus. Bien que le granit apparaisse dans leur partie centrale sur le versant nord où il forme l'Utchkapu-dagh, les deux montagnes semblent presque exclusivement composées d'assises éocènes auxquelles s'appuient

ASIE MINEURE Taurus

d'un côté les calcaires et les sables blanchâtres du plateau central, de Tautrc, les dépôts myocènes de la Cilicie champêtre. L'Ala-dagh et le Bulghar-dagh ont été ouverts par des masses de serpentine sur leurs versants orientaux, de dolérite et de porphyre sur les côtés tournés vers le plateau central d'Anatolie.

C'est leur situation à l'angle de la Méditerranée, dans le prolongement de la vallée de TEuphrate vers les grandes voies de TAsie Mineure, qui fit la valeur stratégique de ces monts. De même que plus au sud-est les armées devaient s'ouvrir les diverses portes de TAmanus, de même il leur fallait conquérir le passage à travers le Taurus : la porte cilicienne principale est un étroit défilé, de nos jours peu redoutable, situé au nord de Tarse, au sud de la ligne du chemin de fer trans-anatolien.

Les assises de craie, de calcaires blancs et bleus et de marnes diverses qui composent TAla-dagh et le Bulghar-dagh se poursuivent vers l'ouest, puis le nord-ouest, gardant à peu près une même élévation. Dans le Geuk-dagh isaurien (3,î3o mètres), ainsi que dans le Sultan-dagh et l'Emir-dagh phrygien, elles se mêlent aux calcaires cristallins, aux talcschistes et aux chloritoschistes.

Quelques chaînes s'alignent dans le vaste désert qui occupe le plateau de l'Anatolie centrale, mais leur faible relief tranche à peine sur l'uniforme étendue des steppes.

La région éruptive qui occupe la partie orientale de ce plateau et où se dresse l'Argée est la plus étendue de l'Asie Mineure : c'est un des systèmes volcaniques les plus vastes qui soient dans le monde. Il a la forme d'un ovale assez régulier, n'ayant pas moins de 170 kilomètres de long sur près d'une centaine de largeur. Le Kizîl Irmak et le Zamantia-Su en forment les limites septentrionale et orientale, il s'étend au sud jusqu'aux contreforts septentrionaux de l'Ala-dagh, englobe la chaîne du Hassan-dagh au sud-ouest et s'arrête à l'ouest aux pieds des montagnes qui se dressent entre le Tuz Tcholii et le Kizîl Irmak. Les trachytes et les tufs trachytiques interviennent pour la plus grande part dans la composition du sol ; ils constituent les volcans ; en certains endroits ils forment des assises prodigieuses ; en d'autres points leur diversité de couleur et d'aspect est véritablement merveilleuse.

— io3 —

ASIK ANTERIEURE

Les montagnes percées de cratères ; les vallées et les plaines, au sol composé de larges assises, ou pavé de dalles épaisses; les plateaux découpés et terminés en falaises abruptes; les bosses volcaniques, admirables de régularité ou hérissées de pointes, alignées le long d'une fente, groupées sur un ourlet du sol ou parsemées dans les plaines comme des archipels : toutes ces formations, blanches, noires, rouges, vertes, auxquelles se mêlent des galets trachytiques et des traînées de pierres ponces, montrent aux yeux des voyageurs, des paysages à chaque instant nouveaux et sont pour le géologue d'un intérêt capital . Aux environs d'Urgub les masses éruptives, sculptées par les éléments, ont pris les formes les plus fantastiques, colorées ici d'une même teinte nuancée à l'infini, épuisantplus loin toute la gamme des couleurs. Des grottes en quantité innombrable, demeures humaines, tombeaux ou sanctuaires, ont été percées à la base de ces rochers dont les plus hauts atteignent une centaine de mètres. Ces cavernes, dont on retrouve des exemples en nombre de points de l'Asie Antérieure, furent certainement habitées par les anciens aborigènes.

Un des aspects les plus curieux de tout le domaine éruptif est celui que présentent les longues cassures ouvertes dans le trachyte ou le tuf et que Tchihatcheff appelle des o vallées volcaniques ». Ce sont des a couloirs », aux parois verticales admirablement régulières, se terminant par des corniches taillées en colonnes ou en prismes. D'après le géologue russe, leur formation ne peut être attribuée au retrait de la masse fluide qui se refroidit, les parois lisses ne montrant aucune trace de déchirement. Ces gorges sembleraient s'aligner de préférence du nord-ouest au sud-est. Quelque blanc village arménien, entouré de verdure, s'y blottit généralement; contraste délicieux avec les sombres murailles qui le dominent.

Le plus important massif de ce système est 1'

Argée*, l'Argeus des Anciens, que l'on appelle aussi Argich, Erdjich, Erdjas, etc. 11 se dresse dans la partie nord-orientale. Le socle sur lequel repose la montagne est très élevé : parmi les plaines marécageuses qui l'entourent, celle de Kaïsarieh, au nord, atteint 1,000 mètres d'altitude et c'est la plus basse. La masse de la montagne couvre une surface circulaire d'environ i ,000 kilomètres carrés. Elle s'élève assez régulièrement en larges gradins, en puissants contreforts couverts de nombreux cônes adventifs et de coulées de

ASIE MINEURE Argée*

roches fondues, jusqu'à 4,000 mètres d'altitude. C'est la plus haute cime de l'Asie- Mineure. Un profond cratère, à parois abruptes, ébréché au nord-est et dominé au sud par deux hautes aiguilles, se creuse au sommet du volcan.

Les neiges qui remplissent les crevasses divergentes et s'accrochent aux aiguilles font à la montagne une blanche collerette dont les traînées se mêlent avec les couches de scories rougeàtres. Au printemps, quand a lieu la fonte des glaces, des avalanches se précipitent du sommet, rendant l'ascension périlleuse. Les neiges disparaissent complètement du versant méridional en été, mais il en reste toujours dans le profond cratère où elles forment même de petits glaciers. Les traces d'une moraine dans la plaine septentrionale indiquent que les fleuves de glace s'étendaient antérieurement beaucoup plus bas. [Hamilton.]

Aujourd'hui le volcan semble complètement éteint. Mais l'aspect de ses scories, de ses cheires et de ses cratères est celui que présenterait un foyer à peine refroidi. Strabon parle d'ailleurs de flammes qui jaillissaient fréquemment de la plaine « minée par un feu intérieur )). Au Ve siècle de l'ère vulgaire, Glaudien décrit les « sommets embrasés » de l'Argée et des monnaies retrouvées dans les environs de Kaisarieh représentent la montagne en éruption. Les tremblements de terre se font encore sentir dans la région avoisinante et les indigènes racontent des légendes ayant rapport aux esprits infernaux qui vivaient dans la montagne, f

Un cône puissant, 1'

All-dagb, se dresse sur un plateau assez élevé à 8 kilomètres au sud-est de Kaïsarieh. Une chaîne de petites collines régulières et bien alignées, le rattache au versant nord-oriental de l'Argée, dont il n'est, en somme, qu'un cône secondaire. 11 a conservé deux cratères distincts. Quelques roches basaltiques se mêlent au trachyte à pâte grise qui le compose.

Du côté méridional, au nord de la ville d'Everek, la plaine qui s'étend au pied de l'Argée est également hérissée de collines, trachytiques pour la plupart. Parmi elles le

Kamy Yarak, le « ventre ouvert », le « mont éventré », ouvre au nord-est un cratère relativement si vaste que le petit cône semble entièrement évidé. [TCHIHATCHEFF.]

— io3 —

ASIE ANTÉRIEURE Le volcan le plus important après l'Argée est le

Hassan-dagh. massif terminé par quatre cônes. Le plus saillant atteint 2,400 mètres d'élévation au-dessus de la mer. Il faut probablement l'identifier avec le sommet que les voyageurs disent être hérissé de mamelons et sillonné de crevasses et d'où trois coulées de lave se seraient épanchées au sud-ouest; elles s'arrêtent au pied même du cône. Hamilton parle d' « une coulée considérable de lave noire vésiculaire » qui se serait déversée d'un des cônes à une époque encore récente, mais il n'en spécifie pas l'emplacement.

Le Hassan-dagh forme le pilier occidental d'une chaîne qui s'étend vers l'Ala-dagh. Il se prolonge à l'est par le

Yeschil-dagh. presqu'aussi élevé, mais aux contours plus arrondis, quoique cependant en nombre d'endroits il se dresse en remparts abrupts, en parois hérissées de masses prismatiques. Les deux massifs ont même composition. Ils sont formés de trachytes sombres, bruns et rouges, ressemblant beaucoup à ceux de l'Argée, sans en avoir l'aspect basaltoide : « la texture poreuse de leurs roches rappelle les laves modernes, les scories et les pierres ponces ». [TCHIHATCHEFF ]

Plus à l'est encore la crête volcanique s'abaisse. Elle est formée par r

Adumassum-dagh; le

Menendech-dagb ; le

Dlrmussen-dagh, séparés les uns des autres par des gorges profondes. La route de Nidgé à Kaïsarieh passe entre ces monts et les roches granitiques de l'Utchkapu-dagh qui appartient aux chaînes du Taurus.

Une chaîne parallèle à cette rangée volcanique s'aligne à une vingtaine de kilomètres au nord. Elle est formée de trachytes blanchâtres, de conglomérats et de tufs disposés en massifs et en couches gigantesques que dominent des pointes et des aiguilles et que découpent des « vallées volcaniques ».

' Quelques basaltes, dolérites et autres roches éruptives se rencontrent dans le système volcanique de l'Argée et du Hassan-dagh; mais ce ne sont là que des accidents locaux. Toutefois les coulées de laves doléritiques et porphyriques, qui s'étalent à l'ouest de Nevshehir

ASIE MINEURE Hassan-dagb, Karadja-dagh

sont assez considérables. Les masses coniques, avec cratère au sommet, qui se voient dans les environs ont probablement été les centres d'émission. C'est également de ce côté que Tchihatcheff signale l'existence des plus puissants dépôts de pierres ponces qu'il ait rencontrés en Asie Mineure.

La région de l'Argée et du Hassan-dagh se poursuit par lemassif du

Karacija-dagh, qui semble s'allonger sur une soixantaine de kilomètres au sud-ouest du Hassan-dagh. Sa largeur dépasse 20 kilomètres à peine. A l'est il se termine en remparts abrupts dans la dépression marécageuse que traverse le Kisildja-Su. Le lac salé de Karabunar le borne au sud-ouest. De ce côté seulement la montagne et la plaine qui lui fait suite vers le sud-ouest sont bien connues. Des collines volcaniques se dressent en quantité innombrable sur les flancs du mont et le long de la route de Karabunar à Eregli : elles semblent avoir rejeté surtout de la cendre.

L'une d'elles, la plus élevée, située au sud de Karabunar, est un cône de trachyte : elle a émis quelques coulées de lave. C'est peut-être la formation la moins ancienne du groupe. Son cratère à fond plat bien cultivé est large d'un demi -kilomètre. Une butte trachytiquc de forme conique se dresse au centre jusqu'au niveau du bord de la cuve extérieure [Hamilton].

Un autre petit massif, à 8 kilomètres au sud-est de la ville, offre une disposition peut-être unique au monde. C'est un cratère bien conservé, dans lequel se dresse un petit volcan. La cuvette extérieure est profonde d'une vingtaine de mètres ; les bords assez relevés, sont formés de tuf blanc et de trachyte. Au milieu du bassin, la masse régulière de la butte intérieure allongée du nord-est au sud-ouest élève à une centaine de pieds un large cratère ovale, dont le bord au nord-est se relève et se rejette en pointe vers l'extérieur; cette butte est en grande partie composée de cendres noires et de trachyte à pâte foncée. Entre sa base et le cratère extérieur un lac remplit la dépression annulaire. En été il se couvre d'une épaisse couche de sel, que les habitants des environs exploitent activement [AïNSWORTH, TCHIHATCHEFF].

La longue rangée des volcans se continue et se termine par le massif régulier du

ASIE ANTERIEURE

Kara dagh, le « Mont noir», ainsi nommé sans doute à cause de la couleur sombre de ses roches (trachytes à cristaux d'oligoclase et de mica magnésien) entourées de calcaires. 11 se dresse isolé, au nord de Karaman ; la grande chaîne du Taurus décrivant sa courbure méridionale limite son horizon au sud. Le « Mont noir » n'est pas très élevé; son ascension se fait sans grande difficulté. De nombreux cônes secondaires, généralement percés de cratères, se dressent pittoresquement sur ses flancs. De loin la montagne paraît terminée par une ouverture cratériforme centrale, dont le bord méridional serait éboulé- Mais les voyageurs ne signalent sur les versants du massif, ni traces de coulées, ni dépôts importants de tuf. Ses fourrés épais en font une oasis dans le désert monotone et nu qui l'entoure.

A l'ouest du domaine volcanique de l'Argée et du Hassan-dagh, la chaîne qui se dresse entre le Tuz Tchôlù et le Kizîl Irmak est probablement presque entièrement formée de roches syenito-granitiques d'époques diverses, mais qui semblent postérieures aux dépôts éocènes qu'elles ont disloqués et modifiés aux points de contact. Le

Ko^Ja-dagh et le

Sarlbulak-dagh qui le prolonge au nord-ouest, et d'autres massifs moins importants forment les arêtes les plus saillantes du système. Ce sont des hauts plateaux accidentés, peu boisés, mais revêtus de pâturages admirables qui sont les Ydila, c'est-à-dire les campements d'été les plus recherchés des nomades de l'Asie Mineure. Alors que les chaleurs estivales rendent inhabitables les plaines et surtout les régions avoisinant le désert, une délicieuse fraîcheur règne sur ces contrées salubres. Nul doute que le Kodja-dagh et les massifs voisins ne deviennent des lieux de villégiature importants, lorsque le reflux de la civilisation européenne vers l'Orient aura gagné l'Asie Mineure.

La roche syenito-granitique reparaît également dans quelques massifs, faisant face au Kodja-dagh de l'autre côté du Kizil Irmak.

Le foyer intérieur s'est ouvert en quelques autres points du grand plateau. A l'ouest du Tuz Tcholû, un grand nombre de petites collines remarquables se dressent autour du Murad-Su; elles paraissent être composées essentiellement de « basanite » [AINSWORTH].

A moins d'une centaine de kilomètres au nord de ce groupe, la longue arête d'un autre

— io8 —

ASIE MINEURE Kara dagb, Djikhé dagh

Karadja-dagh aligne ses cônes et ses dômes aux pentes arrondies sur près de 40 kilomètres de Test àTouest, sur moins de 10 du nord au sud.' La chaîne est composée de serpentine à teintes variées. Les plus hauts pics dépassent le plateau de 4 ou 5oo mètres à peine.

Enfin aux pieds des versants orientaux des chaînes qui forment la branche occidentale du Taurus, deux champs volcaniques, à peu près semblables à ceux qui environnent l'Argée et formés d'ailleurs des mêmes variétés de trachyte que celles du géant cappadocien, s'étendent sur environ 5oo kilomètres carrés chacun. L'un de ces champs, situé entre Konia et le lac Soghla,est creusé d'une gorge remarquable. Cette cassure, serpentant du sud-ouest au nord-est, n*a pas moins d'une lieue de longueur. Un petit ruisseau bondit au fond, entre les sombres parois de trachyte, formées de hautes et svcltes colonnes ou de couches disposées horizontalement. Au delà des corniches, des tours, des flèches des dômes de roches volcaniques diversement colorées limitent l'horizon.

Le second champ volcanique se trouve à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Konia, autour du beau village grec de Zilleh. Le

DJlkhné-dagb, le « Mont des Nerpruns» (Rhamnus infectorius), y dresse deux cônes puissants couronnés de colonnes eurétiques et couverts de nappes de la même roche, ayant l'aspect de coulées. D'autres cônes, de moindre importance, se dressent en foule de toutes parts, séparés par des amoncellements de scories boursouflées et tordues, des nappes horizontales de lave, des dépôts de conglomérats et de tufs volcaniques.

Les mouvements orogéniques ont certainement été considérables dans la région qui s'étend immédiatement au sud-ouest du plateau central. Les chaînes, semblables aux branches d'un éventail, divergent d'un même point situé aux environs d'Afiun-Karahissar vers la Cilicie, la Pamphilie et la Lycie. Du plateau chaotique de Phrygie, se dégagent deux rameaux principaux; l'un au sud-est, formé par les massifs puissants du Sultan-dagh et du Haïdar-dagh, prolongements occidentaux du Taurus cilicien; l'autre, au sud-ouest, constitué par le plateau de Lycie sur lequel s'alignent de nombreux massifs de 2,000 mètres d'élévation moyenne; quelques-uns, l'Ernezdagh et les deux Ak-dagh, atteignent respectivement 2,600, 3,045,

ASIE ANTERIEURE

3,200 mètres d*altitudc. [H. KlEPERT.] Deux ou trois chaînes séparées par les vallées profondes de l'Ak- su et du Kopru- su occupent Tangle formé par ces deux rameaux puissants. Ces arêtes secondaires s'alignent dans la direction du sud et viennent s'arrêter assez brusquement au-dessus des plaines pamphiliennes, que baignent à plus de 100 kilomètres dans les terres, les flots du golfe d'Adalia.

Les dépressions intermédiaires à ces plis divergeants sont occupées par des nappes lacustres, parfois considérables, bassins fermés, communiquant entr'eux, ou déversant le trop plein de leurs eaux dans les rivières par des canaux souterrains. Plusieurs de ces lacs subissent des variations considérables dans leur niveau. En Lycie occidentale des assises plus ou moins vastes de terrain pliocène lacustre et des dépôts quaternaires tapissant les vallées, montrent encore l'emplacement de bassins disparus. [TCHIHATCHEFE, SpraaT et FORBES.]

Les calcaires, les marnes et les grès qui constituent le sol de la Pisidie, de la Lycie et de la Pamphylie appartiennent très probablement aux formations éocènes; ils renferment surtout des numulites. En plusieurs endroits les éruptions de roches ignées les ont modifiés dans leur texture et leur disposition.

Au sud d'Afiun Karahissar, la région montagneuse est formée sur plus de 1,000 kilomètres carrés par le massif sauvage et aride du

Khaldyr-dagh composé de cônes et de remparts de tufs trachytiques. à strates tantôt horizontales, tantôt redressées. L'une des vallées qui le limitent, celle qui s'ouvre à l'ouest, étroite mais longue de près de 25 kilomètres, est sillonnée de traînées de scories noires et de coulées de trachyte. Elle sépare du Khaldyr-dagh d'autres massifs éruptifs dont l'un serait un « volcan m. H. Kiepert (Spécial karte von westlichen Kleinasien) l'indique comme percé d'un cratère admirablement circulaire, large de 8 à 900 mètres de diamètre.

Dans la plaine unie où Afiun Karahissar groupe ses édifices, surgissent en quantité des bosses, des pyramides, des cônes volcaniques aux formes variées. Le nom par lequel les Anciens désignaient la ville, Léontocéphale, la « Tète de Lion », serait dû à l'aspect que présente une des pyramides de trachyte qui la dominent. C'est une masse colossale, haute de 200 mètres, couronnée par les ruines d'une forteresse seldjucide probablement édifiée sur des substructions plus

ASIE MINEURE Kbaldyp-dagb, Chimère

anciennes [G. Radet]. Cette énorme masse éruptive est peut-être la même que celle signalée par Tchihatcheff et qui offrirait dans sa partie septentrionale des traces de cratère.

Une région éruptive, non moins vaste et non moins curieuse que celle qui se dresse au sud d'Afiun Karahissar, mais plus boisée toutefois, s'étend vers le nord-est, formant la partie septentrionale de rÉmir-dagh. Le trachyte dont elle se compose se distingue par la grande diversité des minéraux qu*il contient.

Quelques autres noyaux de trachyte se rencontrent vers le sud, mais ce sont surtout les serpentines qui représentent les roches éruptives sur les plateaux pisidien et lycien. Elles occupent un espace considérable au nord-ouest de Tefenni. Dans la chaîne qui domine à l'ouest le golfe d'Adalia elles apparaissent en groupes sporadiques. Un massif serpentineux qui a percé le calcaire de cette chaîne, au sud du Taktalu, est bien connu par les émanations volcaniques qui s'en dégagent. Les Anciens le désignaient sous le nom de

Chimère. Aujourd'hui les Turcs l'appellent Yanartach, la a Pierre brûlante ». Des gerbes de gaz enflammés jaillissent des fissures de la roche à quelques centaines de mètres dans la montagne. D'après certains voyageurs le jet principal s'élance à plusieurs pieds de hauteur; d'autres surgissent d'une dépression cratéri forme dont le fond est rempli d'eau sulfureuse. D'ailleurs les sources de feu se sont souvent déplacées, les unes se sont éteintes, de nouvelles se sont formées. Ces phénomènes, assez communs dans certaines parties du monde et notamment dans les Apennins, offrent ici une constance remarquable. Leur activité fut signalée dès la plus haute antiquité. Homère, Hésiode même, en parlent comme d'un monstre effroyable vomissant les flammes par une multitude de gueules. Autour des sources de feu la roche n'indique pas de température anormale, la végétation avoisinante ne semble pas avoir souffert. Les restes d'un temple s'élèvent dans les environs.

Sur le versant occidental du plateau pisidien, à l'est de Karayuk Basar et au nord du massif serpentineux de Tefenni. Tchihatcheff signale une roche éruptive particulière, formant les plateaux pittoresques qui bordent le lac de Salda. Elle se rapproche beaucoup des dolentes, qui en diffèrent toutefois par la présence du labrador et de la magnésie et par l'absence d'amphibole que remplace le pyroxène.

ASIE ANTERIEURE

Le savant russe lui a donné le nom de « muglalite », les masses les plus importantes qui forment cette roche apparaissant surtout dans la vallée supérieure du Tchinar-tchaï, au nord de la ville de Mugla en Carie.

A Touest des plateaux pisidien et lycien, la région s'abaisse vers la mer Egée. Les deux massifs du Baba-dagh et du Sandiras-dagh, encore appuyés au plateau, y atteignent cependant 2,370 et 2,987 mètres d'altitude. La Carie se prolonge au loin dans la mer par des presqu'îles noueuses et déchiquetées et par des plateaux sous-marins dont les cimes élevées émergent en archipels au-dessus des eaux. Un volcan actif, l'île Nisyros, occupe précisément l'angle sud-ouest de la péninsule anatolienne, mais quoique voisin de l'Asie Mineure, il appartient sans nul doute à la rangée des volcans insulaires qui bordent au nord la dépression de la mer de Candie. C'est probablement à l'activité des forces souterraines dont le Nisyros est la manifestation, qu'il faut attribuer les changements de niveau qui ont affecté toute la côte de l'Anatolie sud-occidentale. Que de villes qui autrefois s'élevaient riches et glorieuses aux bords des flots se trouvent maintenant, ruinées et désertes, à 10, à i5 kilomètres à l'intérieur des terres! Des lacs qui autrefois communiquaient avec la mer ne sont plus aujourd'hui que des étendues marécageuses, limitées de toutes parts. Près de Makri on a trouvé un sarcophage rongé jusqu'au tiers de sa hauteur par les animaux marins : après avoir baigné dans les flots, il se retrouve de nouveau sur terre ferme. (SpratT et FORBES.)

Les montagnes cariennes, très arides en général, sont surtout formées de roches primaires , calcaires noirs et micaschistes. Les variétés des formations tertiaires s'y rencontrent aussi dans le creux des vallées et elles constituent probablement toute la péninsule dont Cnide occupe le bord occidental. Toute la côte septentrionale du golfe de Rhodes est bordée par des collines de serp)entine et quelquesuns des massifs qui dominent à Test la ville de Makri appartiennent à la même roche éruptive. Au nord-ouest de la région, le gneiss montre des formations très pittoresques sur le versant sud-oriental du Latmos, le Beschparmak des Turcs, et la basse vallée du Tchinar-tchaï ; il forme également le noyau de la péninsule d'Halicarnasse et les veines de matière fondue qui y sont injectées, ont transformé en beaux mar-

ASIE MINEURE PagUS

bres blancs les calcaires qui entourent la presqu'île. [Paton et Myres]. Au sud-ouest de l'île de Samos une île plus petite, Patmos, est un rocher volcanique déchiqueté par les eaux de la mer.

Au delà du Méandre, les deux belles chaînes du Mesoghi et du Tmolus, probablement composées de micaschistes et de calcaires, dressent leurs arêtes régulières à une altitude moyenne de 1 ,000 mètres au-dessus des vallées célèbres du Méandre, du Caistre et du Hermos qui les limitent : le plus haut pic du Tmolus atteint pourtant 2,000 mètres. L'Ak-dagh qui réunit les deux rangées de montagnes dans leur partie orientale est un massif de gneiss, semblable à ceux de la Carie et s'y reliant probablement sous les alluvions qui tapissent la plaine du Méandre. Dans la partie occidentale du Tmolus, des assises crétacées, des marnes, des calcaires, des grès éocènes de formation lacustre prolongent la chaîne vers la presqu'île érythréenne. Au sud même de Smyrne, dans la masse conique du

PagUS. ces dépôts ont été percés par le trachyte encore en fusion. La butte volcanique s'élève à quelques centaines de mètres d'altitude. Les fortifications du moyen-àge, dont on voit encore les restes sur le sommet du cône, avaient été bâties sur les fondements d'une antique acropole.

Les foches volcaniques se poursuivent à quelque distance à l'ouest du Pagus. En certains endroits, elles s'avancent en falaises abruptes dans le golfe de Smyrne. Au nord de la ville, elles affleurent dans toute la partie occidentale du Yamanlar-dagh alternant avec les calcaires, et Hamilton y, a relevé une traînée de tuf trachytique ayant l'aspect d'une ancienne coulée de lave. Mais ce ne sont là que des éruptions sans grande importance et l'on s'étonne qu'en ces lieux d'effroyables tremblements de terre renversèrent les cités et «dévorèrent» le mont Sipyle, d'après ce que rapportent les anciens auteurs.

D'autres masses de roches ignées se rencontrent dans la presqu'île qui s'avance à l'ouest du Tmolus, entre les golfes de Smyrne et de Scala-Nova, et plus à l'ouest encore, dans l'île de Chio. Près de Tchesmeh, au-dessous de la région érythréenne, se voit un petit cratère. L'énergie volcanique du sol se manifeste encore de nos jours, dans cette région, par de fréquents tremblements de terre, l'apparition et la disparition subites de sources thermales abondantes. Les secousses de 1881 écrasèrent près de 6,000 personnes sous les ruines de la ville de Chio.

— ii3 —

ASIE ANTERIEURE

Au nord-est du Tmolus, par delà la vallée de rAlachehr-tchaï, s étend la plus vaste et la plus importante contrée basaltique de l'Asie Mineure et, comme le dit Tchihatcheff, !'« une des plus remarquables que l'on connaisse aujourd'hui dans un pays quelconque ».

KATAKEKAUMENE

Le « Pays brûlé », comme l'appelaient les anciens Grecs, a conservé depuis un nombre inconnu de siècles l'aspect contrasté qu'offraient ses plaines, ses collines boisées et cultivées et les cheires stériles, encore incandescentes semble-t-il, qui se sont épanchées de ses volcans. Il occupe la région comprise entre le Hermos et son affluent l'Alachehr-tchaï, couvrant une surface d'environ ybo kilomètres carrés. Ce n'est, en réalité, qu'un bien petit système volcanique, d'une superficie moindre que celle occupée en Auvergne par la base du Mont Dore. Aussi, ce n'est ni par la majesté de ses aspects ni par l'ampleur des phénomènes qui s'y sont produits que le Katakekaumenè est intéressant, mais par la disposition de ses formations essentiellement basaltiques et les phases successives d'activité volcanique qu'elles semblent révéler.

Les trois volcans principaux du « Pays brûlé » se dressent sur une ligne dirigée de l'est à l'ouest, à environ 1 1 kilomètres d'intervalle. Chacun d'eux se trouve à peu près au centre d'une plaine; d'ailleurs tous trois se ressemblent étonnamment par la physionomie extérieure, les dimensions et la nature fluide et tourmentée de leurs laves, d'âge récent. Leurs produits de rejet se composent d'un basalte noir dont la pâte renferme de petits cristaux de pyroxème et de rares grains d'olivinc.

A l'orient c'est le

Kara Devlit ou V u Encrier noir ». Il s'élève à 2 kilomètres au nord -est-nord de Kula. Son plus haut point est à 762 mètres d'altitude au-dessus de la mer, soit i52 mètres au-dessus de la ville [Hamilton]. Le cône de cendres et de scories se termine par un petit cratère bien conservé, profondément ébréché au nord. Une sombre coulée de lave descend par la déchirure et s'étend à

ASIE MINEURE Katakekaumenè

8 kilomètres vers le nord-est-nord, jusqu'à la vallée du Hermos. D'autres fleuves de matières fondues se sont épanchés du pied même du Kara Devlit, qui surgit ainsi d'une véritable mer de lave, noire et raboteuse, répandue sur la plaine.

A l'ouest du Kara Devlit, entre Sandal et Menne, s'élève un second cône important de cendres et de scories. Ni Tchihatcheff, ni Hamilton ne lui donne de nom. Est-ce le Kodja Devlit de la carte de H. Kiepert? La proximité de la ville permet de l'appeler volcan de

Menne. Le cratère parfaitement régulier du volcan a plus de 5o mètres de profondeur. Une coulée descend du versant occidental du cône dans la direction du nord; de même que celle du Kara Devlit, elle atteint les rives du Hermos. Le

Keplan Alan, r « Antre du Tigre d également composé de matières meubles, est le troisième volcan important du Katakekaumenè. Il est inférieur de 3o mètres en hauteur, au Kara Devlit. Son cratère aux parois abruptes a 800 mètres de tour, une centaine de profondeur. La coulée principale du Keplan Alan s'épanche du pied oriental; elle se divise pour entourer la base du cône, puis les deux branches se réunissent et descendent à l'ouest vers Adala et la plaine de Sardes : cette coulée des plus importantes ne mesure pas moins de 20 kilomètres de longueur. [TCHIHATCHEFF, Philippson.] De même qu'autour du Kara Devlit les cheires de lave du Keplan Alan se sont étalées à deux kilomètres à la ronde, en nappes stériles et rugueuses, sur lesquelles il est difficile de se frayer un chemin.

Outre les trois cônes du Kara Devlit, du volcan de Menne et du Keplan Alan, une trentaine d'autres monts à cratère se dressent dans les plaines et sur les pentes des collines de marbres, de schistes argi. Jeux et micacés qui limitent ces plaines. Leurs produits ont coulé dans les dépressions et les vallées, bien avant l'apparition des trois volcans principaux, car presque partout ils ont été recouverts par les laves de ces derniers. Tandis que le Kara Devlit et ses deux contemporains ont gardé l'apparence de volcans encore actifs, les contours des autres se sont adoucis et leurs pentes sont couvertes de vignes et de champs cultivés.

D'autres masses de basaltes apparaissent au nord du Katakekaumenè de l'autre côté du Hermos et à l'est dans les environs de Tak"

ASIE ANTERIEURE

mak. Mais ce ne sont ici que des couches de roches noires, épaisses de i5 mètres, couronnant des assises de calcaires d'eau douce horizontalement stratifiées. Ces petits plateaux se dressent à 25o mètres de hauteur au-dessus du niveau du Hermos et sont profondément érodés par les affluents du fleuve. Aucun point d'émission ne se montre plus dans le voisinage.

D'après Hamilton et Strickland, les roches volcaniques qui forment le Katakekaumenè firent leur apparition à trois périodes différentes. Les premiers épanchements auraient eu Heu à Tépoque où les dépots lacustres, calcaires d'eau douce peut-être pliocènes, avaient rempli les cavités du terrain primaire qui forme la charpente de la région. Les étendues de basaltes qui dominent au nord le Hermos seraient les restes des éruptions de cette période. Puis l'érosion ayant commencé à creuser les vallées et les bassins s'étant desséchés, les forces souterraines brisèrent à nouveau la croûte terrestre et les volcans aujourd'hui couverts de riche végétation qui parsème les collines et les plaines rejetèrent à flot la matière brûlante qui descendit en longues traînées dans les plaines et les vallées. Enfin parurent les trois cônes principaux. Leur âge remonte peut-être à l'époque d'activité des volcans d'Auvergne : ils offrent d'ailleurs une grande ressemblance avec ces derniers. Aujourd'hui le « Pays brûlé» semble complètement éteint. Les voyageurs n'y signalent ni fumées ni solfatares.

A l'est du Katakekaumenè, quelques îlots de trachyte se dressent abruptement au-dessus de la plaine de Gobek.

La chaîne qui domine au nord la vallée du Hermos est un alignement de beaux massifs de 2,000 mètres d'altitude moyenne, mais le socle commun qui porte ces montagnes n'a de relief bien saillant que dans la partie orientale où il s'appuie au plateau phrygien. Entre les versants opposés du Murad-dagh et de l'Ak-dagh, vers les sources du Hermos, les basaltes ont percé les schistes et les calcaires qui composent ces montagnes. Ils surgissent en masses imposantes au nord de Ghediz, la ville qui a donné au fleuve son nom moderne. Une coulée que le refroidissement a divisée en masses columnaires descend près de la ville; le fleuve a dû s'ouvrir un passage au travers.

Plus à l'ouest la chaîne se dédouble. Le massif septentrional, un second Ak-dagh, est en grande partie composé de gneiss, mais dans sa

ASIE MINEURE Katakekaumenè, Mytilène

partie septentrionale, aux environs de Bolat, il est hérissé d'énormes blocs de porphyre quartzifère très varié, de cônes, de pyramides, de coulées de laves ridées et tourmentées. Les dépressions cratériformes y sont nombreuses. L'autre massif, le Demirdji-dagh, est percé par quelques masses d*eurite et de trachyte ; vers le sud-ouest, un de ses contreforts, superbe massif trachytique, dresse ses parois verticales et ses rochers au-dessus des vallées ombreuses qui avoisinent Kayadjik. Les montagnes qui dominent de toutes parts la vallée du Caïcus, où s'élèvent les ruines de Pergamc, sont formées des calcaires les plus variés, mais les roches volcaniques ont modifié et dérangé ces terrains en un nombre de points si considérable qu'il est presqu'impossible de déterminer leur âge. Les basaltes se dressent en tourelles et en colonnades sur les versants de l'Uzun Yaïla et du Hassan-dagh, mais ce sont surtout les trachytes qui affleurent de tous côtés. A l'ouest même de Pergame la roche éruptive forme de véritables montagnes; elle alterne avec les calcaires dans les environs de l'antique Phocée. Le '

Madara-dagh qui s'élève à 1600 mètres, entre le golfe d'Edremid et la rivière de Pergame, est un rempart de syénite présentant toutes les transitions entre la roche solide et le sable désagrégé.

En face des montagnes de la Mysie, de l'autre côté du canal se dressent au-dessus des flots les sommets de

Mytilène. Cette ile, l'ancienne Lesbos appartient à deux systèmes orographiques différents. La partie orientale, celle où s'élève l'Olympe (990 m.), le plus haut pic de l'île, est formée de schistes cristallins, avec marbres intercalés, dont les assises sont couvertes à l'ouest de masses puissantes de serpentines et de péridotites. L'alignement sudnord des plis et la composition des roches, à peu près identiques à celles signalées par Teller dans l'île de Chio, rattachent cette partie de Mytilène aux îles et presqu'îles de l'Ionie occidentale. L'autre branche, composée de roches éruptives tertiaires aux coulées énormes, rhyolithes, andésites, labradorites et surtout de tufs et de conglomérats provenant de ces roches, appartient, par son allure et sa composition, aux chaînes de la Troade. Quelques basaltes affleurent également en divers endroits de l'île. C'est vers l'époque pliocène qu'eurent lieu les grands bouleversements qui séparèrent Mytilène de l'Anatolie.

Les tremblements de terre sévissent dans l'île. Ceux de 1867 sem-

ASIK ANTERIKURE

blent concorder avec un ébranlement général des régions méditerranéennes et une période d'activité des volcans de ces régions. On a remarqué que les villages bâtis sur la roche éruptive, hormis la serpentine, furent détruits, tandis que ceux construits sur cette dernière roche et sur les schistes furent épargnés. [L. DE Laun.AY.]

Les roches syénitiquesdu Madara-dagh reparaissent en Troade dans le fier massif du Kaz-dagh, l'ancien mont

Ida, qu elles semblent constituer presque en entier, de même que les quelques autres sommets qui lui font suite vers Test. La roche volcanique traverse irrégulièrement les calcaires noirs, les phyllades et les micaschistes. Une coulée trachytique descend du versant méridional du mont et va plonger dans le golfe d'Edremid.

Sauf rida (1,700 mètres), dont les crêtes sont souvent couvertes de neige, les montagnes de la Troade ne sont que de longs soulèvements aux contours arrondis, aux pentes généralement couvertes d'une riche végétation; elles s'alignent du sud-ouest au nord-est. Toute la partie centrale de la péninsule est formée de masses trachytiques, depuis les bords du Tahan tchaï, Tancien Granicos que la victoire d'Alexandre a rendu célèbre, jusqu'aux dépôts tertiaires qui bordent le détroit des Dardanelles. La roche éruptive s'étend même aux versants occidentaux de l'Ida, dans la vallée moyenne du Mendereh tchaï et jusqu'au cap sud-occidental de la péninsule, le Baba-Kalesi. Les formations volcaniques sont très variées dans ce vaste domaine de près de cinq mille kilomètres carrés de superficie ; ce sont tantôt des masses de cendres stratifiées, tantôt de larges coulées, divisées en prismes couvrant flancs de coteaux et fonds de vallées. Des conglomérats, des tufs et surtout des sables provenant de la désagrégation des roches accompagnent presque partout ces formations. Dans la vallée du Tuzlatchaï, aux environs de la ville qui a donné son nom à la rivière, des sources chaudes jaillissent de la roche décomposée. Tchihatcherf prétend qu'à la surface même, la température des jets dépasse d'une manière constante cent degrés centigrades !

Quelques massifs de serpentine se dressent au sud de la plaine de Troie en rochers pittoresques, en colonnades aux couleurs éclatantes et variées.

Au bord nord-occidental du plateau sous-marin qui prolonge la Troade à une centaine de kilomètres vers l'ouest, l'île de

ASiK MiNKUHH Ida Lemnos

Liemnos se dresse dans le prolongement de la péninsule de Gallipoli et de Tîle d'Imbros. Une partie de ses roches se compose de grès des âges crétacés ou éocènes, veinés de trachytes et d'andésites. Les masses éruptives paraissent appartenir à l'époque tertiaire.

La tradition parle de Lemnos comme ayant été la demeure de Hephaïstos qui forgeait avec les cyclopes les carreaux deZeus dans les cavernes des montagnes ; une ville de Lemnos porte encore le nom de Hephaïstia. Mais on a cherché vainement un volcan à cratère parmi les rochers de l'île, et rien ne prouve que les hypothèses relatives à un promontoire ou un îlot qui se serait engouffré dans la mer aient eu la moindre réalité. On n'a point trouvé non plus de salses ou de fumerolles dans les vallées [DE Launay]. Une source thermale (38« C), dite Lidja, jaillit près de la cime du Prophète Elie, point le plus élevé de l'île (877 mètres).

En travers de la ligne des détroits, Hellespont au sud-ouest, Bosphore au nord-est, la mer de Marmara forme un vaste bassin d'effondrement dont la profondeur dépasse 1,000 mètres. De nombreuses traces d'activité volcanique se trouvent sur ses bords; à l'ouest, dans le petit archipel de Marmara, au sud, sur les bords des lacs de Manyas et d'AbuUion et dans les environs de Mudania, à l'est, vers l'extrémité de la chaîne qui s'élève entre Gemlik et le golfe d'Ismid. Mais ici, comme à l'entrée septentrionale du Bosphore, il ne semble pas qu'il y ait rapport entre les phénomènes éruptifs et ceux qui donnèrent aux mers leurs formes actuelles ; les premiers sont bien antérieurs aux seconds.

Le célèbre détroit au bord duquel Constantinople groupe ses édifices serpente à travers un massif de roches dévoniennes se dressant assez uniformément à 200 ou 3oo mètres d'élévation. Les schistes palézoïques se retrouvent des deux côtés en assises plissées dans une direction généralement parallèle à celle du chenal maritime et leur surface supérieure semble avoir été arasée parles agents de dénudation. A l'ouest, le massif dévonien s'avance à une trentaine de kilomètres dans les terrains tertiaires et quaternaires de la Turquie orientale, vers l'est, il se perd à une cinquantaine de kilomètres du détroit dans les terrains crétacés de la Bythinie; le Bosphore est donc creusé dans un terrain bien homogène. En un seul point le dévonien est masqué par des dépôts d'âge tertiaire ; c'est à l'endroit connu sous le nom de

— IIQ —

ASIK AXTKRIKIRK

Bois de Belgrade, seule forêt de quelque importance de tout le district, où se trouvent les sources qui alimentent Constantinople. Le détroit sépare également en deux parties le lambeau de roches volcaniques qui, sur une trentaine de kilomètres, s'étend en bordure de la Mer Noire. Ce massif, remontant certainement à l'âge crétacé [Philippsox], a subi depuis cette époque les mêmes actions de dénudation que le dévonien auquel il s'appuie; andésites, dolérites, basaltes et trachytes se rencontrent dans ces coulées, dont le centre éruptif ne se voit nulle part; la masse est traversée par des dykes de trapp et des veines d'agathe. La côte est abrupte et en plusieurs endroits bordée d'îlots volcaniques.

Les géologues ne s'accordent pas sur la période géologique durant laquelle s'établit la communication maritime entre la mer Egée et la mer Noire. Etudiant la répartition des eaux et des terres aux différentes époques dans cette région, Philippson en conclut que le courant date de la fin du pliocène ou du début du quaternaire. Le Bosphore et l'Hellespont seraient dus aune vallée d'érosion formée pendant un lent soulèvement du sol et noyée ultérieurement par un affaissement d'une soixantaine de mètres; actuellement, il y a de nouveau surrection du sol : l'existence de plages à quelque dix mètres au-dessus du niveau de l'eau en font preuve. Du reste la région fut, semble-t-il, sujette de tous temps aux tremblements de terre. Pour la période historique on a remarqué que la fréquence des secousses intenses a diminué flepuis io63. Pendant les vibrations sismiques de juillet 1894, la mer se serait échautfée au voisinage de Constantinople et des buées de vapeur auraient été vues au-dessus des eaux [M. D. Egimtis].

Les chaînes régulières qui de la Troade et des bords orientaux de la Propontide jusqu'aux montagnes de l'Arménie septentrionale se dressent parallèlement aux rivages de la mer Noire, ne sont pas désignées sous un nom général en usage, bien que quelques géographes leur donnent parfois l'ancienne appellation d'Olgassus. Dans les régions où le socle qui porte ces chaînes atteint sa plus grande largeur, cinq et six alignements se succèdent, à travers lesquels les rivières descendues du plateau se sont frayé péniblement un chemin vers le nord, après avoir erré dans les vallées longitudinales. Dans la Bithynic sud-orientale et dans les régions qui s'étendent autour de Tozia, au

ASIE MINEURE Ala-dogh

nord-est de Yusgat et à Touest de Sivas, les terrains primaires, schistes et calcaires, constituent la plus grande masse du sol. A l'ouest de TAla-dagh, un peu au nord-ouest du point où le Sakaria décrit sa courbe orientale, les calcaires et les marnes jurassiques affleurent sur des étendues assez considérables. Les autres formations appartiennent surtout au terrain crétacé qui semble se développer sur une largeur d'environ 70 kilomètres le long de la mer, et aux terrains éocènes et pliocènes vers l'intérieur.

Quelques massifs de roches éruptives (trapp, basalte, trachyte) ont perforé les terrains de la Mysieet de la Bythinie, noyaux isolés, sans caractère remarquable. L'Olympe qui se dresse au sud de Brousse, est une belle montagne aux pentes couvertes de forets. Son pic suprême atteint 2,5oo mètres d'altitude. Les calcaires, les schistes, les gneiss qui en forment la charpente sont traversés par des Hlons de granit, de pegmatite et de granulite; on trouve sur les pentes des diorites et des marbres. Djs sources chaudes, sulfureuses et alcalines, célèbres dans l'Orient, jaillissent en abondance dans les vallées; elles alimentent les fontaines et les bains de Brousse. Les tremblements de terre sont très fréquents dans la région de l'Olympe et Brousse fut souvent ravagée : il n'est pas une de ses cent cinquante mosquées qui ne soit lézardée [Marius RENARD]. A l'est d'Adabazar, sur le bas Sakaria, un massif de porphyre doléritique, à pâte d'un beau noir luisant, s'étend sur près de cinquante kilomètres de l'ouest à l'est; d'énormes dépôts de tuf à teinte grise ou rougeàtre s'étalent entre les masses arrondies des dolérites. A l'extrémité orientale du massif s'élève le bourg d'Uskub, l'ancienne Prusias, capitale des rois de Bithynie, où vint sl* réfugier An ni bal après la défaite de ses armées.

Les montagnes les plus élevées de la contrée comprise entre le Sakaria et le Kizîl Irmak forment un vaste système éruptif, d'une superficie moindre que celle du domaine argéen, mais supérieure à celle du massif trachytique de la Troade : de l'ouest à l'est il s'étend sur près de cent cinquante kilomètres, du sud au nord sa largeur est de cinquante kilomètres en moyenne. L'

Ala-dagh, le « Mont bigarré », que les Anciens appelaient Olympus galaticus ow Onninium, l'Ischik-dagh et l'ATdos-dagh

en forment le relief. Ces massifs imposants se dressent en plateaux d'un millier de mètres d'altitude ou s'alignent en chaînes de mon-

ASIK ANTKRIKUKE

tagnes dont les croupes atteignent et dépassent i,5oo et même 2,000 mètres. Les affluents du Sakaria et du bas Kizîl Irmak les ont profondément découpés et d'épaisses forêts en garnissent les versants.

La roche dominante est une andésite ; le basalte, la dacite et les tufs provenant de la décomposition de ces roches sont visibles en quelques endroits. La masse éruptive a percé et recouvert les roches du jurassique o,xfordien qui affleurent à l'ouest, elle s'étend aussi sur des assises éocènes; des schistes triasiques apparaissent au fond de certains ravins encaissés. Quelques couches horizontales de formation néogène, reposant sur la roche éruptive indiquent que les éruptions ont eu lieu vers le milieu de l'époque tertiaire. Il semblerait pourtant que l'activité a dû reprendre ou se prolonger postérieurement au dépôt de ces sédiments : les marnes et les calcaires pliocènes que Tchihatchetf signale au sud du système sont couverts en certains endroits de débris provenant des roches volcaniques.

L'épaisseur de la couche éruptive diminue à mesure que l'on s'avance vers l'est. Les points d'émission d'où est sortie la lave sont nombreux; le plus important est connu sous le nom de

KSroglu. Il se dresse dans la partie occidentale del'Ala-dagh. Ses 2,370 mètres d'élévation en font probablement le point le plus élevé du massif et de toute la contrée qui s'étend immédiatement au nord du plateau central de l'Anatolie. Il a la forme d'un cône et d'après Leonhard les vastes dépressions qui l'entourent seraient une « Caldera ». De nombreuses coulées s'en épanchent.

Le système de l'Ala-dagh se prolonge au sud-est jusqu'à Angora par un long pédoncule de roches éruptives dans lequel est creusée la vallée du Tchibuk tchaï. Un massif considérable de porphyre doléritique formant un plateau de 1,600 mètres d'altitude est séparé du versant méridional de l'Ala-dagh par une petite vallée.

A l'est même d'Angora les plateaux qui dominent la ville sont formés de masses de serpentine dressées en pyramides et en cônes fantastiques, étalées en longues traînées rappelant les coulées de laves. De tous côtés les formations pittoresques surgissent au-dessus d'impénétrables bocages et de ruisseaux limpides.

Outre ces quelques groupes éruptifs, parmi les terrains secondaires et tertiaires qui entourent le grand massif galate, des noyaux de trachyte, de domite, de trapp, de porphyre, etc., affleurent isolément.

ASIE MhNEURE KOroglu, Ergaz-dogh

Le petit massif qui se dresse à l'est de Sinope et qu'un étroit pédoncule occupé par la ville relie à la terre ferme, fut insulaire autrefois. Les roches volcaniques le forment presqu'entièrcment, des calcaires et des marnes crétacés apparaissent dans la partie occidentale. Brauns crut reconnaître un ancien cratère dans la cavité lacustre située à un peu plus d'un kilomètre au N.-E. de Sinope. Le massif d'

Ergaz-dagh, à une centaine de kilomètres au sud de Sinope, est découpé par des affluents occidentaux du Kizîl Irmak, qui en révèlent la structure intérieure. Près du village de Kuru-Serai, un torrent descend pittoresquement de degrés en degrés à travers une colonnade basaltique. A droite et à gauche, les piliers pentagonaux se dressent régulièrement à 3o mètres de hauteur [V. PrittwitzJ.

Au-delà du Kizîl-Irmak les chaînes de calcaires, de marnes, degrés crétacés et éocènes se relèvent vers le plateau arménien ; les hautes cimes atteignent 2,000, 2,5oo mètres d'altitude et même davantage.

Les roches volcaniques entrent pour près du tiers dans la composition du sol; elles s'étendent sur des centaines de kilomètres de longueur, formant des montagnes, des vallées, des plaines, mais rarement elles se présentent sous un aspect bien caractérisé. Comme dans la plupart des montagnes de l'Anatolie septentrionale, les forêts qui recouvrent les versants des monts sont encore respectées et c'est à traversées massifs de verdure que se dressent les formations éruptives à tous les degrés de transformation. Les dolérites s'étendent surtout à l'ouest de Mersivan, entre Amasia et Niksar où la région est etfroyablement bouleversée, aux environs de Samsun, d'Unie et de Tokat que ravagent presqu'annuellement les tremblements de terre, et de Chabin-Karahissar.

Les mines de fer, de plomb, de cuivre, qui abondent dans la région avoisinant Chabin-Karahissar ont été utilisées dès une époque très reculée. Partout, au milieu des fourrés, se rencontrent les amas de scories laissés par les anciens Chalybes. C'est là, dit la légende, que furent inventés l'enclume et le marteau.

Au nord de Chabin-Karahissar, les porphyres pyroxéniques qui s'étendent du cap Jason à Tarabulus, l'antique Tripolis pontique, appartiennent aux mêmes formations que ceux des Alpes pontiques, la belle chaîne qui se dresse en arc de cercle au sud-est de la mer Noire. Ces roches sont probablement postérieures à l'époque éocènc : dans

ASIE ANTERIEURE

le voisinage de Gumuschkané, elles ont traversé les calcaires de ces formations.

La syénite et la serpentine entourent la partie orientale du massif doléritique deChabin-Karahissar. Le Gambet-dagh (2,700 mètres) et le Gandjar-dagh appartiennent aux premières de ces roches. Au nord même de la ville se dresserait un volcan, le

Kazan-Kaya ou « Chaudron de pierre » dont le cratère ébréché atteindrait 2,5oo mètres d'altitude.

Le Tchimen-dagh, le Tcherdak-dagh, le Keschisch-dagh, d'autres encore, sont formés de serpentines aux aspects souvent pittoresques. Au nord d'Erzindjan, près de la première grande courbe occidentale du haut Euphrate, la blancheur des formations serpentineuses a fait donner à la montagne le nom d'Ak-dagh. Des sommets qui dominent la ville, les amas d'énormes blocs arrondis, réduits le plus souvent en masses pulvérulentes diversement colorées, semblent une gigantesque cataracte se précipitant dans le fleuve en ondes écumantes que les rayons du soleil font par endroits briller avec un éclat éblouissant [TCHIHATCHEFF].

Bibliographie.

LIVRES

F. TOZER. Turkish Armenia and Eastem Asia Minor.

Ch. Texier. Descnption de F Asie Mineure; 2 vol.; plans et gravures. Paris, 1839 et 1849.

W. J. Hamilton and Strickland. Article important sur le Katakekaumenè; Transac. of the Geol. Soc. of Loadon, 1841 ; new séries, vol. VI.

W. J. Hamilton. Researches in Asia Minor, Pontus and Armenia,., {i835-i83';), 2 vol., cartes et gravures. Londres, 1842.

W^. F. AINSWORTH. Travels and Researches in Asia Minor {18JÇ-40), 2 vol. Londres, 1842. La matière de cet ouvrage avait déjà été publiée dans les tomes IX et X du Jour, of the Roy. Geogr. Soc. of London {1839 et 1840).

M. Vivien de Saint-Martin. Description historique et géographique de l'Asie Mineure, 2 vol. Paris, 1845.

Spratt, Forbes and Daniell. Travels in Lycia {1841), 2 vol. Londres, 1846.

A. VlQUESNEL. Notice sur la collection de roches recueillies en Asie par feu Homaire] de HelL,. Bull, de la Soc. géol. de France, 1849-51, 2e série, t. VII-VIII, p. 491. Paris, i85o.

Ch. Fellows. Travels and Researches in Asia Minor, more par» ticularly in,.. Lycia. Londres, i852. Ce livre réunit, avec quelques

BIBLIOGRAPHIK

suppressions, les deux volumes du même auteur; Jowyial written during an Excursion in Asia Minor, i838, Londres, 1839, et; An account of Discoveries in Lycia {1840), Londres, 1841.

P. DE TCHIHATCHEFF. Asie Mineure. Le savant russe a consacré vingt années à Tétude de la péninsule anatolienne. Son œuvre se compose de 6 parties : Géographie physique, i vol. ; Climatologie et Zoologie, I vol.; Botanique, 2 vol.; Géologie, 3 vol ; Paléontologie, I vol. Cartes, plans, grav., un atlas. Paris, i853-6(). •

Le MEME. Le Bosphore et Constantinople . Cartes, pi., tig. Paris, 1866.

C. RlTTER. Klein-Asien. Les tomes XIX et XX de V « Erdkunde », Berlin, 1858-59.

A. Gaudry. Géologie de Vile de Chypre. Mém. de la Soc. géol. de France, 2*^ série, t. VIL Coupes, pi., gr. ; une belle carte géol. à 1 : 25o,ooo. Développement de l'article : Sur la géologie de Vtle de Chypre paru dans Bull, de la même société, i853, 2« série, t. XI, p. 10 et 120.

Th. Kotschy. Reise in den Cilicischen Taurus {i85J). Gotha, i858. Kotschy écrivit encore des articles sur l'Asie Mineure dans les Peterm. Mittheil., 1859, 1862 et i863.

F. Unger und Th. Kotschy. Die Insel Cypem, Vienne, i865.

F. VON HOCHSTETTER. Asien, seine Zukunftsbahnen und seine Kohlenschdt^e, Vienne, 1876.

F. Teller. Geologische Beobachtungen auf der Insel Chios. Denkschr. d. k. k. Akad. Wiss. Wien, mathem.-naturw. Cl., XL, 1880, p. 34-356, avec carte.

J. S. DiLLER. Notes on the Geology ofthe Troad, Quart. Journ. of the Geol. Soc, XXXIX. Londres, i883.

E. TiETZE. Beitràge :{ur Géologie von Lykien. Jahrb. d. k. k. Geol. Reichsanst., XXXV, i885, p. 283-386. PI. VI, carte.

M. Neumayr. Ueher Trias und Kohlenkalkversteinerungen aus dem nordwestlischen Kleinasien. Anzeiger d. k. k. Akad. Wiss., Wien, 1887, XXII, p. 242.

A. BiTTNER. Triaspetrefaktcn von Balia in Kleinasien, Jahr. d. k. k. Geol. Reichsanst, 1891, p. 97, pi. I-III, et : Neue Arten aus der Trias von Balia, Même revue, 1892, p. 77, pl. IV-V.

BIBUOGRAPHIK

Dr W. RUGE. Beitrage :[ur Géographie von Kleinasien, Petermanns Mitteilungen, 1892, no 10, p. 225. Cartes.

G. BUKOWSKI. Grund^ùge des geologischen Baues der Insel Rhodus, Sitzungsber d. k. k. Akad. Wiss. Wien math.-naturw. CL, XCVIII, abth. I, 1889, p. 208. Carte géol. Der geologische Bau der Insel Kasos. Même revue, p. 653. Certe géol. Kurs^er Bericht ilber die Ergebnisse der in den Jahren i8ço und i8çi im sudwestlichen Kleinasien durchgefUhrten geologischen Untersuchungen. Même revue, 1891, p. 378. Die geologische Verhàltnisse der Umgebung von Balia Maaden in Mysien, Même revue, 1892, p. 214. PI. I, II.

Le même. Geologische Forschungen im westlichen Kleinasien. Verhandlungen der k. k. geoL Reichsanst., n^ 5, 1892.

E. Naumann. Vom Goldnen Hom !(u den Qiiellen des Fuphrat, Munich et Leipzig, 1893.

Le même. Reisen in Anatolien. Globus, Band LXVII, 1895, n»» 18 et 19. Carte. Fig.

Le MÊME. D/e Grundlinien Anatoliens und Centralasiens, Gcog. Zeitschr., II, p. 7, Leipzig, 1896.

L. DE Launay. Etudes géologiques sur la mer Egée. La géologie des îles de Mételin (Lesbos) Lemnos et Thasos. Annales des Mines de France, 1898, neuvième série, t. XIII, p. 157. Cartes. Voir aussi : Description géologique des îles de Mételin et de Thasos, Nouv. arch. d. Miss, scient., t. I, p. 127; une bonne carte géol.

H. S. Washington. The Volcanoes o/the Kula Basin in Lydia. New- York, 1894.

M. D. Eginitis. Le Tremblement de terre de Constantinople du jo juillet 18Ç4. Annales de Géog., juil. 1895, p. i5i. Grav. et carte.

H. Dou VILLE. Constitution géologique des environs d'Héraclée, Asie Mineure. Com.-ren. del'Acad. d. Se, CXXII, i^r sem., p. 678. Paris, 1896.

Fr. Toula. Eine Muschelkalkfauna am Golfe von Ismid in Kleinasien. Beitr. zur PalœontoL Œsterr.-Ung. u. d. Orients, herausgegeben von W. Waagen. X, 1896, p. i53, pi. XVIII-XXII. Neues Jahrb. f. Min. 1896, I. p. 149; II, p. 137.

H. S. Washington. On igneous Rocks from Smyrna and Pergamon. The Amer. Jour, of Se. Jan. 1897.

R. Oberhummer. Bericht uber eine Reise in Syrien und Kleinasien. Peterm. Mitteil., 1897, p. 249. Carte.

BIBLIOGRAPHIK

A. Philippson. Bosporus und Hellespont. Geog. Zeitsch., IV, p. i6. Leipzig, 1898. Croquis géol.

Le même. Vorlàufiger Bericht uber die im Sommer içoi ausgefûhrte Forschungsreise im westlichen Kleinasien. Sitzungsber d. k. Akad. der Wiss., Berlin, 1902, p. 68. La suite de ce voyage, continué durant Tété 1902, fut relatée dans la même Revue 1903, p. 1 12.

Le même. Geologische-Geographische Reiseski^^^en aus dem Orient. Sitzungsber. Niederrheim. Ges. f. Natur- u. Heilk., Boon, 1896-97, p. 41.

Fr. Schaffer. Zur Geotektonik des sudôstlichen Anatolien,., Peterm. Mitteil., 190 1, p. i32, et 1902, p. 270.

Le même. Beitràge !{ur Kenntniss des Miocànbeckens von Cilicien, Jahrb. d. k. k. geolog. Reichsanst., Wien, LU, 1902, p. i. Carte.

Le xMÊME. Ciiicia. Peccrm. Mitteil., Ergheft, n^ 141. Gotha, 1903. Ca rtes .

Le même. Geologische Forschungsreisen im sudôstlichen Kleinasien. Mitteil. d. k. k. Geog. Gesells. Wien, XLVl, 1903, p. 12 et 7.

Le même. Reisehilder aus Cilicien, Vortràge Verein z. Verbr. nat. Kenntn. Wien, XLIII, n» 5, p. i3i. Vienne, 1903. PI., phot.

R. FiTZNER. Forschungen auf de?^ Bithynischen HalhinseL Rostock, 1903. Phot., pL, coupes géol. Carte.

E. Oberhummer. Die Insel Cypern, Fine Landeskunde auf historicher Grundlage. Munich, 1903. Fig., croquis, pi., cartes et profils géol. La carte à i : 5oo,ooo est une bonne réduction de celle de Kitchener et Grant.

R. Leonhard. Geologische Ski:[\e des galatischen Andesitgebietes nbrdlich von Angora. Neu. Jahrb. fur Minerai., Geol. und Palaeontol., XVI . Stuttgart, 1903. Une planche esquisse à i : i ,000,000.

Ve^i:\\EKS: Fine Reise in dos Gebiet des Frdschias-Dagh. Abbandl. der Geog. Gesells., Wien, Bd. 6, iqoS, n^ 1.

ANDRUSSOW. Kritische Bemerkungen ûber die Fntstehungshypothesen des Bosporus und der Dardanellen.

CARTES

Voir Cartes des Amirautés anglaise et française pour les côtes et les îles.

BIBLIOGRAPHIK

A. Petkrmann. Schichten Karten von Klein-Asicn. i : 3,700.000, avec courbes de niveau. Pcterm. Mittheil., 1875, pi. XIII, p. 280.

KITCHENER et Grant. Chypre, 16 feuilles à 1 : 63,36o, i885.

H. KlEPERT. Specialkarte vont westlichen Kleinasien, t5 feuilles à I : 25o,ooo. Berlin, 1892.

Service géog. de l'armée française, Turquie d'Asie {moins V Arabie), I : 1,000,000. Feuilles I, II, III, IV, VIII. Paris, 1896.

E. Friedrich. Uehersichtskarte von Kleinasien, à i : 2,5oo,ooo.

H. KlEPERT a dressé une bonne carte à i : 5oo,ooo pour le livre de K. Buresch : Aus Lydien, Epigi^ap.-geogr, Reisef?nichte, Leipzig,

W. M. Ramsay. Map of Asia Minor. i:2,5oo,ooo, accompagnant un article de Tauteur sur la géographie historique de cette région. Geog. .Tour. Londres, 1902, p. 257.

W. VON DiEST. Karte des nordu^estlichen Kieinasien... i : 5oo,ooo. Berlin, 1Ç02 et iço3,

R. KlEPERT. Karte von Kieinasien. i : 400,000. En cours de publication.

La carte géologique qui accompagne l'ouvrage de P. de Tchihatcheff est à i : 2,000,000.

Page 1