LEGENDE
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tufs horizontalement stratifiés, là, une autre intumescence est composée intérieurement de couches horizontales tandis qu'à l'extérieur elle est revêtue de couches inclinées de toutes parts. Plus loin encore, au milieu de strates horizontales, d'autres strates prennent une allure ondulée tout à fait caractéristique. Pour expliquer ces phénomènes,
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certains auteurs avaient fait appel à des tremblements de terre ou à un état plus ou moins boueux des matériaux, lors de leur sortie au jour. Moderni suppose simplement que ces divers accidents sont dus aux dénivellations produites par les érosions, entre deux éruptions consécutives.
Le massif de Latera eut plusieurs phases d'activité, auxquelles correspondent ses divers orifices et ses produits différents. Au grand cratère appartiendraient, d'après Moderni, les premiers matériaux connus du volcan; les trachytes, sans leucite d*abord, puis avec leucite qui affleurent au N.-E. de Latera près de Gradoli et de Grotte di Castro ; les leucitophyres que les rivières du versant oriental ont mises à nu partout au fond de leurs vallées et celles qui apparaissent dans la partie nord du volcan comme une muraille, à l'est et à l'ouest d'Acquapendente, sur Targile pliocène et sous les tufs. Sans doute cette première manifestation volcanique se termina par une période d'explosions violentes dont la disparition du bord occidental du grand cratère serait conséquente. Au cratère de Vepe, seconde phase volcanique, se rapportent les énormes coulées de téphrite leucitique qui se montrent sur le front septentrional du volcan, comme la leucitophyre d'Acquapendente et d'ailleurs dans son prolongement occidental. Elles reposent aussi en partie sur le pliocène et sont recouvertes par d'épaisses assises de tufs ponceux. Avec cette période débutent sans doute les cônes secondaires : Monte Marano et Gcllereau sud, dont les laves téphritiques, visibles jusqu'à plus de lo kilomètres au midi des bouches, reposent sur le pliocène et sous les tufs ponceux; Monte Rosso au nord- ouest, aux produits également cachés en partie, sous la couche meuble. Après les nombreuses explosions qui rejetèrent les couches de ponces, un second épanchement de téphrite eut lieu, comme en témoignent les vastes lambeaux qui dominent Pitigliano au N.-E. et au S.-O.
A cette période se rattache probablement aussi la formation des nombreux cônes qui surmontent le bord méridional du cratère de Vepe et qui, pour la plupart, ont rejeté la téphrite. Les dernières manifestations du cratère de Vepe furent marquées par la sortie de l'immense coulée de leucitophyre qui s'étend du bord nord-occidental delà cuve vers l'ouest, sur une longueur de lo. kilomètres et une largeur moyenne de 4. Avec l'effondrement du bord occidental du cratère se clôt la seconde période. Le Mezzano entre en activité ; il in liqucra une troisième période du Latera, période caractérisée par
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rémission de roches àndésitiques. En même temps d'anciennes bouches adventives s'ouvrent de nouveau au sud du massif. De nouvelles apparaissent au N.-E., au S.-E., sans répandre d'abondants produits. Mais l'accident le plus remarquable est la formation au versant occidental du massif de plusieurs orifices alignés, semblant indiquer une longue fissure. Q.uatre cônes accompagnent en effet le Mezzano; un au nord et trois au sud-ouest parmi lesquels le Calvo. La lave issue de ces bouches diverses a formé une immense nappe à surface plus ou moins ondulée, au versant occidental du Latera, longue de lo kilomètres, large de 3 ou 4. Celte lave devait posséder une grande fluidité lors de sa venue au jour. Sous le manteau des forêts de chênes et des inextricables fourrés de ronces, connu sous le nom de Selva del Limone, qui la couvre presque en entier, elle apparaît figée dans les formes les plus fantastiques. Ici les blocs s'accumulent, se chevauchent, rappellent des édifices en ruines ou les glaces polaires lors d'une débâcle; là ils s'alignent comme des pierres druidiques; plus loin, la lave a pris la forme de gigantesques champignons ou d'arborisations bizarres. Quoique cette contrée soit crevassée en plusieurs endroits par des fissures ayant parfois plus de dix mètres de largeur, aucune rivière n'a pu s'y établir un cours permanent et ce n'est qu'aux limites mêmes de la plaque lavique que circulent les eaux.
A la dernière phase du Latera correspondent des explosions produisant des cendres, des lapilli, des sables et des scories et l'émission de leucitite. Mais aucune bouche nouvelle bien caractérisée n'apparaît ou du moins on n'en connaît pas. La leucitite sortit du pied du San Magno, cône adventice dominant le bord oriental du grand cratère et se répandit vers le nord -ouest jusqu'à 3 kilomètres de son point de sortie, en plongeant dans la vaste enceinte. Au sud de la grande cuve, le cône de Valentano émit également la roche lavique, mais en deux petites coulées.
Donc il y eut ici, dans cette partie du massif vulsinien, du moins autant qu'on peut s'en rendre compte, car les premières manifestations du volcan sont inconnues, il y eut dans la succession des phases volcaniques, en même temps qu'exhaussement de l'orifice principal, rétrécissement graduel et localisation. De plus, à cette évolution de la bouche centrale s'ajoute la formation de bouches secondaires, dont quelques-unes dans les sédiments en dehors du système. Les dislo-
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cations ayant permis à la masse fondue de s'injecter dans les fissures, affectent à la fois le massif volcanique et le sous-sol.
L'on doit remarquer encore une certaine alternance, entre les émissions de lave et les projections de matériaux meubles et enfin la diminution du degré d'acidité des produits. D'une façon générale la gradation est nette : trachyte, leucitophyre, andésite et leucitite pour les laves : ponce et leucite pour les matériaux meubles ; on peut la signaler dans le détail de certaines émissions ; ainsi les premiers trachytes sont plus acides que les seconds. Toutefois, il faut indiquer le revirement important dans la marche, marqué par la sortie des téphrites qui caractérise la première phase des manifestations du cratère de Vepe.
Le second grand massif vulsinicn, plus irrégulier, plus déformé et moins connu que le Latera, comprend la région qui s'étend au nord, au nord-est et à l'est du lac : région d'allure bizarre, formée par une arête à convexité tournée au nord-est, s'inclinant assez régulièrement au sud-ouest où elle est limitée par le lac, descendant au versant opposé, en longues pentes terminées d'une part, par une falaise continue et abrupte, d'autre part, par les péninsules déchiquetées de Bagnorea. C'est le massif de Bolsena proprement dit.
En se basant sur l'inclinaison que présentent en quelques points les épaisses couches de tufs qui composent en grande partie le volcan, et surtout en considérant les coulées de laves, peu nombreuses, mais énormes qui se révèlent dans les vallées ou au front du massif, Moderni conclut à l'existence d'une immense bouche éruptive, ellipse de 12 kilomètres de long du S.-E. au N.-O., large de moitié, effondrée dans toute sa partie sud-occidentale et dont le bord nord-oriental serait représenté par la crête même qui domine le lac au N., au N.-E. et à l'E. La cité de Bolsena est au centre précis de cette figure.
Différemment de ce qui se voit à Latera, la cheminée dont cette chaudière apparente représenterait l'orifice, n'aurait pas eu des phases régulières de rétrécissement. La seule cuve de quelque importance, signalée à l'intérieur du cratère de Bolsena, n'a que 2 kilomètres de diamètre et encore est-elle peu distincte; elle se trouve au nord-ouest. Mais une quantité considérable de cônes secondaires (plus de 3o) disposés sans ordre apparent, auraient remplacé l'immense orifice. Ce sont les intumescences, matériaux incohérents ou culots laviques,
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qui dominent le bord des gradins dont est formée cette partie de l'enceinte lacustre. Le Bolsena compte seulement une dizaine de cônes parasites sur son arête ou sur son versant extérieur, mais quelques-uns d'entre eux ont une importance capitale.
Le Bolsena a rejeté beaucoup de matériaux incohérents; tufs ponceux, dont le plus curieux lambeau, isolé dans les argiles pliocènes, sert de socle à la ville d'Orvieto, cendres, lapilli, scories, etc. Parmi les coulées attribuées au grand cratère, la plus vaste est celle qui se montre à nu dans la partie nord, sur plus de 3o kilomètres carrés de surface entre Acquapendente, Gastel Viscardo et Castel Giorgio. Elle est formée de leucitite offrant dans le gracieux ravin de la Romealla des exemples remarquables de division prismatique. La lave repose en partie sur la leucitophyre du Latera, en partie sur les sédiments pliocènes, éocènes et même secondaires.
Les autres coulées du Bolsena sont visibles à la bordure septentrionale du massif, au sud d'Orvieto et en partie aux flancs des vallées qui avoisinent Bagnorea. Une partie d'entre elles est encore pétrographiquement inconnue, celles qui se montrent aux environs de Bagnorea sont formées de leucitophyres, celles qui font face à Orvieto, au sud, de téphrites dont quelques-unes se sont divisées en prismes verticaux, horizontaux, obliques; il est même un exemple de division radiale étonnant : les prismes émanant d'un même point comme les rayons d'une roue forment un cercle de 25 mètres de diamètre.
Le manque d'observation ou la difficulté de saisir, les relations entre ces diverses coulées, n'ont pas permis d'en indiquer l'âge relatif. Leur émission fut toutefois suivie par une période d'explosions violentes. Peut-être est-ce à cette époque que se place la disparition de la partie méridionale du grand cratère.
La nature des produits des cônes et petites bouches de l'intérieur du cratère est encore peu connue. On y a remarqué toutefois des Irachytes, des leucitophyres et des leucitites. Cette dernière roche forme même au sud de Bolsena, des prismes radiaux apparaissant comme un bouquet de pierre au milieu de broussailles. Ce sont les (( Sassi lanciati », les pierres lances bien connues.
Parmi les cônes adventifs extérieurs, le Monte Rado, situé sur la crête même, à l'ouest de Bagnorea, a rejeté une grande quantité de téphrite (d'andésite, d'après Washington) qui lui forme une sorte de
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socle et qui est postérieure aux tufs et à la leucitophyre de Bagnorea. Le Fattorracio, situé à 4 kilomètres au N.-E. de Bolsena et le Landro, à 7 kilomètres et demi au N.-O., tous deux sur l'arête également, ont émis de la leucitite. Le Torre Alfina a rejeté du haut de la colline éocène qui limite les Vulsini à Test d'Acquapendente, une coulée d'andésite qui s'est répandue sur la grande nappe de leucitite. Enfin, entre ces deux dernières bouches du Bolsena, un véritable plateau lavique, long de 6 kilomètres, large de 3, surmonte il est vrai par une intumescence de lapilli, à peine sensible et où ne se voit aucune trace d'orifice, semble former un point d'émission à part et tout à fait caractéristique. Le plateau qui le supporte Jest presqu'en entier formé d'une couche de trachyte épaisse de 5o mètres. Plus bas, on aperçoit des leucitophyres, puis des andésites, ensuite la leucitite de Bolsena. Au sud, ces trachytes sont recouverts par des tufs et la leucitite du Landro.
Le Bolsena offre donc, du moins dans sa partie bien connue, à l'inverse de ce qui s'est passé pour le Latera, une augmentation régulière dans le degré d'acidité des produits : leucitite andésite, leucitophyre et trachyte. Il est vrai que cette dernière phase acide fut suivie par une phase de nouveau basique, à peu près générale dans le massif de Bolsena.
Le groupe de Montefiascone, le troisième des Vulsini, situé au sudest du lac, emprunte son nom à la cité qui en couronne à l'altitude de 633 mètres, le plus haut piton. Ce piton est d'ailleurs un cône secondaire dominant les trois grandes cuves principales du groupe, en partie cachées sous ses produits, ouvertes à Touest, au sud-ouest et au sud-est de la ville et ayant des diamètres moyens de deux kilomètres. La chaudière occidentale, la plus régulière, le « Valli », au milieu de laquelle un neck de lave représente encore la cheminée, n'est probablement que la partie orientale et la conséquence d'une phase plus jeune, d'une chaudière plus vaste, de longueur double, aujourd'hui disparue sous les eaux du lac. L'île de Martana, l'échancrure sous-marine qu'elle domine à l'ouest et la petite butte submergée que les sondages ont révélés à deux kilomètres à Test constituent pour Moderni une autre bouche d'éjection appartenant au domaine du Montefiascone.
En plus du piton de Montefiascone, le troisième groupe vulsinicn ne compte que trois cônes secondaires, bosses de cendres et de lapilli,
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situées à quelques kilomètres au sud et au sud-est des grands cratères. Il semble donc qu'ici aussi, comme à Latera, mais avec beaucoup moins d'envergure et de belle ordonnance générale, de petits orifices assez éparpillés aient succédé à des bouches centrales plus vastes.
Presque tous les matériaux rejetés par le groupe de Montefiascone sont des produits incohérents, plus ou moins durcis après leur apparition. Ils présentent toutefois quelques particularités; c'est, en effet, en ce seul endroit des Vulsini que le péperino, conglomérat volcanique à peu près semblable à celui des Gimini et des Laziali, du très probablement à des éruptions boueuses, a été signalé; il recouvre en grande partie les versants oriental et méridional jusqu'à près de cinq kilomètres de distance du piton central. Aux cuves principales appartiennent sans doute les lambeaux de tephritcs du versant méridional et la masse de lave inconnue qui s'étend sur plusieurs kilomètres carrés de surface au sud-est. Peut-être même faut-il y rapporter l'immense nappe de leucitite longue de quinze ou vingt kilomètres qui alterne avec les tufs du versant sud-occidental, des bords du lac jusqu'à quatre kilomètres au sud-est de Toscanella. Quant aux cônes secondaires, ils n'ont émis que de petites coulées de lave leucititique ou de nature encore inconnue.
Enfin, Moderni considère comme restes d'un quatrième groupe vulsinien l'île de Bisentina et la partie avoisiaante. Ce groupe aurait occupé ainsi la partie déprimée du massif, entre le Latera et le Montefiascone.
L'île triangulaire est formée à l'angle occidental de téphrite plongeant à l'ouest, de tuf plongeant au sud-ouest dans l'angle du nord, de tuf plongeant au nord-ouest dans l'angle du sud. Jointes à la connaissance d'une échancrure dans le bord sous-lacustre au sud-est de l'île, d'une butte immergée à trois kilomètres au nord-est, et du point de plus grande profondeur du lac, à deux kilomètres également au nord-est, ces remarques ont conduit Moderni à admettre l'existence d'une énorme bouche éruptive, longue de six kilomètres du sud au nord, large de moitié, subdivisée ensuite en deux cuves de moindre importance : la grande bouche aurait rejeté la téphrite de Bisentina, les deux autres les tufs. Parmi les produits émis par ces évents volcaniques, il faudrait compter le nenfro, tuf trachytique appartenant aux plus anciennes manifestations des Vulsini et affleurant au midi de Toscanella. Les énormes nappes de téphrites qui bordent jusqu'à la
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limite du massif les deux rives de la Marta seraient également issues de ces chaudières, et peut-être une partie de la grande coulée de leucitite qui les accompagne à Torient.
Q.uant aux petites masses de leucitophyre, d*andésite et de trachyte qui affleurent en divers points de cette région du sud, il est impossible de leur assigner une origine quelconque. Moins encore que pour la leucitite et la téphrite, on ne peut dire si elles proviennent du Latera, du fiisentina ou du Montefiascone. Il n'est même pas improbable que la petite masse trachytique (roche semblable aux premières émissions du Latera) qui surmonte en quelques points le nenfro, soit une émission spéciale, à part, comme celle de Campiglia ou Orciatico. [MODERNI.) De plus, aucune relation ne peut être indiquée entre la venue de ces divers produits, si ce n'est toutefois l'ancienneté du nenfro.
Les quatre ou cinq petits cônes secondaires qui bordent le lac ont rejeté, avec des produits meubles divers, quelques petites coulées de leucitite. L'une d'elles s'avance en promontoire hardi dans les eaux, et supporte la petite cité de Capodimonte.
Tels sont, dans leurs grands traits, la région vulsinienne et les divers groupes qui la composent. Quoique déjà bien connus en certains points et par quelques-uns de leurs caractères, il n'est pas possible encore d'indiquer les rapports qui lient ces divers groupes, la concordance ou l'alternance des phases, dans la succession de leur développement; de préciser l'époque à laquelle se forma la cuvette centrale et les causes de cette formation ; ni de réunir en une histoire générale les diverses histoires particulières.
En tous cas, les manifestations volcaniques débutèrent vers la fin de la période pliocène, comme l'attestent les débris éruptifs mêlés aux couches sédimentaires. Un peu partout autour du volcan les assises d'argile marine - alternent avec des lits de graviers, de sables et de calcaires fossilifères auxquels se mêlent des fragments déroche fondue et de petites strates de tuf. Les premières éruptions eurent donc lieu dans la mer, alors qu'un vaste golfe prolongeait jusque vers Orvieto le bassin tyrrhénien.Mais elles devaient bientôt se produire à l'air libre. Le peu de profondeur des eaux, les mouvements d'élévation du sol, joints à l'obstacle que présentaient les collines bordières entre lesquelles devaient se former des cordons littoraux, devaient faciliter la transformation de cette baie marine en marécage saumâtre. Les
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apports des fleuves descendus des chaînes apenninnes, et les matériaux rejetés par les éruptions achevèrent le travail de comblement. Toutefois, avant que les eaux ne se fussent tracé un chemin stable vers la mer, des nappes d*eaux douces occupaient encore de vastes espaces, où elles déposaient de minces strates sédimentaires riches en diatomées minutieusement étudiées par Clerici (i). Mais il semble cependant que la plus grande partie des Vulsini se forma à Tair libre, au milieu d'une contrée asséchée.
Il est très difficile d'indiquer l'époque à laquelle l'activité cessa. De Stefani et Stoppani s'accordent pour placer dans la période paléolithique l'extinction du volcan. D'après Gualterio (2), qui trouva des armes préhistoriques dans les environs du lac, il semblerait qu'en ces régions, l'homme néolithique fît une apparition, précédée et suivie de périodes d'abandon et l'auteur se demande si cette arrivée ne correspond pas à une période de calme du volcan entre deux périodes de manifestations violentes.
Dailleurs, si de mémoire d'homme les Vulsini n'ont plus d'explosions brusques ni d'émissions de roches fondues, on ne peut les considérer comme complètement éteints. Aux divers phénomènes qui édifièrent les appareils, se joignit l'émission de sources minérales et thermales dont l'activité se prolonge encore aujourd'hui. Partout les eaux, les vapeurs et les gaz sourdent de la terre, comme une énorme transpiration : sources sulfureuses acidulées, sulfo-ferrugineuses ou ferrugineuses, chargées de chlore, de soude, de potasse, de brome, d'iodes ou d'arsenic; solfatares émettant de l'acide sulfurique ou carbonique. Quelques-uns de ces évents débouchent dans les cratères mêmes des volcans, mais la plupart sont répandus sur les versants extérieurs et surtout à la périphérie. Au sud-est dans la plaine de Viterbc, entre les Vulsini et les Cimini, il n'y a pas moins de soixante sources auprès desquelles on a retrouvé quarante thermes romains. C'est également vers la périphérie que les dépôts de travertin se formèrent et quelques-uns atteignent des dimensions considérables. Celui
(i) Plusieurs articles dans les Bol. d. Soc. geol. italiaita, et les Rendiconti d, R. Accad. dei Lincei.
{1) Délie armi di pietra trovate attorno al lago di Bolsena e... Atti d. Reunione straordinaria del. Soc. Ital. d. Se. natur.. in Vicenza 1868, p. 2C)8-3o2, Milano i8<)g.
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qui s'étale au sud-ouest du Monte Ganmo n'a pas moins de 65 kilomètres carrés de superficie; ceux de Capodimonte, au sud-est d'Orvieto ne coux^ent pas une surface aussi vaste, mais il semble que les sources qui les ont formés aient eu plus de constance dans leur débit, car on les trouve à tous les étages intercalés entre les couches de produits volcaniques.
Cimini est le nom sous lequel on désigne le massif volcanique qui, vers le sud-est, fait suite aux Vulsini.
Le groupe, un des plus élevés de l'Italie, est à la fois majestueux et simple. Sa partie saillante a la forme d'une gibosité très régulière, allongée sur 25 kilomètres du N. (un peu N.-E.) au S., large d'une vingtaine de kilomètres et surmontée par deux exhaussements d'allure conique. L'une de ces sommités suprêmes, celle du nord, se termine à i,o53 mètres d'altitude par le Monte Gimino ; elle domine tout le système ciminien et les volcans de la province romaine. Sur ses flancs supérieurs, une dizaine de buttes de 5oo' à 800 mètres de hauteur absolue, 100 à 3oo de hauteur relative, entourent le culmen à quelques kilomètres à l'E. au N. et à l'O. et semblent les perles d'un gigantesque collier. La plus importante d'entre elles (802 mètres), celle du S.-O., est la Pallanzana, la montagne de Viterbe dont les pentes inférieures supportent la vieille cité.
L'autre sommité ciminienne occupe la partie méridionale du système. Elle serait d'un volume plus considérable que la précédente et 'porterait son sommet plus haut dans le ciel que le Gimino, si les pentes extérieures en étaient régulièrement prolongées. Mais ce cône est tronqué et fortement évidé par un cratère de 6 à 7 kilomètres de diamètre, cuve aux parois abruptes, très régulièrement arrondie, excepté à l'ouest où l'irruption d'un dyke, le Monte Fogliano, a rejeté sa muraille vers l'intérieur. L'arête qui au Fogliano a 963 mètres d'altitude garde 750 mètres de hauteur moyenne dans la partie septentrionale et orientale, tandis qu'au sud elle n'en compte que 600 à 65o ; une large brèche s'ouvre d'ailleurs de ce côté. Le fond du cratère (5oo mètres d'altitude), est occupé dans sa partie nord-orientale par un cône secondaire, Monte Venere. ou u Mont de Vénus » (800 mètres), dans sa partie méridionale par un lac en forme de croissant, d'environ 5o mètres de profondeur. Jadis le lac entourait complètement la montagne intérieure et lui formait un anneau, mais
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la brèche du sud-est, parlaqudle s'échappe Témissaire, a été abaissée et la nappe lacustre s'est peu à peu retirée vers les bas- fonds, laissant comme traces de son ancienne extension des dépôts et des marécages.
Les pentes inférieures des Cimini s'inclinent en douces ondulations, au N. vers les Vulsini, à l'O. vers les collines tolfaciennes, au S. vers les Sabatini et à TE. vers la vallée du Tibre qu'elles dominent de quelques dizaines de mètres. Mais la base du massif dont les produits furent arrêtés au N. et au S., lors des éruptions, par les deux groupes volcaniques voisins, ne correspond pas à l'allure générale du relief. Son f)érimètre, sensiblement elliptique, s'allonge d'E. en O. perpendiculairement à la partie saillante des Cimini, avec environ 40 kilomètres de grand axe, 25 de petit axe.
Les rivières qui naissent sur les pentes supérieures des Cimini et fuient avec une régularité remarquable dans toutes les directions avant de rejoindre les eaux du Tibre ou de la Marta, n'ont pas attaqué le massif de façon aussi intense qu'aux Vulsini. Il est vrai que le déboisement n'a pas pris des proportions aussi considérables, et, si ce n'est sur les flancs du Monte Venere et autour de quelques cités, les forêts enveloppent, encore presque complètement le massif. Les agglomérations humaines sont également plus nombreuses que sur le système voisin ; Viterbe, « la ville aux belles fontaines et aux belles filles », compte aujourd'hui plus de 20,000 habitants.
Quoique l'emplacement, la nature des produits, l'âge et l'histoire des Cimini et des Vulsini soient à peu près identiques, les deux domaines volcaniques présentent toutefois de grandes différences. D'une façon générale, les Cinimi forment un système moins complexe que celui des Vulsini; ils ne couvrent pas une superficie aussi vaste ; les groupes qui- les composent sont moins nombreux et surtout moins subdivisés en cratères et cônes secondaires ; aucun accident considérable et d'origine encore fortement discutée n'est venu troubler et compliquer leur allure et leurs relations. En somme, il reste au sujet des Cimini, une part beaucoup moins grande d'inconnu.
Comme pour le grand massif vulsinien, les travaux géographiques et géologiques traitant de la région abondent. La plupart, il est vrai, sont très anciens ou n'étudient le massif que d'une façon fragmentaire. Parmi les savants qui nous ont décrit les Cimini avec le plus
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avec le plus de soin et d'homogénéité, il faut citer Verri et surtout Sabatini dont le travail est d'ailleurs tout récent.
Les Gimini se sont édifiés entre les chaînes apennines et le massif de collines bordières qui forme le soubassement du volcan Tolfa, et si près de cette dernière intumescence de Técorce terrestre qu'ils semblent en occuper le flanc nord-oriental, un peu au delà du Tolfa, tandis que les premières arêtes de l'Apennin ne s'érigent qu'à i5 ou 20 kilomètres à l'orient.
Dans toute la partie voisine de ces collines bordières, les produits volcaniques reposent surtout sur les calcaires et les schistes des trois sous-étages éocènes, un peu sur les marnes du pliocène inférieur. Le niveau de contact varie selon la disposition et la forme du terrain. D'environ i5o mètres à l'ouest, où le massif est régulièrement bordé par une chaîne de petites collines arrondies de quelques centaines de mètres de hauteur, il se relève à 200, 3oo et même 400 mèires à mesure qu'on s'avance vers le sud. Dans cette région sud-occidentale qui se projette entre Gimini et Sabatini occidentaux, les assises du tertiaire inférieur assez irrégulièrement plissées ont pris, en effet, des allures un peu cahotiques et formé plusieurs chaînons de 450 à 600 mètres d'altitude, alignés de façons diverses, aux flancs desquels s'appuient les matériaux volcaniques. Les sédiments se prolongent même en plein domaine éruptif jusqu'à quelques kilomètres à peine des cheminées; on les voit affleurer comme des îlots au sud de Ronciglione où ils ont encore 35o mètrçs d'altitude, au sud de Vetralla où leur hauteur est de 365 mètres au-dessus du niveau marin.
Quelques petits affleurements sédimentaires se montrent dans la partie septentrionale des Gimini. A Villa Ravicina, près Viterbe, se voit le seul dépôt côtier de tuf calcaire reconnu dans le voisinage du volcan. A Bagnaïa, au pied nord-occidental de la Pallanzana, Verri a signalé sous la roche trachytique, la marne pliocène à une altitude de 450 mètres.
Le soubassement reparaît dans toute la partie orientale, profondément érodé par le Tibre dont la vallée borde le massif. Les érosions de la Vezza l'ont mis à nu au N.-E., celles de la Treja au S.-E. 11 garde une hauteur moyenne de i5o à 23o mètres. Hormis l'affleurement de roches antépliocènes, vaguement signalé par Verri, entre Orte et Bassanello, le sol est essentiellement composé de ce côté, de sédiments marins du pliocène supérieur et de dépôts plutôt saumâtres et conti-
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nentaux du quaternaire. Aux assises argileuses de base succèdent des couches de marnes et de sables, puis des lits de graviers et de cailloux tertiaires encore. C'est dans la partie la plus haute de cette série que se rencontrent les premiers éléments volcaniques, représentés surtout par Taugite. A l'époque moderne correspondent de petits lits de graviers et de sables cimentés de calcaires, dans lesquels s'intercalent des croûtes travertineuses et contenant abondamment des éléments volcaniques variés. Toutes ces couches plus ou moins épaisses sont ondulées et leur inclinaison peut dépasser 45 degrés [Verri]. Au delà du Tibre, elles vont s'appuyer à la grande arête régulière du San Pancrazio (1,026 m.), aux roches triasiques et liasiques, qui prolonge vers le S.-E. la chaîne d'Amelia.
Les premières éruptions ciminiennes eurent donc lieu à la fin de l'époque pliocène, alors que la mer Tyrrhénienne s'avançait encore à l'intérieur des terres, en un vaste golfe où le Tibre, la Nera et d'autres rivières descendues des Apennins, venaient déverser les débris arrachés aux montagnes et les restes de plantes et d'animaux. L'apport des cours d'eau, la sortie des masses brûlantes internes comblèrent peu à peu la dépression et la transformèrent en une vaste maremme que des cordons littoraux alignés entre les montagnes bordières, séparèrent de la haute mer. En même temps, un soulèvement important contribua à rejeter la mer dans ses limites actuelles et les épisodes volcaniques, qui à l'origine avaient été sous-marins, furent définitivement subaériens. Il n'est pas douteux que ce mouvement d'élévation du sol eut une influence sur les phénomènes volcaniques.
En réalité les Cimini sont formés par deux volcans distincts, ayant leur physionomie à part, quoique leur histoire soit mêlée assez intimement, et les deux cônes suprêmes qui couronnent le massif en représentent les parties supérieures.
On a signalé quelques dépressions de faibles dimensions, au sommet et sur le flanc méridional du Cimino, ainsi qu'à la Pallanzana, mais aucun indice certain n'a permis de reconnaître de cratère dans le massif du nord, connu sous le nom de Cimino proprement dit ou de Montagne de Soriano. Quelques auteurs ont vu dans les buttes secondaires qui entourent le cône supérieur, des appareils adventifs greffés sur la cheminée principale. Mais aucun orifice certain, aucune coulée distincte de lave ne se montrent sur les flancs ou au pied de ces collines ; de plus, les matériaux qui les composent n'offrent pas la dispo-
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sition inclinée commune aux appareils secondaires; ce sont plutôt des masses compactes, divisées en bancs horizontaux par les lithoclases. D'autres auteurs supposent que ces intumescences, premières émissions du massif, représentent des cumulo- volcans. Pour Sabalini, les buttes forment les restes d'une ancienne chaudière volcanique fragmentée, de 6 à 7 [kilomètres dé diamètre, au milieu de laquelle un cône plus jeune, le Cimino, s*est édifié, comme un Vésuve dans une Somma, et dont la partie méridionale est complètement détruite ou cachée sous les produits du volcan voisin. C'est en effet autour de ces deux orifices concentriques, la grande chaudière et le cône supérieur, que rayonnent les produits rejetés.
Les orifices du Vico, c'est-à-dire du massif méridional, sont plus nettement reconnaissables que ceux du Cimino. La plupart des géologues s'accordent pour voir dans la grande chaudière, un cratère véritable, dû à de gigantesques explosions. Le Monte Venere, cône secondaire intérieur, et le dyke de Fagliano, représenteraient les dernières phases d'activité du système ciminien. Des coulées épaisses de laves rayonnent autour de la vaste cavité terminale, mais ce sont surtout les matériaux incohérents qui ont contribué à la constitution du Vico.
La structure des Cimini est, en somme, d'une grande simplicité. A l'opposé de ce qui se voit dans certains groupes vulsiniens, aux Sabatini, aux Campi Flegreï et autres massifs complexes de l'Italie, où les orifices de sortie ont varié de façon considérable pendant l'histoire du volcan, les deux massifs ciminiens présentent dans la position de leur cheminée une grande rigidité. Quelles qu'aient été les phases diverses d'ém s s on, il semble certain que la montée des produits s'est faite exclusivement par deux grands conduits centraux. Les orifices ont tout au plus varié localement en se rétrécissant. Les deux volcans ne présentent même pas, comme au Latera, au Vesuvio ou aux Laziali, qui eux aussi ont gardé une grande rigidité dans la position de leur cheminée principale, des bouches et des cônes secondaires sur les flancs extérieurs; le Fagliano n'est qu'un filon, d'ailleurs encore dans la cuve centrale, et la bouche signalée par Verri près de Civita Castellana est tout à fait douteuse.
Les produits rejetés par les deux volcans sont assez variés. Ils offrent comme aux Vulsini deux types principaux, l'un trachytique, l'autre leucitique, apparaissant souvent isolés et clairement distincts,
ITALIE ET SICILE Cimini
mais présentant aussi en quelques endroits des gradations successives de Tun à Tautre. On a cherché à voir des oscillations régulières dans le degré d'acidité des roches successivement apparues. En réalité, le seul fait remarquable de ce genre est l'apparition de roches à sanadine d'abord, puis de roches à leucites. Les premières caractérisent le Cimino, les secondes le Vico.
Les matériaux les plus anciens des Cimini, hormis les éléments disséminés dans les sédiments de base, sont des trachytes à 62 p, c. de silice, à pâte grise, rougeâtre ou blanchâtre, vitreuse ou fluidale, contenant des cristaux de sanidine longs de 2 centimètres, de l'hypersthène et du mica abondamment. A l'œil nu, on dirait une lave. Sabatini appelle cette roche pépérite des hauteurs (i), parce qu'elle apparaît au cône terminal du Cimino et forme la plupart des buttes secondaires qui entourent ce sommet. Elle constitue probablement le noyau du volcan.
Contre les parois assez abruptes de cette roche vient se plaquer une roche de composition semblable, mais à cristaux généralement plus petits, et dont la pâte est diversement colorée suivant le degré d'altération : grise lorsque la roche, le moins altérée, à la consistance du tuf lithoïde ordinaire, puis rougeâtre ou verdâtre, enfin jaune ou blanche lorsque ses éléments n'ont plus aucurfe cohésion. C'est la pépérite typique de Sabatini, le Pépérino des habitants de la contrée, la Nécrolite de Brocchi. Cette roche, qui s'étale à l'est, au nord et à l'ouest comme un vaste manteau sur les flancs du Cimino, jusqu'à plus de dix kilomètres du cône supérieur, est de nature encore très discutée. Les uns y voyaient une lave, d'autres un tuf véritable, d'autres encore des fragments de la pépérite des hauteurs. Sabatini suppose qu'il s'agit ici d'une brèche ignée, formée par des lambeaux de roches fondues resoudés en masses compactes lors de leur chute sur le sol brûlant et à la faveur d'une haute température de l'atmosphère environnante. Les mouvements qui devaient se produire dans ces amas visqueux étaient insuffisants pour leur donner l'aspect de coulées, mais ils pouvaient en certaine partie amener la structure fluidale. Un laps de temps assez considérable dut s'écouler entre la
(ij Eile n'a rien de commun avec la pépérite de Limagne qui n'est probablement qu'un tuf basaltique.
MEDITERRANEK
formation des deux pépérites. La pépérite typique commença à se déposer alors que la mer avait déjà fortement attaqué les premiers matériaux, et ses bancs inférieurs englobèrent les cailloutis arrachés à la pépérite supérieure.
Les derniers produits du Cimino, relativement acides, furent rejetés par le cône central. Des lambeaux de labro-andésites à mica noir, andésine et hypersthène, d'andésite à mica noir et olivine, différant seulement de la pépérite sousjacente par la présence de ce dernier élément se montrent au sud de Soriano. Une coulée d'andésite à olivine descend du sommet du Cimino jusqu'à la Madona di Loreto, à quatre ou cinq kilomètres au nord-est. Une autre coulée de labradorite, passant à la labro-andésite à mica noir et olivine, avec environ 55 à 57 p. c. de silice, descend vers la Quercia, à huit kilomètres au nord-ouest, en passant entre la Pallanzana et la butte de San Valentino. C'est cette dernière roche que Washington désigne sous le nom de Ciminite et Ransome sous celu de Latite [Sabatini].
La plupart des géologues s'accordent avec Sabatini pour déclarer que le Cimino n'était pas encore éteint lorsque le Vico entra en éruption. Toujours est-il que l'activité du volcan du sud ne débuta que longtemps après celle de son voisin et qu'elle se maintint très probablement bien au delà du temps où toute manifestation violente avait cessé de se produire au Cimino. Le foyer principal du massif s'est ainsi déplacé du nord au sud.
Si, comme le suppose Sabatini, la roche trouvée au fond du Fosso Malino appartient au Vico, les premières éruptions du volcan méridional rejetèrent de la leucotéphrite acide ; cette roche est intercalée entre la pépérite typique et les tufs lithoïdes qui d'ailleurs en contiennent des fragments. Quant aux tufs lithoïdes, formation générale, qu'on retrouve dans toute l'Italie centrale volcanique, lils constituent en grande partie le massif de Vico où ils peuvent atteindre des épaisseurs déplus de 100 mètres. Ils entourent les Cimini comme un croissant ouvert au nord et quelques plaques seulement se retrouvent aux flancs septentrionaux du Cimino. Ces tufs sont généralement jaunes, parfois bleuâtres, rougeàtres ou gris ; ponceux à la base, ils sont chargés de leucites vers la partie moyenne, au sommet ils alternent avec des couches épaisses de lapillis leucitiques. On n'est pas d'accord sur l'origine de ces matériaux ; Verri y voit les produits d'éruptions fangeuses.
ITALIE ET SICILE Gimlnl
C'est dans ces tufs divers ou sur leur surface, que sont intercalés ou posés les autres produits- du Vico. Verri signale de grandes masses de leucitophyre sur tout le versant nord-occidental. En divers points, à Touest, au sud, à Test, on voit affleurer des leucotéphrites. Les unes sont acides, les autres basiques ; elles renferment des cristaux de leucites variant de 2 centimètres de grandeur à un état si petit, qu'elles ne semblent plus sur la roche qu'un tin pointillage blanc. D'une façon générale, ces roches sont situées d'autant plus haut qu'elles renferment des éléments plus volumineux, mais parfois aussi les roches à petites leucites sont intercalées parmi les autres. Le « Petrisco » n'est qu'une variété de leucotéphrite acide, très fendillée. Une coulée formée par cette roche, la plus longue des Cimini, commençant au sud du Cimino s'étend sur plus de 1 1 kilomètres vers le nord-ouest. Au pied de la Pallanzana elle se divise en deux branches dont l'une, celle du sud arrive aux portes de Viterbe. Quoique le point d'origine de cette coulée soit absolument invisible, il est très probable qu'elle appartient réellement au Vico : d'autres roches de composition semblable apparaissent sur les pentes du volcan, dont elles sont issues, et le pendage général du flot de pierre est bien celui que prendrait une coulée déversée du bord septentrional du Vico.
Postérieurement à l'émission de ces laves, le Vico rejeta encore avec des matériaux incohérents, des trachytes semblables à ceux des Vulsini, qui s'injectèrent en filons à travers les matériaux déjà déposés des environs de Vétralla, des trachy-andésites, des andésites micacées, des labradorites visibles en quelques points sur les flancs extérieurs de la montagne, ou sur la coupe que présentent les remparts du cratère. Le Monte Venere émit vers le sud-est de petites coulées de leucotéphrites et projeta quantité de cendres de scories et de lapilli. Enfin au versant occidental de cette butte interne, ainsi qu'au Monte Fogliano,une dernière manifestation injecta des dykes que vom Rath -dit formés de trachyte leucitique, Rosenbusch de phonolite.
On ne sait exactement vers quelle époque se terminèrent les éruptions ciminiennes. Il ne reste aujourd'hui de cette activité intense que quelques manifestations atténuées. Les Cimini partagent certes avec les Vulsini les soixante sources du Piano di Viterbo. Des eaux sulfureuses jaillissent au midi du Vico, entre Nepi et Ronciglione ; d'autres sources encore, tant minérales que thermales s'épanchent des flancs du
MÉDITERRANÉE
massif à Bagnaccio, à Orte, etc. Des bancs de travertins étages dans les couches volcaniques depuis les graviers du sous-sol témoignent également de la constance des sources calcaires. La colline travertineuse de San Sisto, le long de la route de ViterLx» à Vetralla, a l'aspect d'une échine longue de 60 mètres, haute de 5 à 7 mètres Aux environs de Viterbe la source de Bulicamc (80 degrés), a formé un amas copieux de concrétions : elle continue d'ailleurs encore son travail de nos jours.
Le troisième massif volcanique romain est connu sous le nom de
Sabatini ou de volcan de Bracciano. \\ s'étend immédiatement au N.-O. de Rome et Ton peut voir du haut de quelqu'édifice de la capitale italienne, l'un ou l'autre de ses pitons ou de ses arêtes cratériques fermer l'horizon, au-delà des mornes espaces de la Campagne,
La partie saillante du massif, celle où les produits ont gardé le plus de cohésion, celle, d'ailleurs, où les phénomènes volcaniques se sont manifestés avec le plus d'intensité, occupe un espace assez régulièrement elliptique, de 40 kilom. d'E. en 07 de 25 du N. au S. Elle est limitée au N. par la Treja, qui la sépare des Cimini, à l'O. par les collines tolfaciennes et les massifs trachytiques de Gerveteri,au S. par la Campagne de Rome et à TE. par le Tibre et la colline allongée de Soratte. Cette région supérieure n'a pas la vigueur de relief des massifs ciminiens et aucune saillie imposante n'invite le vovageur à l'ascension. Mais elle rivalise en majesté avec le groupe du nord, par l'incomparable bassin de Bracciano qui en occupe la partie occidentale, vers le foyer ouest de l'ellipse de base. L'énorme coupe, plus régulièrement circulaire encore que celle de l3olsena compte 8 à 9 kilomètres de diamètre. Le miroir argenté de ses eaux, dans lequel se reflètent les parois escarpées mais en général peu élevées du bord et les quelques cités groupées sur la crête, n'est qu'à 160 mètres au-dessus du niveau de la mer et les points les plus bas que la sonde ait révélés donnent à la nappe liquide une épaisseur de i56 mètres. Une ville ruinée, dit la légende, l'antique Sabate ou Sabatia, qui a donné son nom au massif, dormirait dans les profondeurs, engloutie à une époque éloignée par une effroyable catastrophe.
Toute la région qui s'étend au N. au NO. et à l'O. de la vasque lacustre est très accidentée. Quantité de collines aux pentes boisées, aux sommets généralement arrondis s'y dressent les unes à côté des
ITALIE ET SICILE Sabatini
autres, laissant entre Jeurs pieds d'étroites vallées ou de petites plaines transformées en marais. D'une façon générale, elles forment un vaste croissant autour de la cavité de Bracciano et c'est dans la partie médiane que la surrection est la plus marquée. Tandis que les collines qui s^érigent au NE. et au SO. du lac parviennent à peine à une hauteur moyenne de 3oo à 35o mètres, celles qui se dressent au N. et au NO, atteignent 5oo mètres d'altitude moyenne au-dessus du niveau marin. Le Rocca Romana, piton suprême du massif sabatin, porte à 602 mètres sa cime pyramidale, au NNO. de Trevignano. A quelques kilomètres plus loin, dans la direction des Cimini, le Monte Calvi atteint 585 mètres, le Monte Termini 590. Une autre intumescence importante, dont le pied est baigné par le lac au NO. est le Poggio il Sassetto ; elle atteint 53o mètres.
Vers l'orient au contraire, un groupe de cavités succède à la dépression de Bracciano. La Terre offre peu d'exemples d'une disposition aussi régulière que celle de ces cuves. Qiiatre d'entre elles sont rigoureusement alignées suivant le grand -axe du massif et la plus orientale occupe le foyer oriental de l'ellipse de base. Elles sont si rapprochées que leurs arêtes sont tangentes. Leur diamètre respectif est d'autant plus grand qu'on s'éloigne davantage du lac ; le bassin de Polline, la cavité qui touche au bord oriental du Bracciano n'a qu'un kilomètre et demi; à Martignano la distance d'un bord à l'autre est de deux kilomètres et demi; elle atteint trois kilomètres et demi au Baccano, la coupe la plus régulièrement circulaire du groupe, et 4 ou 5 kilomètres au Scrofano. Les trois autres cavités du groupe ont d'un à deux kilomètres de diamètre : elles s'ouvrent au N. du Martignano et du Polline.
Une seule parmi ces dépressions caractéristiques, celle de Martignano, a retenu les eaux dans l'intérieur. de son enceinte et sa partie occidentale est ainsi occupée par un beau lac ovalaire. Mais la plupart des autres cuves ont au moins gardé des traces, dépôts ou marécages, d'une ancienne occupation par les eaux. Quelque brèche ouverte dans l'enceinte aura permis aux lacs de se vider.
En général le fond des cavités orientales du groupe sabatin. est à 200 mètres au-dessus du niveau marin, mais la hauteur des crêtes varient. Elle augmente toutefois assez régulièrement de TO. à l'E. en même temps que les diamètres s'élargissent ; d'environ 25o au Polline elle passe à 3oo et 35o mètres plus à l'est. Le point le plus élevé de
MEDITERRANEE
cette partie des Sabatini se dresse entre la cuve de Baccano et celle de Scrofano; c'est le Monte Razzano qui atteint 433 mètres ac-dcrsus des mers.
Excepté dans toute la région nord-occidentale où la tortueuse Mignone sépare à peine les collines volcaniques sabatines des chaînons sédimentaires delà Toifa,de toutes parts autour du lac. des collines, des cavités, les pentes du massif s'inclinent vers l'extérieur plus ou moins régulièrement. Les produits volcaniques s'étalent encore bien au-delà des limites ovalaires de la partie saillante, d'une part vers le sud, jusqu'aux marais du littoral et aux berges du Tibre, d'autre part vers l'Est, autour du Monte Soratte et même par delà les bords orientaux du fleuve de Rome, et cette masse de matériaux ajoute à la surface couverte par les Sabatini un espace de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Mais les produits volcaniques ne se présentent en ces régions qu'en couches peu épaisses et d'ailleurs fortement divisées par les érosions. De plus, il n'est point douteux qu'une bonne partie d'entre eux appartiennent aux éruptions du volcan lazial, qui s'érige au sud de Rome et aux petits orifices volcaniques signalés par Moderni entre Rome et Poggio Mireto.
Le sous-sol du massif de Bracciano est, dans ses grands traits, semblable à celui des autres volcans romains, mais il offre toutefois quelques particularités caractéristiques. Les collines tolfaciennes supportent les produits volcaniques à des hauteurs de 3 et 400 mètres, davantage même. Elles sont formées, comme on sait, d'assises calcaires et schisteuses assez fortement plissées, appartenant aux trois étages éocènes. De plus, elles ont été percées du coté oriental par des roches trachytiques, probablement miocènes, formant trois groupes, dont deux sont isolés dans les produits sabatins à 3 ou 4 kilomètres des bords du grand lac. Quelques petits lambeaux de marnes du pliocène inférieur apparaissent également de ce coté à la limite du massif sabatin ou au pied des roches trachytiques.
Au NE. du massif, l'accident le plus curieux est représenté par le Monte Soratte. Cette colline, de 5 kilomètres de long sur un ou deux de large, dirigée NO. -SE. et dont le sommet atteint 691 mètres de hauteur est en somme un lambeau de voûte anticlinale. Elle est formée de couches concordantes de calcaires divers appartenant au triasique supérieur et au jurassique et plongeant au SE. A 8 kilomètres environ dans cette même direction un affleurement jurassique
ITALIE ET SICILE Sabatini
reparaît et dans Tespace intermédiaire Téocène moyen est également visible. Les argiles, marnes et sables pHocènes enveloppent ces terrains du secondaire et du tertiaire inférieur et s'étendent d'ailleurs, de l'autre coté du Tibre jusque sur les flancs des premières chaînes apennines. Leur niveau de contact avec les tufs volcaniques est à 200 mètres environ au-dessus du niveau marin.
Dans tout le reste des Sabatini, partout où le sous-sol apparaît, c'est-à-dire» au SE. et surtout au S. où les rivières ont si régulièrement aflfouillé le sol, le socle du massif est essentiellement constitué par les mêmes assises pliocènes que celles qui entourent la colline de Soratte. Parfois un peu de gravier et de calcaire s'y mêle, et, en quelques end oits, notamment au NE. de Rome le quaternaire participe également à la formation du substratum. L'altitude moyenne dans toute cette partie du massif, va en diminuant de la partie saillante vers le S. De 12b mètres encore à 10 kilomètres du lac et des cavités orientales, elle baisse peu à peu à 100, puis à yS et n'offre plus au bord du bas Tibre que des hauteurs voisines de 5o mètres.
D'une façon générale, le socle du massif de Bracciano a donc une inclinaison N.-S. et l'on peut supposer que sa hauteur moyenne sous la partie saillante du massif est de i5o mètres environ. La cavité de Bracciano serait donc presqu'en entier creusée dans les sédiments.
De même que pour la cavité de Bolsena, les hypothèses sur la formation du bassin de Bracciano ont divisé les savants. Les mêmes arguments et les mêmes objections ont appuyé ou combattu l'une ou l'autre façon de voir, et pour la dépression sabatine comme pour celle des Vulsini, on ne sait pas encore exactement quelles furent les causes originelles. En tous cas, quelques pas ont été faits.
Il n'est certes plus possible d'attribuer la formation du vaste bassin à de gigantesques explosions et de considérer, par suite, cette dépression, comme un véritable cratère ainsi que le sont chacune des autres cuves du massif. Nulle part, pour ainsi dire, sur le pourtour du lac, les produits volcaniques ne se disposent en couches inclinées vers l'extérieur, comme c'est le cas pour les orifices ayant eu cette origine. Aux deux points du bord où ces conditions sont réalisées, il est facile devoir que l'on a affaire à des restes d'édifices secondaires. Il s'agit de deux cratères réguliers, égueulés du coté du lac, l'un, large de deux kilomètres, situé au NE et portant sur son arête la cité de Trevignano, l'autre, large de trois kilomètres, dont il ne reste que la
MÉDITERRANÉE
moitié méridionale, situé au sud du lac et abritant la petite plaine de Vigna di Valle. Au N., au NO. et au SO., au contraire, les tufs s'inclinent vers la vaste dépression et quelques coulées descendues des hauteurs voisines aboutissent au lac. Dans tout le reste du pourtour les produits sont horizontaux ou de stratification incohérente, et il est difficile de rapporter à quelque centre bien défini les petites masses de lave qui sV intercalent en quelques endroits.
De plus, comme il est probable que la cuve de Bracciano est creusée dans les sédiments, ces masses non volcaniques devraieni se retrouver en assises puissantes autour du bassin où les explosions les auraient rejetées. Or, les inclusions des produits sabatins n'offrent aucune surabondance caractéristique.
D'autres auteurs ont vu dans le bassin de Bracciano, une dépression formée par effondrement et donnent pour cause à cet affaissement, le vide produit dans les profondeurs par la sortie des masses volcaniques. La position à peu près centrale de la cuve, sa formation, postérieure à la venue des masses environnantes qu'elle recoupe et déforme, son volume peut-être qui semble de prime abord assez égal à celui des matériaux rejetés donnent à cette façon de voir quelque apparence de réalité. Quoi qu'il en soit, la cavité sabitine est relativement jeune. Elle est postérieure à l'activité des cratères de Trevignano et de Vigna di Valle. La légende de la disparition de Sabate semblerait même placer sa formation dans la période historique.
Les Sabatini présentent une structure assez complexe. Ils se distinguent surtout, par le grand éparpillement de leurs orifices, correspondant sans doute à un réseau serré de fractures de l'écorce, par la diversité et les petites dimensions des appareils et le peu de saillance générale du relief, témoignant d'une production peu abondante. Plus de cinquante orifices ont été décrits par Moderni, autour de la vaste cuvette lacustre. Suivant leur forme et leur structure, on peut les réunir en trois groupes principaux.
Une première catégorie d'appareils est représentée par des cratères d'explosions, à peine surélevés au-dessus des contrées voisines et presque exclusivement formés de matériaux incohérents : ce sont les cavités régulières qui s'alignent à l'orient du lac de Bracciano. Toutes présentent nettement la structure cratérique: quelques-unes, Martignano et Baccano, offrent dans l'intérieur de leur enceinte des
ITALIE ET SICILE Sabatinl
indices de cratère plus petit; Baccano et Scrofano semblent, à leur tour, être contenues dans une chaudière de forme elliptique, beaucoup plus vaste ; Scrofano seule est surmontée de pitons secondaires, dont quatre sur l'arête, au NO., au N. et au SE., deu.x sur les versants au NE. et au S.
Scrofano, Martignano, PoUine et le cratère qui touche au N. à cette dernière cuve, ont probablement émis des coulées de laves dont les restes seraient représentés par les lambeaux rares, insignifiants et éloignés des cratères que l'on rencontre aux environs de Castelnuovo -et à l'E. et au SE. d'Aiguillara. Trois des cônes adventifs du Scrofano ont rejeté des laves en coulées peu étendues, mais nombreuses.
A la seconde catégorie d'appareils appartiennent les deux cratères de Trevignano et de Vigna di Valle. La forme conique est ici nettement indiquée et les produits sont représentés par des matériaux meubles et des laves.
Le Trevignano a été en grande partie recouvert par les appareils voisins du N. et du NE. Quelques-uns de ceux-ci doivent, peut-être, être considérés comme des cônes adventifs. Les tlancs du volcan ne sont visibles qu'à TE. et à l'O., et de même que sur la paroi interne du cratère, on peut y reconnaître des couches de tufs et de scories alternant avec des masses de lave. A Touest près S. Fillippo, un amas de lapilli indique un infime petit cône adventif.
L'autre cuve, le Vigna di Valle, est plus importante. Sur la paroi interne, une couche de lave s'étend d'un bout à l'autre de l'amphithéâtre, séparant les tufs lithoïdes de la base des tufs incohérents et des cendres du sommet. A cette cuve se rapportent certainement les vastes nappes de lave qui s'étalent sur les flancs. Quelques petits lambeaux se montrent au SE., mais au sud la masse de pierre fondue couvre une surface de près de 20 kilomètres carrés, s'étendant à partir du quatrième kilomètre du bord jusqu'au dizième, sur deux ou trois mille mètres de largeur. Il y eut probablement de ce côté plusieurs coulées importantes, et- aujourd'hui encore, malgré le grand morcellement, c'est la masse lavique la plus considérable des Sabatini.
A l'est du Vigna di Valle, le promontoire qui supporte la cité d'Aiguillara est peut-être un cône adventif du volcan voisin.
Enfin le troisième groupe d'appareils est représenté par des masses coniques ayant donné des laves et des produits meubles, mais où le cratère est généralement absent. Ce sont les collines qui bordent à
MEDITERRANEE
rO. au NO., au N. et au NE. la dépression de Bracciano. On j">eut y voir quatre massifs principaux formés par la réunion de cônes. Le plus homogène est le massif du Sassetto, intumescence d'environ quatre kilomètres de base, presque en entier limitée par deux attluents du lac. Aux flancs NE., NO. et S. des orifices secondaires surmontent cette gibbosité principale. Celui du S. est formé d'une bouche, au centre et sur l'arête de laquelle deux autres cônes onl surgi. Tous ces orifices ont émis des produits meubles et de la lave en plus ou moins grande abondance.
Moderni a cru reconnaître, sous le Poggio il Sasseto, des indices d'un ancien cratère dont la plus grande partie serait aujourd'hui engloutie sous le lac.
Un second groupe important de cônes est formé par les collines qui se dressent au N. du lac entre Trevignano et Bassano di Sutri; trois d'entr'elles sont assez imposantes : Monte Rocca Romana, Termini etCalvi; une plus petite : Cavriglia. Quelques-unes ont un ou deux cônes ou cratères secondaires constitués par de petites masses de laves dans leurs tufs. Mais il semble que ces cônes volcaniques se soient formés sur l'arête ou à l'intérieur de cratères larges de quelques kilomètres, et dont les plaines marécageuses qui entourent les collines représenteraient les fonds. De sorte qu'on aurait, dans cette partie des Sabatani, le même phénomène que celui du Scrofano. mais plus prolongé. Aux cuves d'explosion auraient succédé des orifices restreints dont les éruptions auraient accumulé les produits en masses coniques et recouvert ainsi presque en entier les premiers appareils.
Ces deux groupes principaux se prolongent par deux groupes de moindre importance. D'une part, vers l'orient où une dizaine de cônes, dépassant rarement un kilomètre de largeur à la base, s'alignent diversement entre Trevignano et N^ipi sur un espace de 5o kilomètres carrés. Quelques cratères s'ouvrent également dans cette partie des Sabatini; l'un d'eux, le Monterosi est rempli par les eaux d'un lac; c'est la seule cuve des Sabatini où les produits volcaniques s'inclinent à la fois vers l'extérieur et vers l'intérieur. Des culots de lave se dressant au-dessus des assises meubles indiquent l'emplacement d'anciennes cheminées. Pres.juj tous ces orifices volcaniques ont émis des laves, dont quelques coulées atteignant plus de 5 kilomètres de long se sont répandues vers le NE.
D'autre part, aux deux groupes principaux de cônes, succède au
ITALIE ET SICILE Sabatini
S le groupe de Bracciano, formé par les 5 ou 6 cônes, dont le plus grand a i kilom. 5 de base qui entourent et supportent la ville du même nom. Des apparences de cratère se voient au sommet ou sur les flancs de quelques-uns. Les laves qu'ils ont émises sont en général assez rares et peu importantes. Mais, vers le SO., le Fosso délia Mola et deux de ses affluents ont mis à jour sur une longueur de 6 à 7 kilomètres des masses de laves qui pourraient être rapportées en partie du moins au Cappuccini, le plus méridional des cônes du groupe de Bracciano.
On n'a pu encore donner un centre d'origine à la masse de lave qui apparaît sur une surface de 5 à 6 kilomètres carrés au NO. du Calvario, à la limite nord-occidentale du massif Sabatin. Peut-être faut-il y voir un point d'éruption locale un p.eu éloigné des autres orifices sabatins.
Q.uoique rejetés par des appareils si divers, les produits sabatins n'offrent pas une aussi grande variété de composition que ceux des grands massifs qui se dressent au septentrion. Les matériaux meubles ou ayant été meubles lors de leur venue au jour sont de beaucoup plus importants que les laves. Ils sont ou lithoïdes ou incohérents, et en général d'autant plus durcis qu'ils sont plus rapprochés du soussol, par suite plus anciens. De même, on peut constater de la base au sommet un3 certaine diminution d'acidité, le remplacement de types teldspathiques par des types à leucite. Des tufs trachytiques sont visibles au fond de la chaudière de Scrofano, dans toute la région qui s'étend au sud-est de ce cratère et vers le nord dans les vallées voisines de Mazzano. D'autres tufs, contenant de grosses ponces noires, ceux que l'on retrouve en si grande abondance aux Cimini et aux Vulsini, apparaissent dans la partie occidentale de la Campagne jusque près des massifs trachytiques de Cerveteri, et au nord même de Rome, sur les deux rives du Tibre; leurs assises puissantes affleurent surtout dans la partie septentrionale du massif sabatin où elles se mêlent à celles des Cimini. A la partie supérieure du massif viennent les tufs basaltiques, les cendres, les scories, les sables, les lapilli et les blocs et bombes divers qui forment la plupart des cônes adventifs. En quelques endroits, notamment au nord-ouest du Calvario et autour des cratères de Martignano, de Baccano et de Scrofano, des conglomérats volcaniques divers alternent avec ces matériaux, dont ils ne seraient d'ailleurs, d'après certains auteurs,
que des variétés, transformées lors de leur apparition par leur mélange avec les eaux de pluie.
Hormis les masses de trachyte de la région occidentale, que Ton peut considérer comme des volcans à part, les laves des Sabalini, intercalées dans les produits meubles ou superposées à ces produits, sont composées essentiellement de roches leucitiques. Ce sont surtout des leucitites proprement dites, compactes et grises, avec de beaux cristaux atteignant parfois i centimètre; ce sont quelquefois des leucotéphrites, sombres et à grain fin [Sabatini]. Washington a recueilli au bord nord-ouest du lac une leucophonolite à pâte foncée sur laquelle apparaissait de nombreux cristaux de leuciteet d*augite.
D'après la plupart des géologues qui se sont occupés «le la région, les premières manifestations des Sabatini eurent lieu vers la fin de l'époque pliocène. Pendant toute la «durée de l'histoire du groupe volcanique, les éruptions furent successivement marines, saumàtres, lacustres et terrestres, comme 1 attestent l'horizontalité des tufs inférieurs et les fossiles divers, que les produits meubles et les bancs de travertins intercalés entre les couches ont livrés aux chercheurs. Il est probable que l'activité s'apaisa avant l'âge où les hommes savaient déjà tailler la pierre, car on a retrouvé sur le bord du cratère de Vigna di Valle des objets datant de cette époque [SABATINI].
Pendant la période historique, on ne signale, en effet, aucune grande manifestation volcanique aux Sabatini. Quelques petits phénomènes survenus dans la partie orientale du massif attirèrent toutefois l'attention des savants. Dans les derniers jours d'octobre i856, il se produit, à 2 kilomètres au nord-est de Leprignano, dans la vallée du Fosso S. Martino, une sorte d'explosion volcanique : le sol se fend, des grondements souterrains se font entendre, des flammes apparaissent, des matériaux, poussière, boue et blocs sont projetés en l'air. Un gouffre à parois verticales, de roo mètres de largeur et de 3o mètres de profondeur, s'était formé ; il était plein d'eau dont la température était plus chaude de 7 degrés que celle de l'air ambiant et des gaz, notamment l'hydrogène sulfuré, s'y dégageaient avec abondance De là son nom de Lagopuzzo, a lac fétide ». L'activité s'amoindrit rapidement; un mois après, tout était apaisé.
En avril 1895, un phénomène assez semblable se produit à 2 kilomètres et demi au nord. Une petite zone de terrain s'effondre formant une cavité de 200 mètres de diamètre, 20 mètres de profondeur, et par
ITALIE ET SICILE Sabatlnl
la fente qui circonscrivait cette fosse, du gaz hydrogène sulfuré jaillit. Trois jours après, trois détonations éclatent dans la région éprouvée, suivies d'un sifflement aigu et d'un coup de vent violent. On vit des flammes violacées sortir de terre dans la direction d'où venaient ces bruits et une forte odeur de soufre brûlé se répandit dans les environs. Peu à peu l'eau de la rivière combla la dépression et en fit un petit lac, le Nuovo lago. Deux sources sulfureuses et une autre ferrugineuse apparurent sur la fente; l'hydrogène sulfuré venait partout crever à la surface de l'eau. Vers la fin du mois, toute activité avait cessé.
Il est probable que d'autres manifestations à peu près semblables eurent lieu en cette région; les deux petites cavités qui s'ouvrent à l'ouest du Nuovo lago semblent s'être formées de cette manière. De même, dans la partie occidentale des Sabatini, à l'ouest des cônes trachytiques de S. Vito, une petite dépression cratérique, la Caldera, entourée de bombes, de lapilli et de blocs de lave, fut sans doute aussi un point d'éruption distinct; elle émet encore abondamment des gaz divers parmi lesquels dominent l'acide sulfurique et l'acide carbonique.
Ponzi,qui a étudié le phénomène de i856, y voit une petite éruption volcanique bien caractérisée. {Sulla eru:^ione solfàroso.,. il Lagopu:{:[0. Atti Ace. Pont. d. Nuovi Lincei, vol. X, Roma, iSSôôy.) Pour Moderni, qui nous rapporte celui de iSgS, il n'y aurait que de lointaines relations avec le volcanisme. Le savant italien pense simplement que la cause principale du phénomène, l'effondrement, est due à une dissolution des calcaires secondaires et éocènes qui forment le sous-sol de la contrée. (// nuovo lago... BoU. R Com. geol. Roma, 1896, p. 46.)
Aujourd'hui les Sabatini, comme les autres volcans romains, ne forment plus qu'une vaste solfatare. Quelques cratères, notamment le Scrofano rejettent l'acide carbonique et l'acide sulfurique par de nombreux orifices. Des solfatares et des mofettes émettent les gaz fétides un peu partout sur les pentes du massif. Mais c'est surtout dans la région occidentale que les évents se rencontrent. C'est de ce côté, entre les deux massifs de San Vito et Calvario, que se trouve la Solfatara de Manziano, région bien connue blanchie par les fumerolles sulfureuses et au delà les sources chaudes de Stigliano. Des émissions diverses, des dépôts de soufre, des sources thermales, minérales, acidulées jalonnent la lisière occidentale du massif et dans
MEDITERRANEE
les tufs qui surmontent les assises tertiaires du versant méridional de la Paganella, colline dominant Vejano, une petite salse surgit.
Enfin les sources travertineuses ont édifié à la bordure sud-occidentale du massif et surtout à Test entre Leprignano et les rives du Tibre, leurs nappes et leurs croûtes incrustées de fossiles.
Laziale, forme une bonne partie de la contrée que les Anciens désignaient sous le nom de Latium. Les nombreuses collines qui en accidentent la partie supérieure lui ont fait donner quelquefois le nom de Monti ou Colli laziali. Albe, rivale de la Rome primitive, a également laissé au massif l'appellation de Colli ou Monti Albani.
Le grand massif, isolé dans la partie sud-orientale de la vaste dépression o j se sont édifiés les quatre systèmes volcaniques romains occupe une place un peu à part. La distance qui le sépare au N. des Sabatini est presqu'égale à celle qui sépare ce dernier massif des groupes vulsiniens et c'est grâce à cet éloignement et par suite au peu de saillance du seuil qui unit les deux systèmes voisins de Rome que le Tibre a pu se frayer un chemin vers la mer, coupart ainsi la chaîne volcanique.
Les produits du volcan Laziale buttent au NE. et au SE. aux hautes saillies des avants monts Apeninns et des Lepini qu'ils recouvraient jadis en partie, tandis qu'à l'E., entre les deux groupes de chaînes ils s'étalent encore au loin dans la vallée du Sacco jusqu'aux portes d'Agnani. Au N. au NO., au SO. et au S. ils sont assez nettement limités par l'Aniene, le Tibre inférieur, les dunes maritimes et les terres basses que couvrent les vastes forêts de Nettuno et de Cisterna. Ainsi arrêtée, la base du volcan présente un périmètre assez régulièrement circulaire, un diamètre de 40 à 5o kilomètres.
La forme générale du Laziale est simple et régulière. C'est un vaste cône, aux pentes insensibles d'abord à la phériphérie, mais de plus en plus accentuées à mesure qu'on s'approche de la partie centrale du massif. Toutefois au SE. et au NE., du côté des Lepini et des chaînes apennines, l'accumulation des matériaux a formé deux arêtes, qui servent de limite à divers bassins fluviaux : Tibre au N., Sisto au SO. et Liri, par le Sacco, au SE. Le sommet du Laziale est très accidenté et témoigne Jes phases volcaniques variées par lesquelles passa le massif. Une première chaîne de collines que l'on rencontre en venant du N., de l'E. et du S., indique nettement l'emplacement
ITALIE ET SICILE Lazi^lle
d'une vaste chaudière volcanique d'allure assez irrégulièrement circulaire, et mesurant en moyenne lo- kilomètres de diamètre : on lui donne d'ailleurs le nom de «< Cratère tusculan » ou de l'Artemisio. Ce reste d'enceinte, morcelée en petites collines allongées et en pitons coniques se dresse à 700 mètres de hauteur moyenne dans toute sa partie septentrionale. Au NE. il s'abaisse de quelques dizaines de mètres pour reprendre vers le SE. des altitudes de 800 mètres, de 900 et même atteindre 939 mètres de sureccion majeure au Monte Peschio, à 4 kilomètres au N. de Velletri.
Dans toute sa partie occidentale et sud-occidentale, l'ancien rempart a complètement disparu et deux larges cavités lacustres en occupent l'emplacement, La plus vaste, contenant le lago di Albano, située à l'O. même de la vaste enceinte et au N. de la ville d'Albano, s'allonge du NO. au SE. sur 4 kilomètres de distance; sa largeur est d'environ 2 ou 3, 000 mètres. Le bord de sa coupe, dont l'altitude varie de 400 à 55o mètres, tombe par des parois presque verticales dans la nappe liquide; celle-ci est au niveau 293 et le fond du lac à 170 mètres plus bas. L'autre cavité, au fond rempli par le lago di Nemi ou de Genzano, n'a que 3 kilomètre du NNE. au SSO. et 2 transversalement. Mais ses parois nues, plus rapprochées et plus élevées que celles de la vasque voisine lui donnent un aspect plus austère, plus mélancolique. Le bord a 425 mètres dans sa partie méridionale,mais il s'élève graduellement vers le N, où il peut atteindre 660 mètres. L'eau s'est localisée dans la partie méridionale de la cuvette; son niveau est à 325 mètres, son fond à 29 1 .
Une troisième cavité assez importante, le Valle d'Ariccia, s'ouvre également de ce côté du Lazialc, au S. du lac d'Albano, à l'O. de celui de Nemi. Elle a du N. au S. 3 kilomètres de longueur et 2 de l'E. à l'O. Dans sa partie méridionale, son bord élevé de 3oo mètres environ domine la campagne environnante tandis qu'au N. il est au contraire creusé dans le flanc du cône d'Albano. Cette dépression peu profonde fut jadis lacustre, comme en font preuves les dépôts qui la tapissent.
La partie supérieure de Laziale est formée par un second cône, très régulier, occupant à peu près la partie centrale de l'enceinte extérieure. Au N. à l'E. et au SE. sa base forme avec la chaîne tusculane une dépression en forme de croissant, ayant de 400 à 600 mètres d'altitude, que l'on désigue,par analogie avec le Vésuve, l'Atrio di Molare, tandis qu'à l'O. elle vient dominer les cuves d'Albano et de Nemi. Le
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sommet de ce cône interne est également évidé; la dépression terminale a un ou deux kilomètres de diamètre, son fond dépasse ySo mètres au-dessus de la mer et son bord dentelé atteint en moyenne 900 mètres, q56 à la Punta délia Faette, la plus haute cime du Laziale, située au SE. de cette coupe. Une légende, en désaccord avec l'histoire, fait de celte cavité suprême du Laziale une des places où le fils d'Hamilcar Barca établit son camp: de là son nom de Campo d'Annibale.
Les colli Laziali ont en grande partie gardé leurs forêts d'orangers et de citronniers. Si ce n'est dans le fond du Campo d'Annibale, autour des cités et sur quelques terrasses du versant interne du cratère tusculan, toutes les pentes supérieures sont revêtues d'un épais manteau de verdure. C'est également sur les remparts supérieurs de cette citadelle naturelle et principalement dans le voisinage des lacs que se sont groupés les cités et les Castelli romani, Frascati, Marino, Castello, Albano, Ariccia, Nemi,Civita Lavina, Vellettri, d'autres encore, appartenant à diverses époques de l'histoire, témoignent de la force attractive des hautes régions du Laziale. Plus bas, sur les versants si régulièrement érodés et découpés par les innombrables ruisseaux, sont les cultures, les vignobles et aussi dans le voisinage de Rome, les espaces mornes et arides de la Campagne. Lieu de refuge et d'observation, baigné de lumière et d'air salubre, c'est vers les hauteurs fraîches et pittoresques que montent les fiévreux de la plaine visitée par la malaria, les surmenés des villes ou les voyageurs venus pour jouir de l'immense panorama, les Apennins, Rome, les Sabatini, la mer Tyrrhénienne et parfois à l'horizon de l'ouest, les vagues linéaments de la Sardaigne.
Le Laziale repose sur un socle qui paraît assez complexe. Au SE. les brusques saillies des Lepini, hautes de 700, 800, 1,000 mètres et plus, coupées de failles, et formées presqu'exclusivement d'assises calcaires du crétacé moyen, se sont probablement prolongées à une époque antérieure, vers le NO., selon la direction générale de leurs plis, et par suite sur l'emplacement même du volcan. Au NE., les produits volcaniques s'appuient à des hauteurs de 400 et 5oo mètres aux flancs des monts Tiburtini et Prenestini, de formation plus complexe.
De chaque côté de la vallée de l'Aniene, au N. et au S. de Tivoli, les calcaires des trois étages jurassiques et ceux du titonique, forment
ITALIE ET SICILE Laziale
un anticlinal dirigé NE.-SO. A l'est de Palestrina, ce sont les calcaires du crétacé moyen qui ettleurent, tandis qu'entre ces deux régions, les calcaires et les arènes des trois étages éocènes constituent les chaînes montagneuses. La vallée du Sacco, entre Lepini et les chaînes apennines, constitue un compartiment affaissé régulièrement et les produits du Laziale reposent sur son fond éocène, à des hauteurs voisines de i5o mètres.
Le sous-sol sédimentaire n'a été signalé que rarement dans le reste du massif lazial. On ne le voit affleurer qu'au NO., aux environs de Rome, au N. un peu au delà de la vallée de TAniene, à l'O. dans les ravins creusés par le Fosso Malgede et les sondages faits à travers les produits volcaniques de cette région nord-occidentale, n'ont permis de le découvrir qu'en quelques points. 11 est constitué par les argiles, les marnes et les sables pliocènes, formations marines. En quelques endroits, des marnes, des graviers et des sables quaternaires, de formations lacustres ou fluviales s'y mêlent également. On lui a trouvé des altitudes diverses ; en deux points, il est de plusieurs mètres inférieur au niveau de la mer, mais sa hauteur moyenne peut être évaluée à 3o mètres.
La pente générale du socle lazial suit donc la direction SE. -NO, et son altitude moyenne au-dessus des mers doit être d'environ loo mètres.
Les calculs et mesures de Sabatini donnent au massif lazial un volume égal à 1 86 kilomètres cubes. En y ajoutant la masse de produits emportée par les eaux, c'est à 200 kilomètres cubes qu'il faut évaluer la quantité de matériaux rejetée en ce point de la Terre.
D'après Portis, la mer ne pénétrait que difficilement jusqu'au pied des Apennins, vers la fin de l'époque tertiaire; une ride littorale assez prononcée l'arrêtait à l'occident. Après le dépôt des sédiments du tertiaire supérieur, un mouvement de bascule se produit ; le fond du golfe s'exonde et se relève assez fortement dans sa partie orientale, tandis qu'il s'abaisse un peu à l'ouest. Des failles, conséquences de ces oscillations du sol, découpent les assises de l'écorce et offrent aux magmas internes des voies libres vers le dehors. [CoTitnbu^iom alla storiajîsica del bacino di Roma, i8ç6,) Les éruptions débutèrent, en effet, à la fin du pliocène en pleine lagune ; les couches de projections intercalées dans les sables marins supérieurs du mont Piarioli l'attestent. Avec la période quaternaire la mer se retire ; elle laisse,
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toutefois, en plusieurs endroits et notamment au voisinage de Rome des lacs et des marécages ou les produits volcaniques s'entassent en couches horizontales. Entin, les lacs eux-mêmes se comblent, un régime fluvial régulier s'établit peu à peu, et le volcan entre définitivement en période subaérienne.
La structure du Laziale est assez simple et révèle une grande régularité dans la succession des phases volcaniques. Le grand cône extérieur et la crête tusculane représentent les restes d'un premier édifice, vaste massif conique du à de violentes éruptions, dont le sommet devait atteindre i,ioo ou 1,200 mètres de hauteur et qu'une explosion formidable aura décapité. Les explosions projetant les pierres pulvérisées furent bien plus importantes que les émissions tranquilles de lave, car le grand appareil est presque en en-tier composé de tufs. Les roches compactes se montrent en noyaux très nombreux sur le pourtour de la grande enceinte, mais leurs dimensions sont en général extrêmement petites. Hormis la coulée classique de Copo di Bone, la plus longue du Laziale, qui s'étend sur une dizaine de kilomètres de long et 1 ,000 à i,5oo mètres de large, de la station de Marino jusqu'au tombeau de Cicilia Metella à 4 ou 5 kilo mètres au sud de Rome, et dont on ne rapporte d'ailleurs qu'assez vaguement l'origine au premier grand appareil, hormis cette coulée et quelques autres nappes de pierres fondues de quelques kilomètres carrés, étendues aux environs de Frascati, la plupart des masses laviques appartenant au grand cône n'ont pas plus de i5 hectomètres carrés de superficie.
Le cône suprême du Laziale et sa dépression terminale témoignent d'une seconde phase d'activité volcanique. Après le grand effort qui détruisit la partie supérieure du grand massif externe, le volcan reprend son œuvre édificatrice, mais avec beaucoup moins de vigueur que lors de son premier travail. Les produits meubles sont également dominants et les laves, visibles surtout sur le bord du Campo d'Annibale, de petites dimensions.
D'après Sabatini, le savant qui a le mieux étudié le Laziale, après ces premières périodes caractéristiques d'édification, de destruction, puis d'édification nouvelle que Ton retrouve dans nombre de volcans de la Terre et notamment au Vésuve, l'axe éruptif principal du volcan qui jusqu'alors avait gardé une grande constance dans sa position, se déplace vers le SO. et de nouvelles bouches se forment. Telle
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Laziale*
aurait été l'origine des cavités d'Albano de Nemi et d'Ariccia. Quel- ^ ques auteurs avaient cru reconnaître dans ces cuves des effondrements ou des cavités formées en partie par des explosions, en partie par des effondrements. Sabatini pense que Ton a affaire ici à de vrais orifices volcaniques; celui d'Ariccia serait simple, ceux d'Albano et de Nemi
Orifices nn Laziale, d'après Sabatini.
A. Cratère tusculan.