INCLINAISONS ET FRACTURES DE CAMPANIE
0 10 25 soKil.
>^... .Inclinaisons prédominantes.
^^^.- -Fractures principales.
Ov^... -Bouches éruptives principales.
■l^l..-.Roches éruptives.
F^ 1 Terrains sédimentairesrTriasique, crétacé, éocène.
Société belge d'Astronomie.
ITALIE ET SICILE Isole Pontine
Partout, en efiet, sur les flancs des filons, le tuf rhyolitique gris passe peu à peu à un tuf jaune, puis à une rétinite jaunâtre et verdâtre, à pâte vitreuse et crevassée, et de là à la rhyolite. L'origine de ces roches intercalées est encore très discutée. Pour Sabatini il ne s'agit que du métamorphisme exercé par la rhyolite sur le tuf encaissant.
C'est sur ces premiers produits et en quelques endroits, parmi les tufs rhyolitiques, que les petites strates de tuf calcaire se rencontrent, au NO. et surtout dans la partie méridionale de THe. Quelques petites couches d'un tuf rose finement terreux, épaisses d'une dizaine de mètres, apparaissent également au flanc méridional du Monte de la Guardia. Mais le produit le plus important après la rhyolite, le dernier connu d'ailleurs, est constitué par une andésique augitique, grise, très voisine de celle du Mont Dore. C'est le trachyte sanidinoplagioclasique de Doelter. Il forme le Monte délia Guardia, l'île del Calzone et la presqu'île de Punta délia Guardia. Aucune bouche éruptive ne se reconnaît parmi ces matériaux. La masse pyramidale se relie au récif du sud par un filon nettement visible dans le promontoire méridional. Cette dernière roche de Ponza, cumulo-volcan ou dyke, apparut probablement alors que l'île émergeait des eaux, car aucun sédiment marin n'est visible sur les flancs du mont qu'elle constitue.
L'andésite de Ponza s'est divisé en belles colonnes prismatiques et verticales, comme la rhyolite d'ailleurs, mais en fûts plus larges. Au Calzone del Muto la transformation subie par la roche est due à la fois à une division par contraction et à une altération très semblable â celle de la pépérite typique des Cimini. [SABATINI.]
Des trois îles et îlots nettement individualisés qui accompagnent Ponza, ceux du NE. et du NO. ont des produits identiques aux tufs et filons de Ponza et sont probablement de la même époque. La roche volcanique de Zannone est entièrement rhyolitique et repose sur le lambeau sédimentaire. Palmarola a des tufs rhyolitiques et quelques filons peu importants. Quant au Scaglio délia Botte, ce n'est qu'une pointe rocheuse d'andésite pareille à celle de la Punta délia Guardia.
Ventotene et l'île du SE., San Stefano, forment le second groupe des Pontine. L'allure générale du socle qui les porte est très simple. C'est un cône régulier de 14 à 20 kilomètres de base à la cote 5oo mètres Les deux îles sont séparées à peine par une couple de kilomètres et des fonds de 1 5 mètres. Ventotene, la plus grande à l'ONO.,
MEDITERRANEE
^un peu courbée en croissant convexe vers le SE., a 2700 mètres du SO. au NE., 750 en moyenne transversalement. C'est une vaste table inclinée passant graduellement de Taltitude 3o à i3g mètres de plus grande surrection, vers le NE. Partout sur les bords la mer a taillé des falaises, véritables coupes géologiques. Ventotene est constituée de strates nombreuses de tufs, de lapilli et de cendres dans lesquelles abondent des fragments d'andésite et de trachyte et où s'intercalent deux coulées de lave, au sud et à l'ouest; la première formée d'un basalte labradorique, l'autre d'un basalte andésitique. Tous ces matériaux plongent au NE., suivant l'allure générale de l'île. En somme on a ici un fragment de massif volcanique dont l'orifice d'émission dut se trouver vers le SO.
San Stefano est plutôt elliptique, avec 5oo mètres de grand axe de l'E. à rO. C'est également une sorte de plateau à bords abrupts, avec 78 mètres de plus grande altitude. On y compte plus de 20 couches superposées de produits volcaniques meubles sous la terre végétale du sommet. Quelques rares masses de lave, téphrites néphél iniques, y prennent l'aspect de coulées. Dans les tufs, des ponces, des fragments de leucotéphrites, d'andésites, etc., abondent. Dolomieu avait cru voir des indices de cratère dans une dépression de San Stefano. Pour Doelter, la bouche éruptive d'où sortirent les matériaux de l'île se trouvait à l'O; pour Sabatini, au N.
Ne faut-il pas rattacher au groupe des Pontine, la bosse conique sous-marine qui se dresse, par des fonds de 1000 et 2000 mètres, à 5o kilomètres au S. de Ponza et dont le sommet arrive à 5oo mètres environ du niveau marin? Cette intumescence, dont la sonde nous révèle l'allure extérieure, a peut-être formé jadis un massif volcanique aujourd'hui plus démoli et plus nivelé que ceux du nord.
La chaîne volcanique qui fait suite aux Ponza et aux Ventotene vers l'est, comprend au moins trois massifs distincts, pour la plupart célèbres dans les annales de l'Histoire et de la Géologie. Ces volcans présentent quelques rapports avec la structure de la région qui les avoisinent et, d'autre part, des analogies et des différences entre eux.
La belle chaîne, mi-insulaire mi-continentale, ondule entre Ischia et Vesuvio, par Vivara, Procida et les Campi Flegrei, sur une soixantaine de kilomètres d'OSO. à ENE., perpendiculairement à la direction générale de la grande péninsule italienne, à peu près au milieu
ITALIE ET SICILE Campanle
du vaste amphithéâtre des monts de la Campanie. Au N. se dressent les croupes du Massico et des montagnes qui supportent le Roccamonfina; à TE. les longues échines plus élevées, parallèles et rangées en coulisses, des monts de Caserta, de Nola, de Sarno; au S. la rigide avancée des montagnes de Salerne et de Sorrente, plus hautes encore, et leur prolongement insulaire, Capri.
La plaine de Labour, au fond uni, où serpente paresseusement le Volturno et où se perdent les rivières des montagnes voisines, contraste brusquement avec ces hautes terres du pourtour. Elle s'incline de TE. à TO. avec une pente moyenne de 8 ou 9 degrés. Au N. de la chaîne volcanique, cette pente se poursuit régulièrement sous les eaux, avec une légère accentuation. Au S. de la chaîne, dans cette partie connue sous le nom de golfe de Naples, la pente est à la fois plus rapide et moins régulière ; les fonds de la mer tyrrhénienne se prolongent entre Ischia et Capri par deux dépressions longues et étroites, profondes de 400 à 5oo mètres.
Les dolomies du trias supérieur constituent les assises inférieures de la chaîne de Sorrente et de Capri. Mais ce sont surtout les calcaires et les dolomies crétacés qui entrent pour la plus grande part dans la formation des montagnes bordant l'amphithéâtre campanien. Le flysch (éocène-miocène) a presque complètement disparu, enlevé par rérosion. On ne le signale que sur quelques sommets ou dans les creux des vallées.
D'une façon générale, toutes ces assises plongent vers la plaine : le Massico s'enfonce au SO., les monts de Caserta à l'O. et toute la partie méridionale, très nette à cet égard, vers le N. De plus, des plis sont visibles dans la partie sud et sud-est, s'allongeant suivant la direction générale de l'Apennin. Il est à noter encore que de nombreuses failles accompagnent ces plis dans le sens du SE. au NO., convergeant même assez nettement vers la chaîne volcanique; d'autres, plus rares, notamment celles qui ont formé les falaises que la péninsule de Sorrente présente au golfe de Salerne, s'étendent de l'OSO. à l'ENE. Peut-être les deux longues dépressions qui s'avancent dans le golfe de Naples forment-elles aussi des failles de direction semblable à ces dernières.
A l'intérieur du cercle des monts, hormis les cônes volcaniques, les terrains s'étendent à peu près horizontalement. Deux puits artésiens creusés à Naples, jusqu'à 2 [4 mètres sous le niveau marin, ont
MÉDITERRANÉE
atteint les sables argileux du pléistocène; ce sont là les plus anciens sédiments connus dans la vaste dépression ; ils forment très probablement le soubassement des volcans et aident à fixer leur âge. Les autres matériaux sont composés de tufs de la même époque et d'alluvions quaternaires récentes.
La plaine de Labour représente, en somme, un vaste synclinal, bordé de plis et de failles, au milieu duquel une chaîne de volcans est apparue.
De Lorenzo compare cette région déprimée à celle qui de l'autre côté des monts constitue le golfe de Salerne, où nulle manifestation volcanique n'eut lieu. Les dislocations de cette dernière contrée sont pourtant plus nombreuses et plus considérables que celles de la plaine de Labour, mais l'arrangement général des strates affecte Tallure d'un vaste anticlinal.
L'origine de la Campanie remonte aux âges tertiaires ; elle dérive des grands plissements post-éocènes qui formèrent la plus grande partie du relief italien et des effondrements de la Tyrrhénide qui durent se prolonger jusqu'aux âges pliocènes. Tandis que dans les régions septentrionales et orientales de l'Italie les couches tendres et plastiques du fîysch se plissaient en voûtes nombreuses et étroites, la dureté des assises secondaires qui composent la charpente des montagnes bordant la Campanie ne {permettait la formation que de plis à vaste rayon de courbure déchirés par de longues failles.
La mer pliocène pénétra jusqu'au fond du vaste golfe et très probablement y jeta des marnes et des sables pareils à ceux du val d'Arno et des environs de Rome. Puis, avec les soulèvements qui suivirent cette dernière époque du tertiaire et qui se prolongèrent jusque dans la période historique, comme l'a montré Gunther, les volcans apparurent au fond du synclinal.
Telle est l'opinion qui prévalut jusqu'à nos jours sur la structure et l'histoire de la vaste cuvette campanienne. Mais déjà, les nouvelles conceptions orogéniques qui depuis quelques années ont si considérablement élargi et éclairé la tectonique des massifs alpins et autres régions de nappes de charriage, s'appliquent à la dépression napolitaine et menacent de bouleverser, sinon de renverser les premières opinions. Tout récemment (i), Rovereto signale que « l'île de Capri,
(i) Compte rendu des séances de la Société Géologique de France^ avril 1907.
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considérée jusqu'ici comme formée par une pile monoclinale de couches crétacées, représentant le bord synclinal correspondant au golfe de Naples, est au contraire constituée par un grand pli couché, posé sur réocène sous forme de lambeau de recouvrement ». Et comme le dit le savant, de nouveaux problèmes se posent. Quelle fut la racine de cette nappe? Quels sont ses rapports avec la péninsule de Sorrente et avec la zone volcanique qui se développe entre Ischia et Vesuvio ?
Les coquillages encastrés parmi les produits les plus anciens des volcans napolitains, du moins Ischia, Campi Flegrei et Vesuvio (soit qu'ils aient été arrachés au sous-sol, soit qu'ils se soient mêlés aux premiers matériaux rejetés), prouvent que les manifestations extérieures des foyers internes débutèrent en ces régions vers la fin du pliocène ou le commencement du quaternaire. Plus de 90 espèces de mollusques ont été trouvés dans les produits du Vésuve et une seule appartient à un type éteint aujourd'hui
Les coquillages marins, la partie inférieure des volcans, tant insulaires que continentaux, la compacité des tufs de base en certains endroits et surtout les petites strates sédimentaires intercalées dans les produits volcaniques anciens montrent encore que les premières éruptions furent sous-marines. Ce n'est que lorsque l'accumulation des matériaux devint assez considérable et surtout lorsque les mouvements d'oscillation de l'écorce eurent porté la contrée à une altitude relative plus élevée, que les éruptions devinrent subaériennes, comme ce fut le cas dans la période historique et comme ce l'est encore aujourd'hui. D'une façon générale il semble que ces oscillations furent plus amples à l'ouest qu'à l'est; Ischia, le massif le plus occidental, possède encore des strates sédimendaires à plus de 600 mètres d'altitude.
Dans tous les massifs de la chaîne napolitaine, les premiers produits furent meubles. Ce n'est que plus tard avec l'individualisation des' volcans que les laves apparurent et elles ne prirent une importance réelle qu'au Vésuve.
Ainsi donc, simple synclinal ou pays de nappes charriées, il paraît certain que la disposition et la tectonique du bassin de la Campanie eut une part d'influence générale sur le lieu de venue et l'époque des volcans de Naples. Mais là se bornent les relations. Entre structure et produits de massifs voisins et contemporains on ne trouve que
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diversité étonnante! S'il y a quelques rapports entre la structure d'Ischia et du Vesuvio, il n'y en a pas entre leurs produits. Si les produits d'Ischia et des Campi Flegrei sont à peu près semblables, en revanche leur structure est toute différente. Pour Vesuvio et Campi Flegrei, ni la structure ni les produits ne présentent d'analogies. Il faut sans doute attribuer les causes de ces différences au réseau des fractures et aux variations du magma, soit profondes, soit provenant des modifications qu'il subit dans son trajet par suite du contact avec des roches diverses.
Ischia* est la partie émergée du môle projeté par la chaîne volcanique dans la mer Tyrrhénienne. Au NO., à l'O. et au S. le socle de l'île s'abaisse jusqu'à 5oo mètres sous le niveau des eaux, tandis qu'à l'E. le seuil qui la sépare de Vivara ne descend pas à plus de 25 mètres. A son point d'émersion Ischia a une base de forme rectangulaire, avec 9 kilom. d'E. en O., 6 kilom. du N. au S., un peu moins large toutefois dans sa partie orientale que dans celle qui fait face à la haute mer. Des terrasses au niveau chaotique, s'avançant dans les flots, bordées de falaises abruptes, des plaines basses, terminées par des plages arrondies entre des promontoires, des masses rocheuses à peine reliées au grand corps de l'île par de minces pédoncules de terre, toute une variété de reliefs pittoresques, constituent la partie inférieure du massif insulaire. Au dessus, vers le centre de l'île, s'élance fièrement la haute croupe de l'Epomeo. L'arête suprême se développe régulièrement en forme de croissant à concavité tournée vers le sud-est. Vers son milieu elle atteint 789 mètres de plus grande surrection, vers le sud-ouest et l'est elle s'abaisse à 600 mètres de moyenne altitude. Les versants adoucis qui s'inclinent en amphithéâtre au sud de la haute crête abritent les charmantes vallées de Fontana et de Moropano. A l'ouest et au nord les fîancs de la montagne sont rayés de profonds ravins aux parois hautes de plusieurs centaines de mètres. A l'est la crête descend vers la mer par une succession de terrasses. Ischia, Casamicciola et Forio, les cités les plus importantes de l'île se sont édifiées au NE., au N. et au NO. de la montagne, dans le voisinage des côtes.
Les anciens n'ignoraient pas qu'un foyer fût caché sous le dôme d'Ischia. Strabon (livre V, 9) parle expressément des tremblements de terre et « des éruptions de feu », d'eau salée et d'eau bouillante; il
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rapporte en même temps la fable qui veut que le géant Typhon soit enseveli sous la montagne, comme Encelade sous TEtna? Ce n'est pourtant qu'en i3oi, avec la formation de la coulée d'Arso, que se révéla avec certitude la nature volcanique d'Ischia. Parmi les récents travaux, publés sur le massif volcanique, ceux de Fuchs et de Judd sont les ipeilleurs.
Ischia est un volcan simple, aux pentes inférieures surmontées d'une dizaine de cônes secondaires. L'arête terminale est la partie nord-occidentale restante du grand cratère qui s'ouvrait au sommet avec 3 kilomètres de diamètre environ et dont la partie méridionale et sud-orientale a disparu, soit sous l'effort des explosions, soit plutôt à cause de l'érosion postérieure. Tout le grand appareil est, en effet, formé presqu'en entier par des matériaux fragmentés et le travail destructeur des eaux a pu prendre ainsi une importance considérable. On n'a pas signalé de dyke dans la partie centrale du massif et les laves ne forment que quelques plaques compactes couronnant les terrasses orientales de Vetta, deTrippiti et de Garofoli. Il est vrai que ces coulées ont parfois des épaisseurs de 5o à 60 mètres ; elles ont dû former autrefois un monceau important de nappes fondues, nivelé et découpé plus tard par les érosions. Tous ces matériaux, tufs et laves s'inclinent vers l'extérieur et démontrent ainsi l'existence d'un ancienne chaudière centrale. Il faut probablement aussi rattacher à ce grand massif d'Ischia, les coulées de pierre fondue qui apparaissent aux flancs de quelques falaises ou forment au NO. et au SE. de l'île la plupart des collines de base. On ne saurait toutefois préciser et montrer si leur sortie des entrailles du sol se fît par la grande cheminée ou par des orifices latéraux.
C'est dans les produits fragmentés de l'Epomeo que Ton a trouvé les strates sédimentaires marneuses, argileuses et calcaires, riches en coquillages marins qui ont aidé à déterminer l'âge du volcan d'Ischia. Telles que nous pouvons nous les représenter, les premières phases du volcan se produisirent, en grande partie sous les eaux, par une succession d'explosions violentes accompagnées de quelques émissions de laves.
Il semble qu'une longue période de repos succéda à cette période d'activité grandiose; c'est à ce moment que le mouvement d'émersion se serait produit. En tous cas il est certain que les orifices secondaires qui marquèrent la reprise d'activité du volcan sont relati-
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vement jeunes; Taspect si frais encore de ceux qui pourtant maintenant semblent éteints, les traditions qui nous parlent des secousses terribles accompagnées de projections de pierres survenues en 470, entre 400 et 352, en 89 avant Tère vulgaire, puis en 79-81, i38-i6i, 284-305 après le Christ, et surtout la formation en !3oi de la coulée d'Arso témoignent en faveur de cette assertion. De plus leur matériaux se sont répandus à l'air libre.
Tous ces orifices adventifs d'Ischia, simples pustules sur Tépiderme du colosse, sont apparus sur les versants inférieurs du NE. et de TE., du côté qui regarde les autres volcans de la chaine; on n'en connaît pas ailleurs, à moins que les deux petits plateaux sous-marins circulaires, Secca di Forio et Secca d'Ischia qui s'avancent à quelques centaines de mètres à l'O. de Forio et à l'E. de la pointe sud-orientale de l'île ne soient les restes d'évents secondaires.
Les dimensions de ces orifices adventices sont très petites, mais leur aspect est très varié et extrêmement pittoresque. Le plus grand d'entre eux, le Montagnone que Ton rencontre à 2 kilomètres et demi à l'ouest de la ville d'Ischia est un cône parfait, rugueux et nu, d'environ 700 mètres de diamètre, de 3oo mètres de hauteur, largement ouvert au sommet par un cratère ovale au fond duquel jaillissent quelques fumeroles. Il est entièrement composé de scories et de blocs de lave et a peut-être donné une coulée vers l'est, mais on ne sait exactement si les matériaux qui s'accumulent de ce côté appartiennent à un flot de pierre fondue ou à des monceaux de scories. Un peu à rO. un autre cône adventif, le Rotaro, aussi élevé mais moins large que le Montagnone et de forme plus adoucie, cache ses produits sous un manteau de verdure. Le fond de son cratère, abrité des vents que l'Epomeo attire de toutes parts et où s'épanchent des sources thermales environnées de vapeurs est une véritable serre chaude, entretenant une flore spéciale. Des coulées de lave se sont échappées de la base du Rotaro et deux petits cônes parasites se sont greffés sur ses versants septentrionaux. Le Lago del Bagno, au NE. du Montagnone, golfe si merveilleusement arrondis, à peine relié à la mer, est un cratrère d'explosion. Casamicciola, qui s'est fondée autour de sources thermales, occupe le fond d'une cuve volcanique, plancher fort incertain qui s'effondra partiellement lors du terrible sisme de i885
Mais de tous ces évents secondaires le plus important est sans conteste le Cremate qui se forma en i3oi au fond d'une valiée du
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versant oriental, vers 23o mètres d'altitude. Un petit cône de scories apparut ; quelques petites coulées s'échappèrent de sa base, tandis qu'un énorme flot de pierre brûlante débordait du cratère, descendait les pentes vers le NE., ravageant les cultures et semant l'épouvante, et gagnait les bords de la mer à 3 kilomètres de son point d'origine. La lave de cette belle coulée, l'Arso ou la a Brûlée », garde encore son aspect des premiers jours; c'est une véritable cheire, chaotique et rugueuse, dans les creux de laquelle la verdure essaie péniblement de se fixer.
Les seules manifestations volcaniques actuelles d'Ischia se révèlent par des sources thermales et minérales, jalonnant la base du massif, quelques fumerolles plus voisines des cratères et des mofettes. La montagne semble donc réduite à l'état de solfatare; mais qui pourrait affirmer qu'elle ne se réveillera point un jour? Les secousses sismiques sont très fréquentes et souvent redoutables ; elles sont très probablement en relation avec le foyer des laves.
Tous les produits trouvés à Ischia, hormis les petites strates sédimentaires de l'Epomeo, appartiennent à la famille des trachytes et sont très voisins de ceux des Campi Flegrei. Les tufs verts qui constituent le grand appareil central contiennent environ 56 p. c. de silice; ils sont formés surtout de fragments de ponces, de cristaux brisés de sanidine, de paillettes de mica noir et contiennent quelques bombes volcaniques. Les laves de cette première grande période, et la plupart de celles émises par les orifices du NE. sont des trachytes à 62 p. c. de silice environ, avec de grandes sanidines, des albites abondantes, des cristaux petits et rares de hornblende et de biotite et suivant les lieux de la sodalite, de la mélilite, de la rinkite, de la szaboïce, etc. Quant à la coulée d'Arso, la dernière venue, et aux scories du Cremate, leur acidité est un peu moindre que celle des produits antérieurs; leur contenance en silice varie de 54 à 61 p. c. d'après Washington. L'oxyde ferreux, la magnésie et la chaux sont assez abondants. La roche est compacte, cristalline, scoriacée oif celluleuse, gris-sombre ou brune, avec grands cristaux fréquents de feldspath, hornblende, mica noir, magnétite et comme éléments caractéristiques, olivine et labrador basique. Pour Dell Erba, cette roche est un trachyte andcsitique, pour d'autres une phonolite. Washington la considère comme une andésite assez semblable aux ciminites des environs de Viterbe.
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Quelques auteurs font commencer le domaine des Campi FJegrei aux îles qui se dressent à l'est d'Ischia, mais il semble que ces masses insulaires et même une partie de la région volcanique qui s'étend à l'ouest de Naples, forment des appareils ou des petits systèmes indépendants, que l'éloignement, la disposition et en quelques points la nature des produits séparent nettement du grauvl système flégréen proprement dit, si entier par sa forme, sa structure et la nature de ses produits. Cette région intermédiaire entre Ischia et Campi Flegrei apparaît comme un appendice informe, sans lien marqué avec le groupe homogène des volcans de Naples.
Sur la croupe, allongée du SO. au NE. entre Ischia et les Campi Flegrei, ourlet sous-marin s'élargissant et s'élevant à mesure qu'on se rapproche de la péninsule noueuse de Baia et de Misène et dont le sommet ne descend pas à plus de 20 mètres sous le niveau des eaux, le premier appareil, et le seul bien distinct d'ailleurs, est celui de
Vlvara, à 2 kilomètres 1/2 au NE. de la ville d'Ischia, formé par l'île de ce nom et le promontoire hardi de Santa Margherita, qu'une langue de terre étroite et basse rattache à l'île de Procida.
Le volcan commence à s'individualiser, du moins du côté indépendant de Procida, vers 10 mètres de fond et sa base compte environ I 200 mètres de diamètre ; mais la désagrégation causée par les pluies et surtout les chocs de la mer, ayant en grande partie démoli l'enceinte, il ne reste que deux fragments de l'appareil : la partie occidentale et nord-occidentale, crête faiblement arcquée vers le NO., dont la partie émergée, longue de 1 000 mètres, large de 25o, haute de 80 à 109 audessus des vagues, aux flancs taillés en falaises, à l'échiné couverte de broussaille, forme l'île de Vivara, et la partie nord-orientale, bosse de quelques dizaines de mètres à la base et que termine à 64 mètres au-dessus des eaux le promontoire de Santa- Ma rgherita.
Une petite saillie du sol relie au nord les deux fragments de l'enceinte. Mais au sud-est, la mer pénètre largement, roulant ses vagues sur un fond uni, battant les falaises, pour s'engouffrer vers le nordest, entre les deux fragments resserrés.
La structure du petit volcan est des plus simple; c'est un cône percé d'un vaste cratère large de 55o mètres au niveau de l'eau et égueulé considérablement au sud et au nord-est. Il est entièrement formé de matériaux meubles, du moins dans sa partie visible, se
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superposant en couches régulières et offrant partout, à la fois pendage externe et inclinaison vers l'intérieur. L'activité de Vivara fut donc caractérisée par l'absence d'émission de laves, et par une succession d'explosions régulières, projettant par un orifice unique et relativement très large, des matériaux fragmentés qui retombaient aux alentours et se disposaient symétriquement de chaque côté de l'arête cratérique.
G. de Lorenzo a compté sept couches superposées de matériaux, avec alternances ou interruptions rares, aux points ou Vivara présente la série la plus complète ; brèches à la base, au niveau de la mer, formées de blocs de trachytes, de sanidinites quartzifères, d'obsidiennes et de basaltes noirs, vitreux, celluleux ou scoriacés à feldspath et olivine abondants; tufs variés, les uns gris, à 5i p. c. de silice environ, constitués par des lapilli, des olivines et des augites cimentés par des cendres trachytiques, les autres jaunes, plus compactes et plus riches en cendres ; ponces trachytiques jaunes et huileuses, de grosseur variant entre la noix et le poing ; puis à nouveau des brèches à peu près semblables aux premières ; tufs encore ; brèches ; enfin au sommet, ponces, lapilli, cendres divers.
Les produits de Vivara, conme on le voit, présentent donc une variété et une particularité remarquables. La plupart des familles de roches volcaniques y sont en effet représentées, depuis la rhyolite (sanidinite quartzifère) jusqu'au basalte à olivine. De plus en cette région, que l'on pourrait considérer comme l'ombilic de la chaîne qui s'étend de Naples à Forio, chaîne presqu'exclusivement formée de roches trachytiques, le magma a élaboré des roches basiques riches en olivines; des basaltes et des trachy-dolérite. L'association, dans les tufs et les brèches, des lapilli et des scories basaltiques avec le verre ponceux trachytique constitue la véritable caractéristique du volcan de Vivara.
On ne sait exactement l'âge du volcan, aucun fossile n'ayant été trouvé parmi ses produits, et les roches sédimentaires que les éruptions ont arrachées à la cheminée, étant indéterminables par suite du métamorphisme subi. Certaines similitudes dans la nature de quelques-uns des matériaux rejetés font penser à Lorenzo que le Vivara fut contemporain du Gauro dans les Campi Flegrei. Quoi qu'il en soit, il est probable que le petit volcan se forma, comme les autres massifs de la chaîne vers la fin du pliocène ou le début du quaternaire
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et que ses premières éruptions furent sous-marines. Un mouvement d'élévation, peut-être celui qui porta si haut Jes strates sédimentaires de TEpomeo, l'amena à peu près à son niveau actuel, un centaine de mètres au-dessus des eaux.
Au début de la période historique il semble que le volcan était encore actif, comme l'indiquent certaines légendes et les récits des anciens auteurs. Vers cette époque aussi sans doute commença le grand travail de démolition, infiltration et minage par les eaux de pluie, assauts par la mer. car, s'il faut en croire l'éthymologie qui fait dériver Vivara de vivarium, le petit appareil devait former une coupe lacustre riche en habitants, fermée de toute part; un « vivier ». Enfin il n'est pas douteux qu'un affaissement de date récente se produisit, soit général dans toute la Campanie, soit localisé à Vivara; lorsque la mer est limpide et tranquille, on voit nettement le long des falaises, les rigoles creusées par les pluies se prolonger à plusieurs mètres sous le niveau des eaux; l'ancienne ligne de rivage, le niveau où les eaux de pluie venaient s'arrêter et par suite interrompre leur travail d'érosion se trouve aujourd'hui inférieur à ce qu'il fut à une époque relativement éloignée.
Procida est moins bien connu que le petit volcan voisin. Sa forme et sa structure d'ailleurs ne semblent présenter rien de caractéristique. C'est une sorte de plate-forme, élevée de 5o mètres au-dessus de la mer, de 65 mètres au-dessus du socle sous-marin, découpée en polygone irrégulier long d'environ 3 kilm. du SO. au NE., large de 2, terminée sur les bords, en promontoires étroits, en amphithéâtres abrupts ou en plages rectilignes. L'île est formée de couches horizontales, bombées en quelques endroits, de produits meubles; tufs jaunes et vitreux, tufs gris, avec bancs de brèches et de scories, lapilli, cendres, etc., ayant à la fois des rapports avec les produits de Vivara et ceux des Canipi Flegrei. Quelques auteurs ont cru voir dans l'amphithéâtre de bordure compris entre la Punta Socciaro et la Punta Pizzaco, au SO. de l'île, l'indice d'un cratère de 1200 mètres de diamètre.
Dans le détroit de trois kilomètres qui sépare Procida du continent ne se présente aucune terre émergée. Mais sur le fond, inférieur de 10 mètres à peine au niveau des eaux, quelques intumescences révèlent probablement des restes d'appareils démolis.
ITALIE ET SICILE Gampi Plegrel*
Monte di Procida, promontoire sud-occidental de la région flegréenne dont le sépare la plaine basse et étroite qui s'étend du lago di Fusara à la Mare Morto, est, comme l'île du même nom, une sorte de plateau de 5o à loo mètres d'altitude, incliné du NE. au SO. et limité par des parois à pic. Son pourtour est toutefois plus régulier : c'est un ovale allongé SE. -NO. sur 2 1/2 kilomètres, large de I 5oo mètres. Les couches de matériaux meubles qui le constituent pendraient faiblement au NE. [SUESS]; peperino et brèches à la base, tufs jaunes au milieu, tufs gris et cendres au sommet. Gûnther a trouvé quatre petites masses de trachyte à la base méridionale du plateau.
Gampi Plegrel*, les « Champs brûlés », région célèbre entre toutes par la variété de ses aspects, l'influence qu'elle eut sur l'esprit de ses habitants, les faits historiques qui se déroulèrent dans son voisinage et l'importance que prennent, aux yeux des géologues, les phénomènes d'oscillations dont elle fut le théâtre, les manifestations volcaniques qui s'y passèrent au moyen âge et la complexité de sa structure, par suite, de la succession de ses phases.
Depuis les premiers âges de l'histoire jusqu'à nos jours, les Campi Flegrei furent considérés comme un lieu de terreur, soit à cause du souvenir que durent laisser les grandes éruptions préhistoriques, la violence des explosions qui firent jaillir une montagne du sein de la terre en 1538, les frémissements du sol, les émanations mortelles qui s'exhalent de tant de cavernes, les flammes jaillissantes, les sources et les lacs soudain vidés, soudain formés. Païens de l'époque grecoromaine et chrétiens du moyen âge y ont vu une des bouches de l'Enfer, royaume de Pluton ou de Satan. C'est là, dans les antres obscurs, que vivaient les Cimmériens redoutables, intermédiaires des dieux et des hommes; c'est là, par une caverne des environs de Pouzzoles, que le Christ descendit dans le domaine des damnés.
Mais cette région d'horreur avait aussi son beau côté ; non loin du Tartare s'ouvrent les jardins Elysées, et si les Campi Flegrei terrifiaient par leurs manifestations volcaniques, ils attiraient par la douceur de leur climat, l'efficacité de leurs sources minérales et thermales et le charme de leurs paysages.
Ce fut, à l'époque romaine, le séjour de luxe et de volupté où se dressèrent tant de villas somptueuses, des temples célèbres, des bains,
MEDITERRANEE
des édifices gigantesques dont on voit encore aujourd'hui les ruines» séjour d'horreur aussi, où se déroulèrent tant de drames, qu'une société ivre de puissance et de richesse ne pouvait plus éviter.
Quoique chantée par les anciens auteurs, décrite par les écrivains de la Renaissance et surtout par les géologues qui depuis cent ans la parcourent et la scrutent en tous sens, W. Hamilton, Breislak, L. de Buch, Hoffmann, Scacchi, Roth, vom Rath, Mercalli, de Stefani^ Gunther, Deccke et tant d'autres, la région flégréenne n'est pas encore bien connue. Nombre de questions toutefois ont été résolues et G. de Lorenzo, le savant qui a le plus complètement étudié le grand massif, a pu tenter]une esquisse générale de son histoire.
On a comparé la forme générale des Campi Flegrei, à celle d'un vaste cône aplati. La partie saillante du système est en réalité trop complexe pour qu'on puisse lui donner une allure géométrique quelconque. A peine pourrait-on dire que la limite extérieure du massif, abstraction faite des accidents de détail et de la grande dislocation méridionale, qui laisse sous l'eau une bonne partie du système, se rapproche d'une circonférence de i5 à 20 kilomètres de diamètre, distance de Naples (E.) à Cumes (O.), ou de Qualiano (N.) au Secca de Penta Palummo (S.;. La surface occupée par la partie saillante des Campi Flegrei serait donc à peu près de 25o kilomètres carrés. Mais les produits volcaniques appartenant au même système s'étalent encore au loin vers Averse et Caserîe, dans toute la plaine de Campanie, et aux flancs des montagnes qui bordent la grande dépression, ajoutant ainsi à la surface couverte par les produits flégréens une étendue plus considérable du double. Quant à la profondeur de la couche de matériaux rejetés, les deux puits du Jardin royal de Naples nous ont révélé qu'elle atteignait 2 1 4 mètres sous le niveau de la mer. En nul autre lieu le sous-sol n'a été mis à jour.
Au NE. et au N., les versants du massif flégréen s'inclinent régulièrement pour aller se fondre dans la plaine uniforme et basse qui s'étale vers le Volturno. A l'O., la pente des versants est plus accentuée quoique la crête des collines soit moins élevée, et le contour général est moins régulier ; quelques intumescences se détachent du corps du massif : celle de San Severino, longue, étroite, arrondie, celle de Cumes, plus courte et plus hardie; quelques dépressions, au contraire, l'échancrent comme de vastes amphithéâtres : celle de Migliarese à l'E. du lago di Licola el au NE. de Cumes, celle de Marlino, à
ITALIE ET SICILE Gampl Flegrel*
TE. du lago del Fusaro et à l'O. de la baie de Baia dont la sépare une étroite arête. Mais d'une façon générale l'inclinaison vient régulièrement s'anéantir aux plages étroites, couvertes de lagunes et aux flancs du Monte di Procida. Plus loin vers l'occident le fond de la mer Tyrrhénienne reprend une pente uniforme vers les abîmes.
A TE., les Carapi Flegrei présentent une haute paroi, rectiligne sur près de lo kilomètres, des derniers édifices de Naples au NE. à la pointe du Pausilippc et même un peu au delà, jusqu'à Nisida^ au SO. Dans la moitié septentrionale une ou deux arêtes, étroites et courtes, se détachent de la grande muraille, limitant les 2 amphithéâtres, où Naples et ses faubourgs méridionaux s'étalent. Dans la moitié méridionale, de hautes falaises coupent brusquement les versants inclinés de la chaîne du Pausilippe. L'esprit cherche de ce côté une autre limite aux Campi Flegrei et parcourt vainement la plaine de Barra, entre Naples et le Vésuve, le fond du golfe qui se creuse progressivement vers le SE.
Quant à la partie méridionale du système, elle ne présente aucune saillie, aucun versant continu pouvant être considéré comme une limite du relief. Une terrasse sous-marine, à environ 5o mètres de niveau, se détache de la partie septentrionale de Procida et du promontoire de Misène, pour s'avancer, par des fonds de plus de 100 mètres, jusqu'à 5 kilomètres au SE. du promontoire; elle supporte deux intumescences coniques ; l'une, le Secca di Penta Palummo, haute de 20 mètres, et distante de 4 000 mètres de Misène; l'autre, le Secca di Mezzogiorno, moins élevée et distante d'une longueur moindre de moitié. De même, de l'autre côté de la baie une plate-forme, beaucoup moins basse il est vrai et moins avancée, réunit à la chaîne du Pausilippe, Nisida, les îles et les rochers qui font face à la falaise du Coroglio. La mer pénètre largement entre ces deux piliers méridionaux du massif flegréen, par une dépression de 5ooo mètres de largeur au delà de laquelle elle s'étale en un vaste bassin. Son fond, qui s'élève graduellement du large vers les côtes, est encore de plus de 100 mètres inférieur au niveau des eaux à la hauteur de l'entrée. Il se relève au NE. pour former la baie comprise entre Nisida et Pouzzoles, au NO. celle plus profonde, comprise entre Pouzzoles et Misène. Mais au delà, des terres basses, limitées de parois élevées, prolongent encore en plein massif la dépression marine; d'une part les plaines de Bagnoli (5 ms.) et de Fuori-
MEDITERRANEE
grotta (20 ms.), peut-être celle de Soccavo (80 ms.), qui laissent à TE. rétroite chaîne du Pausilippe et que la largeur des Camaldoli, 4 ou 5 kilomètres, sépare du pied nord-oriental du massif; d'autre part, la Starza d*entre Baia et Pouzzoles dont le prolongement occidental (20 ms.) aboutit à un kilomètre et demi de Tamphithéâtre de Migliarese, et dont le prolongement oriental (60 ms.) resserré entre les hauteurs de Barbaro, Corvara et la partie ouest du groupe d'Astroni se termine à la paroi abrupte de Spaccata, à 5 kilomètres et demi du pied septentrional du massif. Les couches de matériaux stratifiés et fossilifères qui composent le sol de ces plaines ainsi que certaines traces du choc des vagues contre les flancs des collines environnantes indiquent que ces dépressions faisant si régulièrement suite au fond marin, furent autrefois submergées.
Ainsi donc le seul aspect extérieur des Campi Flegrei semble nous indiquer que la limite du massif est nettement arètée au N. et à rO., qu'une partie du système a disparu du coté oriental, tandis qu'au S. le bord semble être resté, alors qu'un bouleversement considérable, des affaissements peut-être, créaient de larges bassins jusqu'au cœur du massif.
Après ces grands accidents de l'E., et surtout du S., ce qui caractérise la forme des Campi Flegrei, c'est le grand nombre de leurs petites dépressions, généralement très régulières, et de leurs arêtes étroites, et de leur disposition éparpillée, suivant trois grands groupes principaux. Vu de haut, on dirait un vaste édifice déchiqueté.
La clef de voûte de cet édifice, ou plutôt le point de résistance, où semblent venir se rattacher et s'appuyer les lambeaux que séparent les dépressions méridionales, est formée par le massif des Camaldoli, à la fois le plus large, le plus consistant et le plus élevé du système. Il s'élève au NO. de Naples. C'est une sorte de plateau accidenté, à base rectangulaire, long de 8 kilm. de l'ESE. à l'O NO., large de moitié. La partie supérieure est à environ 25o mètres au-dessus du niveau de la mer, mais quelques protubérances rehaussent encore son altitude; au monastère des Camaldoli ou Camaldoli proprement dits, vers la partie centrale du plateau le culmen atteint 458 mètres. De ce piton suprême des Campi Flegrei, le voyageur peut contempler d'un regard, l'énorme et fantastique amoncellement des arêtes et des cratères étendu à ses pieds.
Au N. les pentes des Camaldoli, ravinées par les ruisseaux tempo-
Planche VIII.
CHAMPS PHLÊGREENS
E.deGr
Daprèn B. T. Gunt/ier*.
a. Piano di Quarto
b. Pianura
c. Soccavo
d. Chiaja
e. Napoli
f. Fuorigrotia
g. 5. Teresa h. 5. Strato I. Nisida
J. Agnano k. AstronI I. Campana m. CigRano.
n. Solfatara o. Spaccata.
p. Campigllone q. Cuma
ToKil.
r. Grillo Rosso.
s. Averno
t. Monte Nuovo.
u. Baie
V et w. FondI di BaTa