‹ Les volcans de la terreChapitre 7 sur 28 · SYRIE · texte numérisé non relu

SYRIE

La région connue sous ce nom et qui comprend les deux contrées, Syrie proprement dite et Palestine, occupe la grande chaîne qui s'étend des plateaux de l' Asie-Mineure aux monts de Sinaï et de jMadian : c'est la saillie, Tourlet du sol qui borde immédiatement à Test les eaux de la Méditerranée. Les arêtes montagneuses forment en réalité un système orographique distinct se prolongeant sur plus de 700 kilomètres du nord au sud, des plaines d'Antioche et d'Alep aux déserts qui dominent de chaque côté la grande coupure d'Arabah, par delà la mer Morte. La largeur moyenne du socle étant d'une centaine de kilomètres, Tensemble du massif couvre une surface de 75 à 80,000 kilomètres carrés environ, mais si l'on ajoute à la région des montagnes les dépendances orientales, les volcans et les déserts qui se continuent jusqu'à TEuphrate, le domaine syrien comprend une étendue au moins cinq fois plus considérable.

A l'occident la Méditerranée forme une limite précise. Du bord des eaux les montagnes s'élèvent rapidement, laissant place à peine pour des plaines étroites, fortement inclinées. De grandes villes pourtant, grandes surtout dans l'histoire ancienne, se sont blotties dans les anses à l'issue des vallées fertiles; quelques-unes, comme Arad et Tyr, groupaient leurs édifices sur des îlots du large.

Au nord et au nord-est la Syrie n'a point de frontière naturelle. Les chaînes qui se dressent au midi d'Antioche, parallèlement à la vallée de l'Oronte, prolongent vers le sud les montagnes de l'Anti-Taurus, de

ASIK ANTKRIEURK

même composition, comprises entre la vallée du Djihun et celle de TEuphrate, de Telek à Biredjik, et les collines qui s'élèvent à quelques centaines de mètres de niveau moyen, entre Alep et Palmyre, se rattachent aux petits monts de la Mésopotamie septentrionale. Mais le seuil de passage emprunté de tout temps par les grandes voies historiques, entre la courbe de TEuphrate et le golfe d'Alexandrette, et qui dépasse à peine 400 mètres aux points les plus élevés, sépare réellement deux systèmes. Au nord l'Anti-Taurus s'élève par degrés successifs jusqu'aux plateaux de l'Arménie et de la Cappadoce, dont il n'est qu'un puissant contrefort. An sud le socle des monts syriens remonte avec la vallée de l'Oronte jusqu'au faîte général de la contrée.

Le désert, qui s'étale en longues pentes sur près de mille kilomètres jusqu'aux rives du Ghatt-el-x\rab, forme en grande partie le versant oriental du bourrelet montagneux. Les sables de toutes nuances, durcis ou mouvants, en collines ou en plaines, montrent que la mer prolongeait autrefois le golfe Persique jusqu'aux collines crayeuses de Palmyre et aux roches volcaniques des Trachones.

Il est probable que les monts alors brûlants du Hauràn et du Safah s'avançaient en vastes presqu'îles dans les flots. Le plateau sur lequel ils s'élèvent, est situé en dehors de l'alignement régulier des chaînes syriennes. Il occupe près des plus hauts massifs, c'est-à-dire vers la région moyenne de tout l'ensemble, l'angle formé pa> les collines de Palmyre, l'Anti-Liban et les monts du pays de Moab.

Il n'y a pas de limite précise entre la Syrie, le Sinaï et les monts d'Arabie. Des deux côtés de l'Arabah et du golfe d'Akabah les plateaux gardent la même apparence et probablement la même structure. Mais les massifs sinaïtiques se redressent hardiment en un système distinct, ayant une individualité propre ; ils doivent par conséquent être étudiés à part. D'un autre coté, les montagnes qui occupent la partie septentrionale de Madian se relèvent également d'un millier de mètres et peuvent être considérées comme appartenant à l'ensemble des chaînes arabiques qui bordent la mer Rouge à l'orient.

Le relief syrien est formé par deux grandes chaînes, s'alignant à peu près parallèlement du nord au sud, et de quelques dizaines de kilomètres plus larges dans leur partie méridionale que dans la partie septentrionale. A peu près au milieu, un peu plus vers le nord, les deux saillies principales, le Liban et l'Anti-Liban, rompant l'allure

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