‹ Les volcans de la terreChapitre 8 sur 28 · SYRIE · texte numérisé non relu

SYRIE

générale, s'alignent suivant une direction N.-N.-E., S.-S.-O., comme s'ils avaient tourné autour d'un pivot, fracturant ainsi les chaînes en deux points. C'est précisément dans le voisinage de la cassure méridionale que se voient en plus grand nombre les roches éruptives et les coulées de lave et que se sont dressés les volcans.

La plaine qui s'étend entre les deux Liban, l'El Bekaa des Arabes, la Cœlo-Syrie des Grecs, forme le faite général de la contrée, d'une altitude moyenne d'environ 1,000 mètres. Elle était jadis recouverte par les eaux d'un lac, qui s'est écoulé par la cluse étroite qu'emprunte aujourd'hui le Nahr-el-Leitani, le Leontes des Anciens. L'Oronte s'en épanche vers le nord. Une petite ondulation du sol la sépare des sources du Jourdain dont les eaux descendent vers le sud pour entrer dans la mer Morte.

La dépression, d'une largeur sensiblement égale, qui s'étend de la haute vallée du Jourdain, à la partie basse de la vallée, connue sous le nom de Ghor, à la mer Morte et à la moitié septentrionale de l'Ara bah, jusqu'au seuil qui sépare les bassins du lac Asphaltite et du golfe d'Akabah, est unique sur la Terre, par la grande profondeur qu'elle atteint au-dessous du niveau de la mer. Déjà au lac de Tibériade,. profond de 42 mètres (Barrois) la différence avec le niveau de la Méditerranée est de plus de 200 mètres. Le miroir de la mer Morte oscille de 392 à 3q5 métrés en contrebas de la mer de Syrie et la profondeur de la nappe d'eau atteint environ 400 mètres. Au sud, le fond de la crevasse se relève et au seuil d'Arabah il est de 240 mètres plus haut que le niveau marin (VIGNES).

Il est probable que la dépression du Jourdain formait autrefois un golfe allongé communiquant avec la Méditerranée par la plaine d'Esdraelon, qui interrompt quelque peu l'alignement des chaînes occidentales et dont le seuil esta 120 mètres de hauteur. Sur les rives du lac de Tibériade et de la mer Morte des terrasses s'étagent à diverses hauteurs, indiquant des niveaux successivement abandonnés par les eaux et précisément des deux côtés les plus hautes plages de sables et de marnes se trouvent à la même altitude que le niveau de la mer. Un exhaussement alluvial du sol de la plaine d'Esdraelon ou peut-être les éruptions des volcans qui s'élevaient dans le voisinage, auront fermé le goulet. Certains géographes pensaient que la vallée du Jourdain était plutôt en communication avec la mer Rouge par la profonde cassure de l'Arabah. Mais c'est là une erreur. Le seuil de

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l'Arabah est deux fois plus élevé que celui de la plaine d'Esdraelon et de nombreuses traces du passage des eaux apparaissent dans cette dernière plaine.

La concentration des matières salines dans la cavité de la mer Morte a eu pour conséquence de modifier graduellement la composition de Teau, beaucoup plus dense que l'eau de mer, puisque son poids spécifique est de 1,162 et même de i,236 sur les plages devaporalion [Lartet]. Le flot de la mer Morte ne permet point au corps humain de s'enfoncer et tue les poissons, les crustacés et autres animaux qu'apportent les affluents. Les sels caractéristiques du bassin, ceux qui sont la principale cause de la nature léthifère des eaux, sont le chlorure et le bromure de magnésium ; la proportion de brome y est aussi très forte, mais l'iode paraît manquer complètement. Au nombre des produits naturels recueillis dans le bassin se trouvent aussi des matières bitumineuses, qui lui ont valu le nom de « lac Asphallite ». L'écume de îa mer Morte, de nature visqueuse, se maintient longtemps sans se résoudre. Ce que l'on appelle la « barre blanche » à la surfoce du lac, n'est autre chose qu'un liséré de cette écume, mêlée à des impu- , retés diverses. Les vagues qui viennent se briser sur la rive occidentale du lac produisent un reflux sous-lacustre dont l'écume reparaît au large, sensiblement parallèle à la côte et formant cette zone blanchâtre que l'on aperçoit des hauteurs de la rive.

Au sud-ouest de la mer Morte, une petite colline couverte de dépôts salins rappelle, par son nom d'Usdom, la ville de Sodome, célèbre dans les légendes hébraïques. Les voyageurs ne manquent pas de visiter, en passant, la masse saline qui se dresse sur le faîte et que les Arabes signalent comme étant les restes pétrifiés de la trop curieuse femme de Loth. Pour expliquer scientifiquement ces récits, Strabon, suivi par d'innombrables commentateurs, mais ccmtredit par Kratosthène, attribue la destruction de Sodome et des « treize villes » à des éruptions volcaniques (livre XVI, chap. 2). Mais aucun voyageur ne signale dans ces régions de foyer d'éruption bien distinct. H. Poole {Report of a Journey in Palestine. Geogr. Journ., i856, page 55) parle bien de cavités ressemblant à des cratères, au sud-est et au sud-ouest de la mer, et indique dans leur voisinage des cendres, du soufre et des fragments de lave : mais ses notes sont trop vagues pour qu'on puisse affirmer l'existence de grands foyers éruptifs dans la contrée. Les dépôts, que signale deSaulcy comme étant une coulée de

SYRiK Liban

lave, au nord de la colline d'Usdom, parurent à Rey et à ses compagnons être formés par les concrétions d'une source pétrifiante : ces amas calcaires contiennent des fossiles de roseaux et des coquillages d'eau douce.

L'alignement des montagnes syriennes, la dépression intermédiaire de la Goelo-Syrie et tout particulièrement la fosse au fond de laquelle coule le Jourdain et se prolonge la mer Morte, continuée par le golfe d'Akabah, sont considérés par les géologues comme se rattachant à l'ensemble des lézardes qui se sont produites dans la structure de l'Ancien Monde. Le lac Nyassa, le Tanganyika et son prolongement vers le haut Nil, la fosse volcanique ouverte entre le massif du Kilimandjaro et les montagnes de l'Ethiopie, la mer Rouge et la déchirure syriaque appartiendraient à la même série de crevasses; enfin les grandes éruptions volcaniques, les épanchements de lave du Djebel- Hauràn et du Safah auraient été causés par la dislocation latérale des terrains qui bordent la ligne de fracture.

Les roches volcaniques qui se sont fait jour dans toutes les montagnes syriennes sont principalement des basaltes.

Au nord, elles ont percé les calcaires ardoisés et les craies de TAmanus, la montagne qui relie le massif syrien aux monts de l'Anti Taurus. [Georgk E. Post.] A l'est et au sud, on les a trouvées dans les carrières de Dana et les calcaires grisâtres des monts d'Ansarieh. le les roches dioritiques sont surtout représentées. Mais c'est dans le massif principal, le majestueux-

Liban, qu'elles sont le plus fréquemment signalées.

Les mille strates de marne, de chaux, d'argile, de marbre, dedolomite et de craie, de grès et de sable, qui forment le Liban, appartiennent sans exception aux âges moyens de la craie et peuvent être rangés dans la même catégorie que les rochers de la Suisse Saxonne, que le Carso de Trieste et les monts Provençaux de Nice, de Marseille et du Ventoux. La grande régularité de ces strates crétacées du Liban donnerait à l'ensemble du système orographique une extrême monotonie si la crevasse orientale de la Cœlo-Syrie n'avait introduit dans l'ensemble des multitudes de fléchissements, d'écroulements et même de

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renversements complets : les fissures, les grottes et les lézardes succèdent aux hauteurs régulières de la montagne proprement dite.

Un autre élément de variété dans la masse du Liban est produit par les mélaphyrcs et les « basaltites » qui ont apparu en mille endroits. Ces roches brunes et noires se montrent comme des noyaux entre les couches de grès, non en crêtes ni en aiguilles, mais en dômes aplatis. Autour de ces masses sombres s'éta'lent des tufs verdàtres occupant en certains endroits des kilomètres carrés de surface et donnant leur nuance aux sables environnants; d'autres couleurs, le rouge, le rose, le jaune se marient à celles des roches volcaniques et contrastent çà et là avec le noir de lignite où les Arabes des environs ont souvent cherché, mais en vain, du combustible exploitable. Les seules trouvailles de valeur qu'aient faites les mineurs indigènes dans ces montagnes, consistent en ambre et en bitume. Les conifères et les cycadées qui recouvraient autrefois la montagne ont fourni la résine parfumée de Tambre, aussi pure et belle en maints endroits que sur les côtes de- la Baltique. [OsCAR Fraas, Drei Monate ani Libation.]

Les monts de Galilée continuent le Liban vers le sud. Dans leur partie orientale à quelques kilomètres au N.-O. de Safed, Robinson passa près^du cratère d'un volcan élcml [Travels iii Palestina, etc., in i838.], le c volcan de Safed ». Le voyageur anglais suppose que ce fut Jà le point central d'où partit la violente secousse qui, au printemps de l'année précédente (iSSy), détruisit Safed et les villages environnants, écrasant 4,000 personnes sous les débris. Les tremblements de terre sont fréquents dans cette région volcanique. Les Juifs de la ville les considèrent comme des signes avant-coureurs de la venue de leur Messie.

Le basalte apparaît partout en petits groupes sporadiques dans les calcaires gris à nummulites et autres roches secondaires et tertiaires qui forment les montagnes de la .ludée.

A Test du Liban, la saillie parallèle est à peu près semblable de l'Anti-Liban se termine au sud par la masse régulière du

Hermon, appelé par les Arabes Djebel-ech-Gheikh ou u mont du Chef », à cause de sa hauteur, ou peut-être de l'aspect vénérable que lui donnent les neiges d'hiver. C'est une des montagnes les plus sacrées

SYRiK Hermon

de la Syrie et sur sa croupe s'élèvent d'innombrables édifices religieux de toutes époques.

Quoique situé dans le prolongement de l'Anti-Liban, il forme bien un massif à part et la route de Beirout à Damas qui passe au nord par un col de i,3oo mètres d'altitude, peut être considérée comme marquant le seuil de séparation. Le pic à trois pointes qui domine la montagne a été diversement mesuré par les voyageurs. La carte du corps expéditionnaire en Syrie lui donne 2,860 mètres d'altitude; d'après Stubel, sa hauteur serait de 2,750 mètres.

Les roches du Hermon sont en grande partie crayeuses, mais de sa base se sont épanchées diverses coulées. A l'ouest, leNahr-el-Hasbani. branche occidentale du haut Jourdain, s'est creusé une gorge étroite à travers des cheires de lave, au sortir de la fontaine d'origine.

Tell-el-Kady, monticule qui s'élève au sud-ouest du Hermon, et qui présente toute l'apparence d'un volcan, verse une autre source du Jourdain à une masse liquide admirablement transparente; celle-ci jaillit à la base de cette butte et va se mêler à un autre courant, de moindre volume, qui naît dans le cratère même, et forme avec la première le haut affluent du Jourdain, dit le Leddàn. Une autre coulée,

XJaràrt ez-Zftkiye, l'une des plus remarquables de l'Ancien Monde par sa longueur, s'est épanchée sur le versant oriental. Elle se développe, dans la direction de Damas, en une longue courbe de plus de 3o kilomètres, noire sur le fond blanc des roches crayeuses ; de loin, on pourrait croire que cette masse sombre est une forêt. Nulle part on ne distingue le cône d'éruption, [A. Stukhel.] ce qui pourrait faire croire à l'existence de crevasses profondes recouvertes maintenant par des amas de laves.

Il semble que vers le sud les manifestations volcaniques soient plus apparentes encore. Une dépression marécageuse, d'environ 5 kilomètres de tour, aux bords légèrement relevés, fut probablement une bouche d'éruption : c'est le

Birkhet-er-Ram, peut être le Phiala* des anciens. Un cône volcanique, le

Tell-el-Akhmar, la « Butte Rouge », s'élève au sud.

Les roches volcaniques apparaissent également dans la vallée du Jourdain. Au sortir du Bahr-el-Houleh la rivière coule d'abord avec lenteur, puis glisse rapidement sur le plan plus incliné de la vallée,

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entre des parois basaltiques. Le lac de Tibériade, dont la ville riveraine qui lui a donné son nom fut renversée par le tremblement de terre de iSSy, se trouve environnée de terrains éruptifs. A l'ouest ce sont surtout des laves doléritiques. De ce côte le

Karu Hattin ou « mont des Cinq mille Rassasiés » est un des amas de laves qui ont été rejetés du sol vers la rive du lac. [A. Stue- BEL.] A l'est, la province de Djaulan est couverte entièrement de basalte. [WiLSON. Récent Siirveys in Sinài and Palestine,] D'autres volcans, le

TellHich, le

Tell Feras, ou Tell Paras, le

Tell Hàra, et quelques autres à l'est, se dressent sur un champ de lave, que Rey compare, toutes proportions gardées, à l'énorme et fantastique Ledja.

Les montagnes transjordanes et celles du pays de Moab, qui les prolongent au sud, s'étendent en un vaste plateau de 700 à 900 mètres d'altitude moyenne, à l'orient du Ghor, de la mer Morte et de l'Arabah, Elles descendent en gradins escarpés dans la profonde dépression que leurs plus hauts sommets dominent de i,5oo, 1,600, 1 ,800 mètres. A l'est, le Hauràn et d'autres montagnes les séparent de l'immense désert de Syrie. Les eaux qui descendent vers l'occident, Yarmouk, Djabok, Modjib ou torrent d'Arnon et nombre de ouadî secondaires les ont profondément sculptées. Quoique nues et caillouteuses en grande partie, elles sont toutefois plus boisées que les monts cis-jordans. Des pâturages, de^ cultures même entretenues par des tribus bédouines occupent les vallées.

Idumêe. Toute cette contrée pourrait être appelée « la Rouge » comme le Hauràn ; d'ailleurs, ce nom n'est autre que celui de Edom, qui signifie Rouge dans les langues sémitiques (Rey). Tous les grès de la rive orientale de la mer Morte sont colorés par l'acide de fer. La chaîne de montagnes d'Adjoun est composée de calcaire rose. En Arabie Pétrée les sables également donnent la couleur au paysage. Le nom arabe « Akmar, Akmara », signifiant également « rouge )),est porté par nombre de pics, de tells, d'ouadî [G. Rey.]

Les roches volcaniques apparaissent sur de nombreux points parmi les roches calcareuses et gréseuses, qui forment les plateaux transjordans. Quelques pics sont revêtus de basaltes. A l'est de la mer

SYRIE Idumée

Morte, Lartet signale trois coulées importantes. La plus septentrionale sort d'une colline conique appelée Mergab es-Suweineh. La seconde, qui suit le lit du Zerka Main, semble sortir de de Tel Hummar, près du Djebel Attarur, où se trouvent accumulés des conglomérats de cendres et de scories basaltiques. La troisième, qui paraît provenir du cône aigu de Muntar es Zarah, limite au sud la petite plaine de Zarah, où jaillissent en quantité des sources chau3es, dont les dépôts d'incrustation atteignent une épaisseur considérable. Une petite coulée borde la plaine au nord.

Près de l'embouchure du Zerka Main, les sources thermales sulfureuses (65 à 700 centigrades) de Callirhoé, ainsi nommée par Hérode, forment un petit ruisseau que retient une digue de basalte. Les concrétions formées par les sources s'élèvent en terrasses; l'une d'elles n'a pas moins de 5o mètres d'épaisseur et des troncs de palmiers s'y sont pétrifiés.

Rey remarqua au nord-est de la mer Morte des falaises entièrement basaltiques.

A l'est des monts qui constituent l'épine dorsale de la Syrie, des roches volcaniques se montrent sur plusieurs points en dehors des grandes nappes d'épanchement du Hauràn et du Safah. On les rencontre même au nord de Damas, dans le voisinage de la plaine. Là coule la rivière el Mandur, au fond de laquelle jaillissent en plusieurs endroits des sources sulfureuses, que l'on croit être dues à l'activité volcanique de la contrée. Une autre rivière, Nahr el Mukebret, ou le « Fleuve de Soufre », jaillit au milieu d'un tourbillon de vapeur, près du village de Ruhebe, à six lieues au nord-est de Damas; il fait mouvoir les roues de plusieurs moulins, puis s'épanche à l'extrémité septentrionale du lac d'Atèbe [Wetzstein].

Immédiatement au sud de la plaine ou plutôt du jardin de Damas, les premières collines sont d'origine éruptive. A la distance d'environ vingt kilomètres de la cité, on voit s'aligner dans la direction de l'ouest à l'est les escarpements du

Djebel Mani, formé par une longue saillie, dont l'arête la plus élevée atteint 1,110 mètres, soit environ 420 mètres au-dessus des jardins de Damas. Le Djebel Aswad ou le « mont Noir » s'appuie à sa base, comme un « squelette », de roches décharnées [Stuebel]. A l'ouest, la longue coulée du Uarât ez-Zakiye, qui s'est partiellement

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déversée des pentes inférieures du Hermon, barre de ses roches noires la vue des montagnes. Le chemin de fer de Damas à la Mecque traverse maintenant ces âpres monts de lave.

Subbet Firun. Ce petit cône, le « Tas de Froment », qui rappelle le souvenir ou plutôt la légende des « Pharaons », prolonge une arête dans la direction du sud, parallèlement à la voie ferrée. Les pierrailles agglomérées, d'une nuance jaunâtre qui constituent ce volcan, ont en effet l'aspect d'amas de froment; on raconte que ce furent en réalité des amas de provisions pour les milliers d'hommes qui creusaient un canal d'irrigation, encore partiellement existant, que l'on voit dans le voisinage. Le « Tas de Froment » fut changé en pierre par la malédiction divine.

A Test s'ouvre la vallée du Khanatis,qui finit par l'un des marais du désert, au sud-est de Damas. On se trouve déjà dans la région volcanique du Djebel Hauràn, contrée de la Syrie à laquelle la forme, l'aspect du sol, les traits géographiques donnent un caractère particulier et qui eut toujours son histoire bien distincte. Ainsi que le dit Wetzstein, peut-être avec une certaine exagération, « la région volcanique du désert de Syrie ne fut dépassée dans le monde par aucun autre fovcr en intensité d'action ».

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