‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 11 sur 98 · LA COLONNE DE FEL · texte numérisé non relu

LA COLONNE DE FEL

[.nis(|ii(\ 11' sdir, vous (lirigez vos regards vers la cinio du volcan, vous voyez briller, immobile, éclatante, une immense gerbe de feu, que silloiiiit'iil de rapides lueurs d'un rouge foncé. Cette resplendissante colonne s'élève dans l'espace à Tcndroit où, pendant le jour, s'était monirée la colonne de fumée et de vapeui'. Dans la journée, le volcan portait à sa cime un nuage épais, incessamment agité par les courants atmosphériques; maintenant, après le coucher du soleil, c'est une auréole qui illumine magniliquement le front du géant.

Ce phénomène lumineux est-il produit par des flammes qui sortent de la bouche du volcan? Â celte question, un grand nombre d'observateurs n'hésitent pas à répondre affirmativement, tandis que d'autres, non moins habiles et diligents, soutiennent que jamais des flammes ne jaillissent des cratères embrasés, et que, par conséquent, la colonne resplendissante ne saurait être l'œuvre de flammes volcaniques .

l'Iiis triiii lail somlilo plaider en faveur de celle dernière asserlioii. Jamais on n'a pu constater, au sein de la gerbe de l'eu, ces mouvements saccadés que présente tt)ujours la llamme, et jamais on n'a vu la colonne osciller sous l'action du vent, alors même qu'il soufflait avec impétuosité. A ce fait, sur lequel tous les observateurs sont d'accord, vient s'ajouter le témoignage de ceux des géologues mo- (leiiies, qui, à l'encontre des anciens observateurs, soutiennent qu'il n'est pas probable que des flammes réelles se soient jamais élancées delà bouche des volcans. Parmi ces hommes qui tous ont étudié attentivement l'activité de ces monstres, il convient de citer Spallanzani et Gay-Lussac, Brongniartet Poulett-Scrope, et notamment M. Sartorins de Waltershausen.qui, après avoir visité les volcans de l'Islande et avoir séjourné durant plusieurs années sur le mont Kina, aflirme que, malgré la plus scrupuleuse observation, il n'a jamais vu, ni au nord, ni an midi, des flammes sortir des entrailles d'une montagne volcanique.

Mais comment expliquer le su|)erbe phénomène que nous avons sous les yeux, si ce ne sont pas des flammes ipii le [)roduisent?

On a jiensé de résoudre ce problème en conjecturant que cette colonne de feu, qui brille la nuit dans la ri'gion i\ne pendant le jour on voit occupée par la tumée, n'étail aulrc tpn^ ce même luuige de va|)enr el de fumée qui, dans l'obscurité, reflétait l'éclat de la lave incandescente contenue dans le cratèi'e. Toutetois la nature tranquille du phénomène s'oppose il cette explical ion ; car il es! évident que, le

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iiiKigc de lu niée étant roiisliiiiiinciil ,iL;iti' ii.u- le vciil, lui ilcvrail tibscrvei' nu niouvcniLMit inonom/é dans la ;4<'rl)r lumineuse, si elle était dut' à la luiuiéi'c n'ili'cliii' pai' ictli' vajirur. .lo crois que le phénomène doit être attribué siin|il('niiMil à la l'évei'bération du t'en du cialcre contri' la voùtr céleste; de même que, la nuit on vdit le ciel embrasé lors- (|u'il existe à qiu'lque distance un va>li' loyer d'incendie. Cependant il est probable que l'énorme quantité de vapeur, qui s'élève au-dessus du cratère, ajoute à la grandeur du spectacle, ijuant aux rapides lueurs qui traveiscul incessanmient la colonne, elles sont dues, peut-être, à la lUdjcclion de sable incandescent ou de pierres d'un Irès-petil vnluiue. Ces points lumineux, par leui- iiomlire inlini, par leur (■ilat. par la régularité de leur uiouvenient , doivent produire Tapparence de ces traits étincelants que l'un voit traverser la colonne immobile, avec la rapidité des météores (jui, au mois d'août, sillonnent le ciel étoile.

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